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L'opposant Hama Amadou est rentré au Niger

Hama Amadou de retour au Niger le 14 novembre 2019. (Yusuf Abdoulaye /VOA)

Rentré au Niger le 14 novembre, Hama Amadou, le principal opposant nigérien, possible candidat à la présidentielle de 2020, s'est rendu lundi lui-même au tribunal afin d'être incarcéré et purger les huit mois restant de sa peine d'un an de prison pour trafic de bébés.

"Hama Amadou a été incarcéré tôt ce lundi à la prison de Filingué (ouest de Niamey). Il s'est présenté lui-même au tribunal avant d'être conduit en prison", a affirmé à l'AFP un membre de sa famille sous couvert d'anonymat.

L'opposant, 69 ans, savait ce qui l'attendait. "Samedi il s'était entretenu avec ses avocats pour discuter de cette procédure", a précisé cette source.

M. Amadou, en exil depuis mars 2016, était rentré jeudi au Niger pour faire le deuil de sa mère décédée fin octobre. Il est allé se recueillir sur sa tombe avant d'accueillir samedi et dimanche des milliers de visiteurs à son domicile.

Ses partisans, mais aussi des membres du gouvernement nigérien et des figures de la société civile, sont ainsi venus lui présenter leurs condoléances.

Selon son entourage, Hama Amadou a même parlé au téléphone avec le président Mahamadou Issoufou, dont une des épouses, Malika Issoufou, s'est déplacée à son domicile.

L'opposant avait été condamné à un an de prison pour son implication dans un trafic de bébés avec le Nigeria et impliquant également une de ses épouses. Il avait été incarcéré en novembre 2015 à son retour d'un premier exil.

En mars 2016, entre les deux tours de la présidentielle à laquelle il était arrivé deuxième sans pouvoir faire campagne en raison de son incarcération, Hama Amadou, avait été autorisé à se rendre en France pour des raisons de santé. Il n'était plus rentré au Niger jusqu'à son retour jeudi.

- Inéligible sauf amnistie -

Il avait été désigné en août candidat à la présidentielle de décembre 2020 par son parti, le Mouvement démocratique nigérien (Moden), principal mouvement d'opposition. Toutefois, sa condamnation l'empêche légalement pour le moment d'être candidat.

"La loi est la loi. Pour tout le monde. Elle ne fait pas d'exceptions ou de faveurs. Il ne peut pas se présenter. Point final", affirmait récemment à l'AFP un haut responsable nigérien,

"La loi prévoit que toute personne condamnée à une peine égale ou supérieure à un an n'est pas éligible. Donc, même s'il purge sa peine (avant la présidentielle de décembre 2020), il n'est pas éligible", explique le constitutionnaliste nigérien Amadou Boubacar.

"Même une grâce présidentielle n'est pas suffisante. Il faudrait une loi d'amnistie sur le trafic de bébés qui efface la condamnation", souligne-t-il.

"L’avenir politique de M. Hama Amadou dépend de ce +dialogue politique+ qui va certainement déboucher sur des recommandations qui vont proposer l'amnistie pour Hama Amadou", analyse-t-il.

Le Premier ministre Brigi Rafini a promis fin octobre l'organisation d'un "dialogue" en vue "d'apaiser le climat" politique tendu à un an de la présidentielle de 2020.

Selon M. Rafini, une "assemblée" de 38 membres - 30 issus des partis politiques, cinq des syndicats et trois de la société civile - sera "très prochainement" installée pour "conduire" ce dialogue durant "un mois".

Des représentants de l'ONU, de l'Union européenne et du National Democratic Institute (une ONG américaine) ainsi que des responsables religieux locaux et des chefs traditionnels doivent également assister au dialogue.

L'organisation des futures élections, la question de la commission électorale ou l'accès équitable aux médias d'Etat, ainsi que la situation de Hama Amadou seront au centre des débats.

Ce dialogue pourrait ouvrir la porte à l'opposant qui a joué l'apaisement lors de son retour au pays.

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Sahel: le Niger pleure ses militaires

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Hommage national aux 71 soldats tués dans une attaque terroriste

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Le Niger en deuil rend hommage à ses soldats tués à Inates

Le président Mahamadou Issoufou s'incline devant les dépouilles des militaires nigériens d'Inates

Plongé dans un deuil de trois jours, le Niger a rendu hommage vendredi aux 71 soldats tués à Inates dans la pire attaque djihadiste de son histoire, lors d'une cérémonie solennelle de levée des corps et avec des prières dans les mosquées.

