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Les Etats-Unis intensifient leurs frappes en Somalie

Des membres du 3e bataillon du 9e régiment américain embarquent à bord de leur à destination de l'aéroport de Mogadiscio, Somalie, 19 janvier 1993.

Les Etats-Unis ont discrètement intensifié leurs opérations en Somalie ces dernières semaines, accélérant notablement le rythme de leurs attaques de drones contre les islamistes locaux, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, et désormais les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Les Etats-Unis ont mené 28 attaques de drones contre des islamistes depuis le début de l'année, dont 15 depuis le 1er septembre, selon un décompte du commandement militaire américain chargé de l'Afrique (AFRICOM) transmis jeudi à l'AFP.

En 2016, le nombre de frappes en Somalie contre les shebab n'avait pas dépassé 15, selon les statistiques du Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique qui compile les données sur les frappes de drones américaines.

Depuis une semaine, ces frappes sont quasi-quotidiennes. Lundi, un porte-parole du Pentagone, le colonel Rob Manning, a fait état de 36 shebab et 4 djihadistes de l'EI tués au cours de cinq frappes menées entre le 9 et le 12 novembre.

Mercredi, l'AFRICOM a fait état d'une sixième frappe menée la veille, indiquant seulement qu'elle a tué "plusieurs" shebab.

Fin mars, le président américain Donald Trump avait étendu les pouvoirs donnés aux militaires américains pour mener des frappes dans ce pays de la Corne de l'Afrique miné par la guérilla des shebab, qui ont juré la perte du fragile gouvernement central soutenu par la communauté internationale et par les 22.000 hommes de la force de l'Union africaine (Amisom).

Depuis, le Pentagone a élargi sa lutte contre l'EI à tous les pays où ses combattants peuvent trouver refuge, y compris en Afrique.

Officiellement, le Pentagone refuse de parler d'intensification de son activité en Somalie.

"Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une accélération", a affirmé jeudi un responsable de l'état-major américain, le général Kenneth McKenzie, au cours d'un point de presse. "Il se trouve juste que nous avons des occasions de mener ces frappes".

"Parfois, une frappe produit un mouvement et une nouvelle cible apparaît", a-t-il ajouté.

- 'Militarisation inquiétante' -

Même s'il a nié un renforcement des troupes sur le terrain, le général McKenzie a évalué à "plus de 500" le nombre de militaires américains actuellement déployés sur le sol somalien pour une mission de "conseil et assistance" aux forces gouvernementales somaliennes. Le Pentagone parlait d'une cinquantaine d'hommes en mai dernier.

Les Etats-Unis redoutent que les combattants de l'EI ayant réussi à s'enfuir de Raqa, l'ex-"capitale" autoproclamée de leur califat qui est tombée à la mi-octobre, s'installent dans des pays au gouvernement affaibli comme le Yémen, ou qu'ils traversent le golfe d'Aden pour s'installer à quelques encablures plus au sud, en Somalie.

Pour des raisons de sécurité, le Pentagone refuse de parler publiquement de sa surveillance des islamistes de l'EI. "Je ne suis pas prêt à dire que c'est lié à la chute de Raqa", a insisté le général McKenzie.

Mais à la mi-octobre, le Pentagone a annoncé avoir mené une frappe aérienne contre un camp d'entraînement de l'EI au Yémen et le 3 novembre, les militaires américains ont annoncé avoir visé l'EI pour la première fois en Somalie.

Et Washington s'inquiète de la réduction annoncée des effectifs de l'Amisom, qui a annoncé qu'elle retirerait un millier de ses soldats de Somalie cette année dans le cadre d'un plan prévoyant son retrait complet d'ici décembre 2020.

En marge d'une conférence ministérielle de l'ONU sur le maintien de la paix mercredi à Vancouver (Canada), le vice-ministre de la défense Pat Shanahan a rencontré le ministre ougandais de la Défense Adolf Mwesige, dont le pays est le premier contributeur à la force de l'Amisom, selon un communiqué du Pentagone publié jeudi.

Il a "confirmé le soutien des Etats-Unis aux forces ougandaises en Somalie" et les Etats-Unis ont remis mercredi à celles-ci des véhicules blindés et cinq hélicoptères, précise le communiqué.

Pour Jennifer Cooke, spécialiste de l'Afrique au Center for Strategic and International Studies, cette "militarisation" de la politique américaine en Somalie est "inquiétante".

"Cette pluie de frappes qui tombent du ciel peut devenir un outil de recrutement pour ces groupes" islamistes, notamment quand elles font des victimes civiles, ajoute-t-elle.

Alors que la diplomatie américaine est affaiblie par des coupes budgétaires et que ses principaux responsables n'ont pas été nommés, "on n'a pas le contrepoids d'une stratégie diplomatique pour aller avec cette présence militaire croissante", conclut-elle.

Avec AFP

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Ghana: agressions contre des journalistes, trois policiers suspendus

Un journaliste d'investigation avec le visage caché lors d'une interview à Accra, Ghana, 12 juin 2018.

La police ghanéenne a suspendu trois agents mis en cause dans l'agression de journalistes qu'ils avaient frappés, dans un contexte d'inquiétude professionnelle après le meurtre d'un journaliste anti-corruption réputé.

Les policiers suspendus mercredi sont accusés d'avoir frappé trois journalistes du Ghanaian Times impliqués dans une infraction routière, qui les filmaient à Accra, le 14 mars. Parmi les journalistes, une femme a dû être hospitalisée.

La violence de cette agression a choqué, dans un pays souvent salué pour son dynamisme démocratique, classé 23e sur 180 pays dans l'indice mondial 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) - devant la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Mais en janvier, l'assassinat par des hommes non identifiés du journaliste d'investigation Ahmed Hussein-Suale, qui avait révélé de graves scandales de corruption dans le monde du football africain, avait déclenché une vague d'indignation.

L'Association des journalistes du pays a qualifié l'agression des trois journalistes de "barbare, à une époque où la police est censée faire respecter la loi et non l'enfreindre".

"Cet incident ne doit pas s'ajouter à la liste des cas d'agressions non résolus de journalistes par des policiers. Cette culture de l'impunité doit prendre fin maintenant !", a-t-elle ajouté.

Selon les médias locaux, depuis 2006, plus de 20 agressions de journalistes par des policiers ou des militaires n'ont fait l'objet d'aucune poursuite. Dans la plupart des cas, les journalistes étaient en train de filmer les membres des forces de sécurité.

"L'Etat n'est pas intéressé par l'ouverture de poursuites judiciaires contre ses fonctionnaires", a commenté l'avocat Samson Anyenini, qui a défendu à plusieurs reprises des médias lors de procès au civil.

Pour le porte-parole de la police ghanéenne David Eklu, les allégations d'agressions de membres des forces de l'ordre contre des journalistes sont "prises très au sérieux".

Avec AFP

Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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