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La justice écossaise déclare "illégale" la suspension du Parlement britannique

Des manifestants pro-Union européenne devant le parlement britannique à Londres, le lundi 9 septembre 2019.

Le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson s'est dit "déçu" et a aussitôt annoncé faire appel auprès de la Cour suprême à Londres.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a essuyé un nouveau revers mercredi, après que la justice écossaise a déclaré "illégale" la suspension controversée du Parlement jusqu'au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date du Brexit.

Le gouvernement "déçu" a aussitôt annoncé faire appel auprès de la Cour suprême à Londres, une audience qui doit se dérouler mardi. En attendant, le Parlement reste suspendu.

La décision de justice "ne change rien" pour l'heure, a souligné une source gouvernementale. "Aucun ordre n'a été donné d'annuler la prorogation" du Parlement avant l'appel.

Le Labour, le principal parti d'opposition, tout comme la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, ont demandé que le Parlement, suspendu depuis mardi, soit immédiatement rappelé.

"J'exhorte le Premier ministre à rappeler immédiatement le Parlement pour que nous puissions débattre de ce jugement et décider la suite", a déclaré le porte-parole du Labour, Keir Starmer tandis qu'un groupe transpartisan de députés ont manifesté devant le Parlement à Westminster, affirmant être prêts à reprendre leurs sièges.

Il s'agit de la première victoire judiciaire des opposants à cette suspension très controversée du Parlement, qualifiée par ses opposants de manœuvre du chef du gouvernement conservateur visant à les empêcher de bloquer un Brexit sans accord.

- "Entraver le Parlement" -

Saisie par 78 parlementaires, la Cour d'appel d'Edimbourg a estimé que la décision de Boris Johnson avait "pour but d'entraver le Parlement" et a déclaré la prorogation "illégale" et "nulle et sans effet".

En première instance, la justice écossaise avait rejeté cette action intentée pour bloquer cette suspension qui a déclenché une grave crise parlementaire.

Le juge Raymond Doherty avait estimé que cette suspension relevait du "domaine de la politique et de la prise de décision, ce qui ne saurait être évalué par des critères légaux mais seulement par des jugements politiques", ajoutant dans son jugement qu'il était du ressort du "Parlement ou, en fin de compte, de l'électorat" de trancher.

Mais les juges d'appel écossais ont considéré à l'inverse qu'ils pouvaient déclarer cette suspension illégale car son objectif était de soustraire l'action du gouvernement au contrôle des députés, selon un résumé de la décision diffusé par la cour d'appel d'Edimbourg.

Le gouvernement dit lui avoir besoin de cette suspension pour présenter "un programme législatif de politique intérieure ambitieux", selon un porte-parole.

Le Parlement britannique a été suspendu tôt mardi matin pour cinq semaines dans un climat politique tendu.

La cérémonie marquant cette suspension s'est tenue au milieu des protestations acrimonieuses de l'opposition, dont des membres ont brandi des affichettes "Réduits au silence" et crié "Honte à vous!" en direction de leurs homologues conservateurs.

- "Pacte de non-agression" -

Avant cela, les députés avaient mis en échec pour la deuxième fois en quelques jours la proposition de Boris Johnson d'appeler les électeurs aux urnes le 15 octobre pour obtenir une nouvelle majorité et retrouver une marge de manœuvre.

Préalablement à tout scrutin, l'opposition veut s'assurer que la perspective d'un "no deal" et le chaos économique qu'il fait craindre sont écartés et que le Brexit sera repoussé de trois mois si aucun accord n'est trouvé d'ici au 19 octobre, comme le Parlement l'a voté la semaine dernière.

Après cette série d'échecs à la Chambre des Communes, qui contrarient sa stratégie d'un Brexit coûte que coûte, Boris Johnson a affirmé qu'il allait "s'évertuer à obtenir un accord" avec l'UE. Son conseiller pour l'UE, David Frost, se trouvait mercredi à Bruxelles pour des discussions avec l'équipe du négociateur européen Michel Barnier.

