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Grande Bretagne: double défaite parlementaire pour Boris Johnson

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'exprimant lors de sa première séance de questions à la Chambre des communes à Londres le 4 septembre 2019.

Il n'a plus de majorité et pourrait être forcé de repousser le Brexit: le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est pris une série de gifles mercredi à la Chambre des Communes, échouant même dans son projet de la dissoudre pour se sortir de l'impasse.

Les députés ont rejeté mercredi soir la motion qu'il avait soumise à leur vote, destinée à organiser des élections anticipées le 15 octobre, au terme d'une journée catastrophique pour le chef du gouvernement. Et sa tentative d'obtenir une nouvelle majorité pour soutenir sa stratégie sur le Brexit avant le conseil européen des 17 et 18 octobre a été jugée "cynique" par le chef du Labour, le principal parti d'opposition, Jeremy Corbyn.

Auparavant les députés avaient fait dérailler ses plans de sortir de l'Union européenne le 31 octobre avec ou sans accord avec Bruxelles, en votant à une majorité de 28 voix une proposition de loi le contraignant à demander un report de trois mois du Brexit sauf si un accord de sortie est conclu.

La veille, la journée avait déjà été désastreuse pour le chef du gouvernement qui avait perdu la majorité absolue à la Chambre : un député a fait défection et 21 autres ont été exclus de son parti conservateur pour avoir voté avec l'opposition en vue de lui forcer la main sur le Brexit.

Pour que des élections anticipées soient organisées, la motion présentée par Boris Johnson devait recueillir deux tiers des voix des députés, mais les travaillistes se sont abstenus, préférant d'abord s'assurer que la proposition de loi destinée à repousser le Brexit soit entérinée par la chambre des Lords.

Un choix fustigé par Boris Johnson, qui a affirmé que Jeremy Corbyn était "le premier chef de l'opposition dans l'histoire démocratique de notre pays à refuser de participer à une élection". "La conclusion que je tire est qu'il ne pense pas pouvoir gagner", a-t-il raillé.

- Au tour des Lords -

La proposition de loi doit maintenant être examinée jeudi à la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement, qui n'aura que quelques jours pour l'approuver puisque Boris Johnson a décidé de suspendre le Parlement la semaine prochaine pour cinq semaines.

Toute demande de délai devra encore être approuvée à l'unanimité des 27 autres Etats membres de l'UE.

Sans majorité et défié par les députés, Boris Johnson semblait en bien mauvaise posture mercredi.

Pas de quoi inquiéter le président américain Donald Trump: "Il sait comment gagner. Ne vous inquiétez pas, ça va aller", a déclaré M. Trump, évoquant son "ami" Boris Johnson depuis la Maison blanche.

Pendant que les députés votaient, quelques centaines de manifestants hostiles au Brexit se sont rassemblés en fin d'après-midi aux abords du Parlement, drapeaux européens à la main.

"Une sortie sans accord est tout à fait inacceptable", a dit à l'AFP Jack Hargreaves, 34 ans, tenant une pancarte réclamant un second référendum sur le Brexit.

Tandis que le gouvernement se prépare à l'éventualité de ces élections, le ministre des Finances Sajid Javid a proclamé "la fin de l'austérité" à la Chambre des Communes, annonçant une hausse des dépenses dans les services publics et les infrastructures.

Il a aussi confirmé avoir débloqué deux milliards de livres de plus pour assurer la mise en place du Brexit l'an prochain, via le recrutement de douaniers, l'aménagement des ports ou encore le soutien aux entreprises.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney a quant à lui jugé que l'impact d'un Brexit sans accord serait "moins grave" qu'il ne le prévoyait l'an dernier, dans une lettre publiée sur le site du Parlement.

L'institution a ramené de moins 8% à moins 5% son estimation de recul du produit intérieur brut en cas de "no deal", notamment grâce aux "améliorations dans la préparation".

- Risque "accru" de "no deal" -

Affichant son optimisme contre vents et marées, Boris Johnson a assuré faire d'"importants progrès" dans les négociations avec l'UE.

Mais le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney a affirmé qu'il n'y avait "aucune proposition du gouvernement britannique qui puisse servir de base à une discussion et à une négociation", sur la télévision RTE.

Le risque que le Royaume-Uni quitte l'UE sans accord s'est accru, a constaté la Commission européenne.

Face à cette éventualité, l'Union européenne est prête à mobiliser 780 millions d'euros d'assistance financière d'urgence pour les Etats membres les plus touchés par des répercussions économiques.

Avec AFP

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Coronavirus: bataille pour des masques chinois entre la France et les Etats-Unis

Première livraison en France de masques en provenance de Chine à Vatry, le 30 mars 2020. (Thomas Paudeleux/ECPAD via AP)

Des masques commandés en Chine par la France sont rachetés par les Américains sur le tarmac des aéroports chinois avant le départ des avions de livraison, a déploré mercredi Jean Rottner, président de la région française du Grand Est, particulièrement touchée par l'épidémie de coronavirus.

"Sur le tarmac, les Américains sortent le cash et payent trois ou quatre fois les commandes que nous avons faites, donc il faut vraiment se battre", assure M. Rottner sur la radio RTL, expliquant que les avions s'envolent ensuite vers les Etats-Unis et non plus la France.

"C'est compliqué, on se bat 24 heures sur 24" pour que les masques soient livrés, a-t-il déclaré, indiquant avoir mis en place une cellule de sa région "dédiée" pour "gagner ces marchés".

Le président de la région Paca (sud-est), Renaud Muselier, s'était également plaint mardi d'une telle pratique de la part d'acheteurs américains.

Deux millions de masques chirurgicaux commandés par la région Grand Est à la Chine ont été livrés dans la nuit de mardi à mercredi.

"J'ai été très heureux de voir arriver cet avion chez nous hier soir", a déclaré M. Rottner.

Le Grand Est a été la première région à recevoir sa propre commande de masques passée en complément des commandes nationales.

Emmanuel Macron, critiqué pour le manque de masques auquel doit faire face la France, a notamment promis mardi "l'indépendance pleine et entière" d'ici à la fin de l'année pour la production de masques, lors d'une visite dans une usine de fabrication.

Les Etats-Unis, qui ont tardé à prendre des mesures pour enrayer la propagation du coronavirus sur leur territoire, sont également à la recherche de masques.

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Le Sénégalais Pape Diouf, ancien président de l'Olympique de Marseille, est mort du coronavirus

Pape Diouf, ancien président de l'Olympique de Marseille et agent de joueurs, à Marseille, France, 4 février 2014. (AP Photo/Claude Paris)

L'ex-président de l'Olympique de Marseille Pape Diouf, 68 ans, est décédé du coronavirus, a-t-on appris mardi de source familiale.

Son décès a été confirmé par la RTS, la chaîne de télévision publique du Sénégal.

Pape Diouf devait être rapatrié de Dakar à Nice (sud-est de la France) en avion sanitaire mais son état s'est dégradé, l'avion n'a pas pu décoller et il est décédé sur le sol sénégalais, a-t-on appris de la même source.

Atteint par le coronavirus et sous assistance respiratoire, Diouf avait été hospitalisé à Dakar.

Mardi, il devait être évacué vers la France par un vol spécial affrété par l'ambassade de France au Sénégal et sa famille devait le rejoindre à Nice.

Ancien journaliste, agent de joueurs puis dirigeant de l'OM, de 2005 à 2009, Diouf avait notamment contribué à bâtir l'équipe championne de France 2010, après 17 années sans titres pour l'OM.

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