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Niger

Bientôt un nouvel hymne national pour remplacer "La Nigérienne"

Le drapeau nigérien flotte au-dessus de Bosso dans la région de Diffa, Niger, le 19 avril 2017 (VOA/Nicolas Pinault)

Certains passages du chant actuel, qui date de 1961, font polémique depuis des années. Les autorités ont alors décidé de les modifier ou de carrément changer l'hymne. Un comité d'experts a été mis en place pour la composition d'un nouvel hymne national.

La décision est fortement saluée par les citoyens. "Nous sommes vraiment fiers que cela soit une réalité", confie Mamane, étudiant à l'université de Niamey. "C'est une très bonne chose", dit Ibrahim un autre étudiant.

Le Niger veut changer l'hymne national
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"On doit complètement changer l'hymne actuel parce qu'il ne répond pas aux réalités socioculturelles du pays", explique pour sa part Chaibou.

Le comité d'experts mis en place par le chef de l'Etat va justement travailler sur la base de propositions. Un appel à contribution a été lancé dans ce sens.

"Chaque Nigérien qui se sent capable en proposant un hymne ou des modifications à l'actuel, est la bienvenue'' déclare le ministre en charge de la culture Assoumana Malla Issa. "Changer l'hymne national est un projet citoyen, c'est pourquoi nous avons voulu en faire un programme participatif et inclusif", ajoute-t-il.

Les quinze experts mandatés pour accomplir cette mission, vont profiter de la prochaine fête nationale de la République le 18 décembre pour démarrer des consultations citoyennes. Chaibou Mamane, un de ces experts, explique quelques reproches qui sont faits au texte de l'hymne actuel.

"Il y a des passages qui font référence au paternalisme et au colonialisme ("Soyons fiers et reconnaissants de notre liberté nouvelle"). Vous avez aussi des expressions qui véhiculent le racisme. C'est le cas des groupes de mots ("Race sans tutelle, glorieux accents"). La musique comporte également beaucoup d'insuffisance". Et 60 ans après on ne peut pas continuer à accepter cela, conclut M.Mamane.

Les paroles de "La Nigérienne" ont été écrites et adoptées en 1961 après la proclamation de l'indépendance du pays par un auteur français du nom de Maurice Albert Thiriet.

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Au moins 18 morts dans une attaque au Niger

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Tabaski: au Sahel, le commerce de moutons mis en péril par la "maudite" guerre

Bata Doucoure, un vendeur de moutons basé à Bamako, se tient avec ses moutons au marché aux moutons de Lafiabougou à Bamako le 13 juillet 2021.

"Il y a une pénurie comme on n'en a jamais connu à cause de cette maudite crise sécuritaire!". Les traits tirés, la tête enveloppée dans un turban bleu, le vendeur de moutons nigérien Ali Zada ne décolère pas.

Son travail: acheter des moutons dans sa région, Tillabéri (dans la région en conflit dite des "trois frontières" entre Mali, Burkina Faso et Niger), puis les revendre dans la capitale du Niger.

Mais cette année, rien ne va: "Avant, je pouvais amener à Niamey jusqu'à 500 têtes de moutons, mais regardez...", dit-il en se tournant.

Rencontré jeudi, à peine trente animaux squelettiques le suivaient alors timidement. Il espérait les avoir revendus d'ici mardi, jour de la fête musulmane du Sacrifice, l'Aïd al-Adha, qu'on appelle Tabaski en Afrique de l'Ouest, où les fidèles partagent en famille et avec leurs voisins un mouton sacrifié le jour même.

Comme lui, ils sont des millions d'éleveurs, revendeurs, et en fin de course acheteurs, à se lamenter de l'impact de la guerre sur "la grande fête" : des moutons moins nombreux, et des prix qui s'envolent.

Depuis 2012 et l'émergence d'un conflit indépendantiste dans le nord du Mali, celui-ci s'est métastasé et étendu dans les trois pays du Sahel central (Mali, Burkina Faso et Niger). Des violences communautaires et jihadistes - de groupes affiliés à l'Etat islamique ou à Al-Qaïda - endeuillent désormais quotidiennement ces pays.