"J'ai décidé de venir pour témoigner de la reconnaissance de la patrie inconsolable mais nullement vaincue à ces hommes (...), nos héros, nos martyrs", a déclaré le président Mahamadou Issoufou sur le tarmac de la base aérienne 101 de Niamey, devant les sacs mortuaires recouverts du drapeau du Niger, en présence des familles des victimes.

"Votre mort est glorieuse (...). Vous avez consenti le sacrifice de vos vies pour protéger le Niger de la barbarie de ceux qui tels des vampires n'aspirent qu'à s'abreuver de sang, de ceux qui détruisent non seulement des vies mais notre religion", a souligné le président.

"Jamais l'islam n'a connu d'arme de destruction aussi massive et aussi redoutable que le terrorisme. L'islam se détruit de l'intérieur au nom de l'islam", a-t-il poursuivi

Alors que les opinions publiques des pays du Sahel contestent depuis plusieurs mois la présence militaire française dans la région, Mahamadou Issoufou a promis "de renforcer encore plus nos alliances et la coordination de nos forces pour lutter ensemble contre les ennemis de la liberté, contre l'ignorance et l'obscurantisme".

Le chef de l'Etat a décoré de la Croix de la vaillance chacun des soldats, qui seront enterrés au "Carré des Martyrs", sur la base.

Sous un hangar, sur les lieux de la cérémonie funèbre, environ 200 personnes, des épouses, des enfants et des proches étaient assis, les yeux rougis.

Durant la cérémonie, une femme a éclaté en sanglots. "C'est mon mari qui est mort, je n'ai plus envie de vivre", a confié une autre femme à un journaliste l'AFP.

- "Chaque famille a perdu un proche" -

Les enfants du commandant du camp d'Inates, le lieutenant-colonel Hassane Inoutab, qui fait partie des victimes, pleuraient à chaudes larmes. Le président les a consolés personnellement.

Les fidèles ont afflué dans les mosquées à l'occasion de la prière hebdomadaire.

"En plus de la prière habituelle de vendredi, nous avons fait une prière supplémentaire pour le repos de l'âme des soldats. Il y avait un peu plus de monde que d'habitude: deux soldats du quartier figurent parmi les morts", a affirmé Moumouni Harouna, un habitant du quartier Lazaret de Niamey, en bonnet et jellaba blancs.

"Le frère d'un des soldats morts nous racontait généralement des blagues après la prière... Aujourd'hui il était très silencieux. Il est profondément affecté", a-t-il ajouté.

"Après et avant la prière, les gens étaient moins bruyants que d'habitude. Chaque famille nigérienne a perdu un proche dans l'attaque", a assuré Salissou Abdou, un tailleur de Bandabari, près de la Grande mosquée de la capitale.

Certaines institutions ou entreprises ont suspendu le travail à 10 heures pour des prières collectives. "Nous avons fermé les guichets pour prier dans le hall et des clients se sont même joints à nous", a indiqué Issa Ousmane, un employé bancaire.

Le gouvernement a annulé toutes les festivités du 61e anniversaire de la république du Niger, prévues le 18 décembre à Tillabéri, dans l'ouest du pays, où la localité d'Inates est située.

- Assauts de plus en plus audacieux -

La plupart des médias publics et privés ont diffusé des chants religieux et des prêches musulmans appelant "à la tolérance et à la paix".

Mardi, une attaque de grande ampleur contre le camp militaire d'Inates dans l'Ouest, tout proche de la frontière malienne, a fait 71 morts et des disparus.

Elle a été revendiquée par l'Etat islamique et est la plus meurtrière depuis le regain des attaques djihadistes en 2015 au Niger, pays pauvre mais disposant d'importantes ressources en uranium.

Tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina -, est désormais visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Le Mali a été frappé dernièrement par une série d'assauts sanglants: plus de 140 soldats ont été tués, cet automne provoquant un véritable traumatisme dans ce pays. Le Burkina avait perdu 24 militaires en août, dans un assaut contre la base de Koutougou, également près de la frontière malienne.

Après des attaques de guérilla du type "hit and run" (on frappe et on s'enfuit), les groupes djihadistes n'hésitent plus à attaquer de front des postes militaires.

L'assaut contre le camp d'Inates a été mené par "plusieurs centaines" de combattants "lourdement armés" selon le ministère de la Défense nigérien, qui a évoqué des combats d'une "rare violence".

Le groupe Etat islamique revendique l'attaque d'Inates

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Un deuil national de trois jours décrété en hommage aux soldats tués

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