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Salah Abdeslam, petit caïd devenu suspect clé des attentats du 13 novembre 2015


La salle du tribunal correctionnel où doit comparaitre Salah Abdesalam, Palais de justice de Bruxelles, Belgique, le 30 janvier 2018

Petit délinquant radicalisé dans la commune bruxelloise de Molenbeek, Salah Abdeslam est le seul membre encore vivant des commandos djihadistes des attentats du 13-Novembre mais il se mure dans le silence et refuse de collaborer avec les enquêteurs.

L'ancien auteur de petits larcins, connu pour être buveur et fêtard, est soupçonné d'avoir joué un rôle central dans la préparation des attentats les plus meurtriers jamais commis en France, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Il aurait ainsi notamment loué des voitures et des planques, ou encore convoyé des membres de la cellule djihadiste à travers l'Europe.

Le soir du 13 novembre 2015, lui-même était porteur d'une ceinture d'explosifs qui ne s'est pas déclenchée pour des raisons encore floues. Dans une lettre qui lui est attribuée et qui a été exhumée par les enquêteurs, Abdeslam assure qu'il aurait voulu "rejoindre le reste de (ses) frères" et mourir en "shahid" (martyr, ndlr) mais que sa ceinture n'avait pas fonctionné.

Recherché aussitôt après les attentats de Paris et de Saint-Denis, au nord de la capitale, il est resté quatre mois en cavale, malgré son statut d'ennemi public numéro un et la diffusion en boucle de son portrait dans toute l'Europe.

Sa fuite s'est finalement achevée le 18 mars 2016 rue des Quatre-Vents à Molenbeek, trois jours après une première fusillade à Bruxelles avec des policiers qui lui vaut d'être jugé en Belgique à partir de lundi.

Salah Abdeslam a depuis été mis en examen en France pour attentats terroristes. Détenu le plus surveillé de France, il est incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis au sud de Paris.

Durant son procès en Belgique, il sera temporairement détenu dans le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le nord de la France, épicentre d'une récente mobilisation nationale des surveillants de prisons après l'agression d'un gardien.

Fêtard et amateur de football

Ce Français de 28 ans, issu d'une famille d'origine marocaine, n'avait pas laissé à Molenbeek l'image d'un djihadiste en devenir, pas plus que son frère Brahim qui fut pourtant l'un des kamikazes des attentats du 13-Novembre.

Un des amis des frères Abdeslam, Jamal, les avait ainsi décrits comme des amateurs de football qui aimaient aller en boîte de nuit. "De gros buveurs, de gros fumeurs, pas des radicalisés", avait résumé Youssef, une autre de leurs connaissances.

Lui et son frère Brahim avaient d'ailleurs ouvert en 2013 un bar, "Les Béguines". Selon un ancien habitué, "des discours de l'Etat islamique" s'y font toutefois entendre même si on y fume aussi des joints.

Cultivant les paradoxes, Salah Abdeslam boit de l'alcool et joue au casino. Mais il évoque aussi des velléités de départ en Syrie, notamment fin 2014.

"C'est un petit con de Molenbeek, issu de la petite criminalité, plutôt un suiveur qu'un meneur. Il a l'intelligence d'un cendrier vide, il est d'une abyssale vacuité", assurait son avocat belge Sven Mary, dans un entretien à Libération en avril 2016.

Dans son quartier, Salah Abdeslam côtoie Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats de Paris, mort lors d'un raid policier près de la capitale le 18 novembre 2015.

Ces deux "vrais petits voyous" faisaient "les 400 coups" et étaient "tout le temps ensemble", selon des proches. Ils se retrouvent en détention préventive fin 2010 pour des vols, qui leur vaudront une condamnation à un an de prison avec sursis en février 2011.

Lorsqu'il est interrogé en 2015 après le démantèlement de la cellule djihadiste belge de Verviers (est), Salah Abdeslam dira d'Abaaoud qu'il est "un chouette gars". Sans pouvoir ignorer que son ami, parti en Syrie début 2013, est devenu un personnage important de l'organisation Etat islamique.

En 2015, ses voyages en Europe deviennent incessants: en Grèce début août, puis en Autriche ou encore en Hongrie par où transite le flot des migrants venus de Syrie.

Depuis sa mise en examen en France, il a été soumis à cinq interrogatoires, au cours desquels il a systématiquement refusé de répondre aux questions du juge d'instruction. Sa dernière convocation remonte à la mi-novembre.

Après son arrestation, il avait minimisé son rôle, racontant qu'il "voulait se faire exploser au Stade de France" puis avait fait "machine arrière", selon le procureur de Paris François Molins.

Avec AFP

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