Sur le terrain politique, le Parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage a proposé un "pacte électoral de non-agression" au Premier ministre conservateur: leurs deux partis s'arrangeraient pour ne pas avoir de candidats concurrents dans certaines circonscriptions.

Mais le gouvernement de Boris Johnson a rejeté l'offre. "Le Premier ministre ne conclura pas d'accord avec Nigel Farage", a assuré un porte-parole. Nigel Farage n'est pas une "personne convenable" et "ne devrait jamais être autorisée à s'approcher du gouvernement", a souligné une source au sein du Parti conservateur.

Downing Street "veut-il faire de la politique politicienne de parti ou répondre au souhait des 17,4 millions de personnes (qui ont voté pour le Brexit lors du référendum de juin 2016) ? Il est temps qu'ils se décident", a rétorqué Nigel Farage.

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Washington et Moscou tentent de stabiliser leurs relations

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Chypre: l'UE condamne les "annonces inacceptables" du président turc

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, parle avant un défilé militaire marquant le 47e anniversaire de l'invasion turque de 1974 à Nicosie, Chypre, mardi 20 juillet 2021.

L'Union européenne a condamné mardi les "annonces inacceptables" du président turc sur Chypre, principal obstacle à une normalisation des relations avec Ankara, et a menacé de prendre des mesures de rétorsion dans une déclaration validée par les 27 états membres.

Les dirigeants de l'UE se sont dits déterminés à "utiliser les instruments et les options" à leur disposition "en cas d'actions unilatérales de la Turquie contraires au droit international", rappelle la déclaration publiée par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

"Des actions" seront discutées par les ministres des Affaires étrangères de l'UE lors de leur prochaine réunion si la Turquie ne revient pas sur ses actions contraires aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, avertit la déclaration.

Cette déclaration suit la condamnation à l'unanimité des prises de position du président turc Recep Tayyip Erdogan par le Conseil de sécurité de l'ONU. Elle a été validée par les 27 capitales de l'UE, ce qui explique les délais pour sa publication, ont expliqué à l'AFP plusieurs sources européennes.

Chypre est divisée depuis l'invasion de son tiers nord par la Turquie en 1974 entre la République de Chypre -- membre de l'Union européenne -- qui exerce son autorité au sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983, uniquement reconnue par Ankara.

Le président Erdogan s'est rendu à Chypre-Nord le 20 juillet, date anniversaire de l'opération qui a conduit à la partition de l'île, et s'est prononcé pour une solution à deux états, rejetée par l'UE. Il a également soutenu le projet de réouverture de l'ancienne station balnéaire de Varosha, fuie par ses habitants en 1974 et entourée de barbelés par l'armée turque.

"L'Union européenne condamne fermement les mesures unilatérales prises par la Turquie et les annonces inacceptables faites par le président turc et le chef de la communauté chypriote turque le 20 juillet 2021 concernant la réouverture de la ville clôturée de Varosha", indique la déclaration des 27.

"L'UE appelle à l'annulation immédiate de ces actions et à l'annulation de toutes les mesures prises à Varosha depuis octobre 2020", ajoute le texte.

L'UE "reste pleinement attachée à un règlement global du problème chypriote sur la base d'une fédération bicommunautaire et bizonale (...) conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies".

Les négociations sur un règlement du problème chypriote sont dans l'impasse depuis 2017. En avril, une tentative de relance des pourparlers par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dont l'organisation surveille une zone tampon entre les deux parties de l'île, s'est soldée par un échec.

Les relations entre l'UE et la Turquie, candidate à l'adhésion, se sont fortement dégradées depuis 2016, notamment en raison de la répression implacable du président Erdogan contre toute forme de contestation après une tentative de putsch.

