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Brexit: nouveau vote au Parlement sur des élections anticipées visant à sortir de la crise

Manifestation pro-Brexit devant le Parlement britannique, à Londres, le 5 septembre 2019.

Les députés britanniques décident lundi s'ils veulent ou non des élections anticipées, souhaitées par le Premier ministre Boris Johnson pour sortir de la crise politique et mettre en oeuvre sa stratégie très critiquée sur le Brexit.

Le chef du gouvernement n'a plus de majorité au Parlement après la défection d'un député tory pour le Parti libéral démocrate et l'exclusion du Parti conservateur de 21 députés modérés ayant voté avec l'opposition une proposition de loi destinée à éviter une sortie sans accord de l'Union européenne.

En outre, son propre frère, Jo Johnson, a claqué jeudi la porte du gouvernement invoquant l' "intérêt national", suivi samedi par la ministre du Travail Amber Rudd, au terme d'une semaine catastrophique pour Boris Johnson.

Des élections pourraient le relancer.

Selon un sondage YouGov paru dans le Sunday Times, le Parti conservateur arriverait en tête, avec 35% des voix, 14 points de plus que le Labour. D'autres sondages récents montrent un écart plus resserré entre les deux partis, avec le Parti conservateur en tête.

Pour organiser ces élections, Boris Johnson a besoin d'une majorité des deux tiers au Parlement. Or l'opposition n'est pas favorable à ces élections dans l'immédiat, préférant s'assurer d'abord qu'un "no deal" soit exclu.

- Report "inutile" -

Boris Johnson est arrivé au pouvoir en juillet, promettant de faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 octobre, avec ou sans accord. Il s'oppose à tout nouveau délai du Brexit, initialement prévu le 29 mars.

Mais, majoritairement opposé à un "no deal", le Parlement a voté une proposition de loi le contraignant à repousser de trois mois la date du Brexit s'il n'obtient pas d'accord de sortie d'ici le 19 octobre, soit juste après le conseil européen du 17 et 18 octobre.

Or Boris Johnson a répété dimanche au Sunday Express qu'il "refuse d'accepter tout report inutile" du Brexit, pour lequel ont voté 52% des Britanniques lors du référendum de juin 2016.

Le chef du gouvernement n'a "absolument pas" l'intention de demander un délai supplémentaire lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre, a déclaré dimanche sur la BBC son ministre des Finances Sajid Javid.

L'opposition craint que Boris Johnson ignore la loi anti "no deal", qui n'attend que l'approbation de la reine pour entrer en vigueur, et que l'affaire se termine devant les tribunaux.

- "Non" français -

Tout nouveau délai devra encore être approuvé à l'unanimité des 27 autres Etats membres de l'UE, et la France ne semble pour l'instant pas convaincue. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves le Drian, a prévenu que dans les "circonstances actuelles", ce serait "non".

Les Britanniques "disent qu'ils veulent proposer d'autres solutions, des arrangements alternatifs pour assurer le retrait (...) Nous ne les avons pas vus, donc c'est non, on ne va pas recommencer tous les trois mois", a déclaré dimanche M. Le Drian.

Amber Rudd a aussi dénoncé le manque d'efforts britanniques dans les négociations, affirmant dans sa lettre de démission qu'une sortie sans accord n'était plus l'"objectif principal" du gouvernement.

Le ministre des Finances, Sajid Javid, a, lui, assuré qu'il y avait "beaucoup de nouvelles idées" sur la table. "Nous travaillons sans relâche pour obtenir un accord", a-t-il affirmé dimanche sur la BBC, expliquant que de nouvelles réunions se tiendront cette semaine à Bruxelles.

Boris Johnson se rend en outre en Irlande où il rencontrera lundi matin à Dublin le Premier ministre Leo Varadkar.

L'Irlande est au coeur des négociations entre le Royaume-Uni et l'UE, qui ne trouvent pas de terrain d'entente sur le "filet de sécurité".

Ce dispositif, inclus dans l'accord de Brexit, prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire post-Brexit, et pour éviter le retour d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

Boris Johnson s'y oppose, estimant que cela nuirait à la souveraineté du pays et l'empêcherait de mener une politique commerciale indépendante des règles de l'UE.

"Je n'anticipe pas de grande avancée demain", a déclaré dimanche M. Varadkar en faisant le tour d'infrastructures destinées au Brexit au port de Dublin. "Si nous arrivons à un accord, il est plus probable que cet accord survienne en octobre au sommet européen".

Après le vote des députés, prévu lundi en fin de journée, le Parlement sera suspendu jusqu'au 14 octobre.

Avec AFP

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Suspension du Parlement britannique: la Cour suprême rendra sa décision "en début de semaine prochaine"

Le Premier ministre britannique Boris Johnson au Parlement

La Cour suprême du Royaume-Uni espère rendre sa décision sur la suspension controversée du Parlement "en début de semaine prochaine", a annoncé sa présidente Brenda Hale à l'issue de trois jours d'audience.

La Cour devra trancher sur la "légalité" de la décision du Premier ministre Boris Johnson de suspendre le Parlement, a insisté Lady Hale, reconnaissant que ce n'est "pas une question simple". "Mais nous savons aussi que ce dossier doit être résolu aussi vite que possible et nous espérons être en mesure de rendre notre décision en début de semaine prochaine", a-t-elle ajouté.

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Manifestation contre le meurtre d'une femme par son conjoint en France

Bannières dédiées à la mémoire des femmes tuées par leurs partenaires étalées dans un squat d'artiste à Paris le 6 septembre 2019.

Près de mille personnes se sont rassemblées au Havre, demandant justice pour une jeune femme tuée par son conjoint devant leurs trois enfants. La victime avait porté plainte en août.

"Brisons le silence", "Stop aux féminicides", "Stop à la violence", pouvait-on lire sur des pancartes dans le cortège. Nombre de manifestants scandaient "Justice pour Johanna".

Sur les quelque 800 personnes qui se sont rassemblées devant la mairie, environ 600 ont défilé dans les rues de la ville, selon la police, indiquant que le cortège était à 70% composé de femmes et d'enfants.

L'homme de 37 ans qui a poignardé sa conjointe de 27 ans devant leurs enfants de six, quatre et deux à la sortie d'une grande surface, "devrait être déféré au parquet pour être mis en examen", a annoncé le parquet du Havre mardi soir.

Interpellé peu après les faits, il a porté 14 coups de couteaux à sa conjointe, a reconnu la matérialité des faits et dit avoir agi par crainte que la victime ne le prive de ses fils, a précisé le parquet.

Le 11 août, la victime avait déjà porté plainte. La police était alors intervenue au domicile du couple, que "la jeune femme disait avoir quitté en passant par la fenêtre de l'appartement (...) ayant été menacée par son compagnon à l'aide d'un couteau ainsi que d'étouffement avec un sac en plastique". Le conjoint avait alors été interpellé puis relâché.

La jeune femme avait depuis quitté le domicile commun pour s'installer dans un foyer et "les enfants étaient pris en charge tour à tour par chacun des parents" dans l'attente d'un jugement sur leur garde. C'est alors que la victime allait chercher ses enfants que son conjoint l'a poignardée.

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