En plus d'avoir largement recruté parmi ces populations pastorales marginalisées par les Etats centraux, les jihadistes prélèvent dans les zones où ils sont puissants l'impôt islamique (zakat), souvent sous forme de bétail. Et les pasteurs sont aussi victimes des sécheresses répétitives du Sahel qui ont décimé les cheptels.

Troupeau volé, cousin abattu

A ces pressions jihadiste et climatique s'ajoutent enfin l'essor du banditisme et de groupes armés locaux autoproclamés d'autodéfense. Au fil des ans, le vol de bétail est ipso facto devenu un élément central de l'économie de la guerre.

"Les éleveurs n'ont plus la liberté de leur pleine mobilité", résume Abdoul Aziz Ag Alwaly, cadre du Réseau Billital Maroobé, association ouest-africaine de défense des intérêts des pasteurs.

"Sur le parcours entre le lieu d'élevage et le point de vente, il y a de plus en plus de risques et de 'frais'", explique-t-il, en référence aux attaques de groupes armés ou au racket de bandits.

"Tu élèves tes animaux pendant des mois et un bandit vient les arracher en quelques minutes", dit Mamane Sani, membre d'une association locale de consommateurs nigérienne.

Alors beaucoup d'éleveurs n'ont pas fait le trajet pour la fête, et les marchés des centres urbains ne sont pas bondés comme à l'ordinaire.

Au Sahel, chacun connaît quelqu'un à qui il est arrivé malheur. Pour Issa Ouédraogo, vendeur de 33 ans rencontré sur le marché de Tanghin à Ouagadougou au Burkina Faso, c'était un de ses fournisseurs. "Il s'est vu arracher plus de deux cent têtes de bovins, et son cousin qui gardait les bêtes a été abattu", raconte-il.

La mort et l'insécurité "sont devenue la norme pour des millions de Sahéliens, et particulièrement nous autres éleveurs, il faut que les gens s'en rendent compte", souligne un membre d'une association pastorale à Bamako, anonymement.

"C'est plus du double!"

A Toukarou, principal marché à bétail de Niamey, le percepteur de la taxe d'entrée des bêtes en ville Moussa Abdou regrette le passé et ses "incessantes navettes de camions chargés de moutons".

En ce moment, dit-il, il y a "un ou deux camions avec quelques dizaines de bêtes par jour, c'est tout!".

Plus loin dans les rues de la capitale nigérienne, sous les 45 degrés du milieu de journée, Maazou Zakou traine les pieds entre ses quinze béliers. "Je suis bien éreinté et les bêtes ne veulent plus avancer", explique l'éleveur, transpirant à grosses gouttes.

Il essaie sans succès de les écouler depuis le matin mais ne veut pas se résoudre à baisser le prix de vente.

Partout, on entend le même discours pour expliquer la flambée des prix: du côté des vendeurs, on plaide l'insécurité et les soucis rencontrés sur la route vers le lieu de vente pour augmenter le prix. Les acheteurs, eux, ne peuvent débourser plus que de raison dans un contexte économique délétère.

"Les moutons que l'on payait à 35.000 (53 euros) sont passés à 80.000 (121 euros), c'est plus du double!", explique Ahmed Cissé à Ouagadougou, venu acheter le sien pour la fête. "Les prix sont trop élevés pour la bourse d'un fonctionnaire".

Au Mali, le gouvernement a lancé une "vente promotionnelle" à quelques jours de la Tabaski pour "permettre aux populations les plus défavorisés d'acheter un mouton", selon le ministre de l'Elevage, Youba Ba.

L'insécurité a fait monter les prix, reconnait-il, mais il affirme que l'armée a "sécurisé" des corridors pastoraux pour permettre l'acheminement des bêtes. Il se veut rassurant: tout a été fait pour que "chaque Malien ait un mouton à égorger mardi".