De plus en plus isolé sur le plan diplomatique et traversant des difficultés économiques, Ankara a multiplié les appels à une normalisation avec l'UE. Mais les dirigeants européens ont imposé leurs conditions et l'une d'elles est "un règlement global du problème chypriote".

Attaque aux cocktails molotov contre l'ambassade de Cuba en France

Le président cubain Miguel Diaz-Canel.

L'ambassade de Cuba à Paris, en France, a déclaré mardi que son bâtiment avait été attaqué avec des cocktails Molotov, causant de sérieux dégâts, bien qu'aucun blessé parmi le personnel diplomatique n'a été signalé.

L'ambassade a publié des photos sur son compte Twitter officiel pour montrer les dégâts causés au complexe et condamner l'attaque qu'elle considère comme "des actes terroristes". Elle n'a pas précisé qui était considéré comme responsable, mais a toutefois blâmé des "les campagnes de gouvernement des Etats Unis" contre Cuba, selon un communiqué publié sur son site web.

"Les responsables directs de ces actes sont ceux qui incitent à la violence ou à la haine envers notre pays", a déclaré le ministre cubain des Affaires étrangères sur Twitter.

Une source policière a déclaré qu'une enquête était en cours et que les motifs de l'incident restent inconnus.

La source a également confirmé qu'il n'y avait pas de blessés.

La France a condamné l'attaque de mardi contre l'ambassade de Cuba, a déclaré une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

La porte-parole a ajouté qu'une enquête judiciaire a été ouverte sur cet incident.

Manifestations à Cuba

Cuba a connu des manifestations massives en raison de la crise de la pandémie et de la gestion de l'urgence sanitaire par le gouvernement. Les marches ont été rejointes par des demandes de renforcement des libertés civiles, incitant le gouvernement socialiste à restreindre l'accès aux réseaux sociaux et aux plateformes de messagerie.

Les ministres des affaires étrangères de deux douzaines de pays, dont les États-Unis, ont condamné les arrestations de manifestants à Cuba et demandé le rétablissement complet de l'accès à Internet.

France: le pass sanitaire ou le chômage

Une famille française regarde à Lille la déclaration du président Emmanuel Macron, faite depuis le palais de l'Élysée à Paris, sur la pandémie de COVID-19, le 14 juin 2020.

En France, un salarié pourra être licencié s'il ne produit pas de pass sanitaire de Covid-19, a indiqué mardi la ministre du Travail après le vote du Parlement dimanche sur l'extension contestée du dispositif.

"Il ne faut pas laisser croire aux salariés qu'il ne peut pas y avoir de licenciement", après le vote du Parlement, qui a retoqué la possibilité de licenciement pour les personnes qui ne respecteraient pas l'obligation vaccinale ou de pass sanitaire, "on est dans le droit commun du Code du travail", a expliqué Elisabeth Borne.

L'obligation vaccinale pour certaines professions (dont les personnels soignants) et l'extension du pass sanitaire a été adopté les parlementaires français, au lendemain d'une nouvelles journée de mobilisation des opposants à ces mesures qu'ils jugent liberticides.

Variant Delta: l'efficacité des vaccins en question
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La texte voté prévoit l'obligation de présenter un pass sanitaire (test Covid négatif, attestation de vaccination ou certificat de rétablissement) dans la plupart dans les établissements publics (cafés, cinémas, trains, avions...), mesure qui touche aussi aux personnes travaillant dans ces lieux. Elle devrait s'appliquer début août.

Les élus ont toutefois rejeté les sanctions initialement prévues faute de pass ou en cas de non respect de l'obligation vaccinale, un rejet qui selon le ministère du Travail va entraîner une moindre protection pour les salariés concernés.

"On avait souhaité dans la loi encadrer la façon dont on pourrait avoir recours au licenciement, en disant notamment que ce licenciement ne pouvait pas intervenir avant deux mois et s'accompagnait d'indemnités pour le salarié; le Sénat a supprimé cette disposition", a expliqué Mme Borne.

