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Au moins 16 migrants morts dans le naufrage d'un bateau en Grèce


Des enfants réfugiés et migrants apprennent à nager sur la mer près du camp de réfugiés de Kara Tepe à Mytilène, sur l'île de Lesbos, le 10 août 2016.

Un nouveau naufrage sur la route migratoire égéenne a fait au moins 16 morts samedi, dont six enfants, à la veille du deuxième anniversaire du pacte UE-Turquie censé tarir les arrivées aux portes de l'Europe en provenance des côtes turques.

Ce drame est le plus meurtrier dans la zone depuis la conclusion il y a deux ans de cet accord.

Sur la base des témoignages des trois seuls rescapés, deux femmes et un homme, qui ont gagné à la nage l'île d'Agathonissi, la police portuaire estime à deux ou trois le nombre de passagers toujours manquants.

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Deux migrants ont par ailleurs trouvé la mort samedi matin près de la frontière terrestre avec la Turquie, quand la camionnette qui les convoyait s'est renversée en tentant d'échapper à un contrôle, a indiqué la police locale.

En mer, les recherches se poursuivaient samedi, mobilisant d'importants moyens, dont un bateau de Frontex, l'Agence européenne des frontières.

Mais le bilan n'a fait que s'alourdir: dix nouveaux noyés ont été retirés des eaux en début d'après-midi, après la découverte de six premières victimes.

Selon les médias, six enfants figurent parmi ces victimes, dont la nationalité était inconnue.

'Ne pas s'habituer'

En face des côtes turques, les îles grecques du sud-est de l'Egée étaient devenues en 2015 la première porte d'entrée en Europe des populations, notamment syriennes, fuyant guerres et misère.

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L'accord UE-Turquie a réduit le flot de migrants, même si des centaines de personnes arrivent encore chaque mois, et les noyades. Plus d'un millier d'exilés, dont de nombreux enfants, avaient trouvé la mort en mer Égée en 2015 et 2016.

Les candidats à l'installation en Europe continuent toutefois de payer le prix fort dans la région: une femme et deux enfants, se sont ainsi noyés le 13 février dans le fleuve Evros à la frontière terrestre entre les deux pays, où les passages, notamment de Turcs fuyant les purges, s'intensifient.

Trois personnes au moins avaient aussi trouvé la mort en novembre dans un naufrage près de l'île égéenne de Kalymnos, un mois après le décès d'une fillette de neuf ans.

"Nous ne pouvons, ni ne devons-nous habituer à ce que des personnes, des enfants, soient perdus en mer Egée", a réagi le ministre grec à la Politique migratoire, Dimitris Vitsas. La solution passe par "l'ouverture de routes et procédures sûres pour les réfugiés et les migrants et la lutte contre le trafic", a-t-il ajouté.

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Dans un tweet, le bureau grec du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a exprimé sa "tristesse" après cette nouvelle tragédie.

Des milliers confinés sur les îles

Le nouveau naufrage devrait être au centre d'une manifestation contre l'accord UE-Turquie et pour un meilleur accueil européen des migrants prévue dans l'après-midi à Athènes.

Vivement contesté par le monde humanitaire car il prévoit le renvoi en Turquie de tous les arrivants, y compris les réfugiés syriens, le pacte avec Ankara est farouchement défendu par le gouvernement grec de gauche. Athènes dit vouloir éviter une reprise, jugée potentiellement déstabilisatrice, de l'exode des années 2015 et 2016.

Mais faute d'accord au sein de l'UE pour continuer à soulager la Grèce, ainsi que l'Italie, d'une partie de la charge migratoire induite par leur géographie, ce règlement a abouti au confinement des exilés - actuellement plus de 13.000 - sur les îles grecques.

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La plupart d'entre eux déposent en effet des demandes d'asile pour tenter d'éviter, ou de retarder leur renvoi, ce qui les expose à des mois d'attente.

Les organisations de défense des droits de l'homme, la dernière en date Amnesty International, dénoncent régulièrement les conditions de vie imposées à ces populations, souvent déjà traumatisées. Leur séjour forcé alimente aussi tensions et mobilisations d'extrême-droite sur les îles concernées comme Samos, Lesbos, Chios, Leros et Kos.

Par ailleurs, selon un expert grec de l'asile, le volet "renvois" de l'accord pêche sérieusement en pratique. Moins de 20% des arrivants - en majorité Syriens, Afghans et Irakiens - peuvent en effet être renvoyés dans leur pays au vu des règles de protection des réfugiés.

Avec AFP

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