Cinq civils, quatre soldats et 40 "terroristes" tués au Niger selon le gouvernement

Des soldats nigériens patrouillent devant l'aéroport de Diffa dans le sud-est du Niger, près de la frontière nigériane, le 23 décembre 2020.

Cinq civils, quatre militires et quarante "terroristes" ont été tués dimanche lors d'une attaque de jihadistes présumés dans la région de Tillabéri (ouest) proche du Mali, a annoncé le gouvernement nigérien. 

"Aux environs de 15h00 (16h00 GMT), une centaine de terroristes (terme généralement utilisé par les autorités pour désigner les jihadistes, ndlr) à bord de plusieurs dizaines de motos, lourdement armés, ont attaqué le village de Tchoma Bangou", indique un communiqué du ministère nigérien de la Défense lu dimanche soir à la télévision publique.

"La réaction prompte et vigoureuse" des Forces de défense et de sécurité (FDS), "a permis de repousser l'attaque en infligeant des lourdes pertes à l'ennemi", selon le ministère.

Du matériel a également été saisi, selon le ministère, dont "quatorze motos, quatre mitrailleuses, quatre RPG7, douze AK47, et dix (téléphones) Motorola".

Tchoma Bangou est situé dans le département de Ouallam, dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso. Cette région dite "des trois frontières" est régulièrement visée depuis des années par des attaques meurtrières de groupes jihadistes.

En janvier, 70 civils avaient été tués par des jihadistes présumés à Tchoma Bangou et 30 dans le village voisin de Zaroumadareye, administrés par la commune de Tondikiwindi..

Le 24 juin, dix-neuf personnes ont été tuées à Danga Zaouni et à Tolba Koira, des villages de la même commune, selon les autorités.

La région de Tillabéri est placée sous état d'urgence depuis 2017. Pour lutter contre les jihadistes, les autorités ont interdit depuis un an la circulation à moto nuit et jour et ordonné la fermeture de certains marchés soupçonnés d'alimenter "les terroristes".

Pays parmi les plus pauvres du monde, le Niger lutte depuis des années contre des groupes jihadistes sahéliens dans sa partie occidentale et les islamistes du groupe nigérian Boko Haram dans le sud-est, sans parvenir à les vaincre, malgré la coopération régionale et l'aide militaire occidentale.

Accord pour rapatrier 130.000 réfugiés nigérians cette année

Chatou Chiwa et son fils Mamadou dans le camp de réfugiés d’Assaga, Diffa, Niger, le 18 avril 2017 (VOA/Nicolas Pinault)

Le Niger et le gouverneur de la région nigériane du Borno ont trouvé un accord pour que 130.000 Nigérians réfugiés au Niger retournent chez eux à partir des mois de novembre ou décembre, a déclaré vendredi le président du Niger Mohamed Bazoum.

"Nous nous sommes fixé comme échéance le mois de novembre-décembre pour que tous les réfugiés du Nigeria qui sont sur le territoire de la région du Diffa retournent chez eux, c'est plus de 130.000 personnes", a déclaré M. Bazoum lors d'une conférence de presse à Paris en marge d'un sommet du G5 Sahel.

La région du Diffa au Niger abrite 300.000 réfugiés nigérians et déplacés (plus de 100.000), fuyant les exactions des jihadistes de Boko Haram et sa branche dissidente du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), selon l'ONU.

L'Etat du Borno, au nord-est du Nigeria, est en proie à une grave crise humanitaire après douze ans d'insurrection jihadiste.

Face aux attaques jihadistes qui érodent les Etats de la région, M. Bazoum a estimé que "la seule solution pour nous d'affirmer notre autorité, c'est de faire en sorte que nous réoccupions notre espace et que nous normalisions la situation de nos populations".

En visite bilatérale à Paris, M. Bazoum s'exprimait aux côtés d'Emmanuel Macron après un sommet des chefs d'Etat du G5.

Réunion du G5 Sahel sous le signe de la réduction de la présence militaire française

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