"Il faut être clair, ça ne veut pas dire qu'il ne va pas y avoir de licenciement, ça veut dire qu'il est moins encadré, qu'il pourra intervenir plus tôt", a-t-elle ajouté.

"L'objectif, a-t-elle dit, c'est d'abord de convaincre et de faciliter la vaccination" alors que la France connaît une reprise de l'épidémie de Covid-19 due au très contagieux variant Delta.

Des milliers de manifestants contre le confinement en Australie
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Malabo ferme son ambassade à Londres après des sanctions contre le vice-président Obiang

Teodorin Obiang Nguema arrive au stade de Malabo pour les cérémonies de célébration de son 41e anniversaire, le 24 juin 2013. (archives)

La Guinée équatoriale a annoncé lundi la fermeture de son ambassade à Londres après des sanctions imposées pour des faits de corruption présumée par le Royaume-Uni contre le vice-président équato-guinéen Teodorin Obiang Mangue, qui est aussi le fils du président, a-t-on appris de source officielle.

Ainsi, Malabo va "procéder à la fermeture totale" de sa mission diplomatique à Londres, a déclaré lundi Simeon Oyono Esono, ministre des affaires étrangères sur la TVGE, la télévision d’État.

Le vice-président Obiang Mangue a été sanctionné jeudi dernier par les autorités britanniques, qui l'accusent de "détournement de fonds publics" et des pots-de-vin qui lui auraient permis de financer un train de vie jugé somptueux.

Contraste d'images

Dans le pays, l'homme entretient une image soigneusement élaborée.

Dans un profil publié fin juin sur Youtube à l'occasion de son 53e anniversaire, le service de presse de la vice-présidence dépeint Obiang comme un haut fonctionnaire accompli.

Officier militaire ayant le grade de général de division, il est chargé de la défense du pays. Auparavant, il a été ambassadeur auprès de l'UNESCO et avait déjà occupé les fonctions de ministre. Il est également le propriétaire de la seule entreprise de médias privée de Guinée équatoriale, la radio-télévision Asonga. Philanthrope, il est surnommé "le Père Noël de la Guinée équatoriale", indique la vidéo.

Mais dans le monde occidental, M. Obiang est perçu d'une toute autre manière.

Fils de Teodoro Obiang Nguema, 79 ans, qui dirige la Guinée équatoriale depuis plus de 41 ans, Teodorin - Teodoro Nguema Obiang Mangue pour l'état-civil - aurait consacré plus de 500 millions de dollars à l'acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d'un jet privé, de voitures et d'objets de collection liés au chanteur Michael Jackson.

Il avait également été nommé dans diverses affaires dites de "biens mal acquis" en Suisse et aux États-Unis. Des accusations qu'il rejette.

Un manoir de 101 pièces supposé appartenir à Teodorin Obiang mais qui, selon la Guinée équatoriale, est une mission diplomatique en France. (L. Bryant/VOA)
Un manoir de 101 pièces supposé appartenir à Teodorin Obiang mais qui, selon la Guinée équatoriale, est une mission diplomatique en France. (L. Bryant/VOA)

"Ingérence"

"Nous n'admettons pas d'ingérence dans les affaires internes de notre pays", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, poursuivant que les sanctions "violent le principe du droit international".

Ces mesures, qui prévoient un gel des avoirs et des interdictions d'entrée au Royaume-Uni, ont été prises dans le cadre d'un régime de sanctions anticorruption qui avait déjà permis de punir en avril 22 individus de six pays différents.

"Les sanctions sans fondement imposées par le gouvernement britannique trouvent leur justification dans les manipulations, les mensonges (...) que promeuvent certaines organisations non gouvernementales contre la bonne image de la Guinée équatoriale", avaient réagi samedi les autorités équato-guinéennes, demandant la levée de sanctions "unilatérales et illégales".

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