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Le Sénat américain rejette le projet de réforme sur l'immigration

Le sénateur Chuck Schumer, accompagné du sénateur Chris Coons et de la sénatrice Amy Klobuchar, arrivent pour parler aux journalistes à Washington le 13 février 2018.

Le Sénat américain a voté jeudi contre le projet de réforme sur l'immigration, un texte bipartisan qui visait à protéger de l'expulsion les "Dreamers" (rêveurs), ouvrant ainsi la voie à un vote sur un projet plus ferme soutenu par Donald Trump.

La Maison Blanche avait menacé plus tôt dans la journée d'apposer son veto à ce texte, vu par certains comme la meilleure chance d'arriver à une réforme sur l'immigration, si le Sénat parvenait à s'accorder.

Donald Trump a affiché son soutien à la proposition d'un élu républicain, Chuck Grassley, qui reprend les "quatre piliers" de sa politique en matière d'immigration.

M. Trump s'est dit prêt à régulariser à terme 1,8 million de personnes arrivées illégalement sur le territoire américain avec leurs parents quand elles étaient enfants. Quelque 690.000 d'entre eux --surnommés "Dreamers" (rêveurs)-- sont protégés de l'expulsion depuis 2012 par un statut précaire, le décret "Daca" de Barack Obama. Les autres ne bénéficient pas de ce programme tout en y étant éligibles.

En échange, il réclame au Congrès 25 milliards de dollars pour renforcer la sécurité à la frontière avec le Mexique, notamment la construction d'un mur, et un frein à l'immigration légale, avec la fin du regroupement familial élargi --qualifiée d'"immigration en chaîne"-- et la suppression de la loterie des cartes vertes, qui permet à des dizaines de miliers d'étrangers de s'installer aux Etats-Unis.

>> Lire aussi : Impossible consensus au Sénat sur l'immigration malgré les pressions de Trump

Donald Trump a abrogé le Daca en septembre 2017 et a donné au Congrès jusqu'au 5 mars pour régler définitivement la question. Mais sa décision est contestée en justice.

Des élus républicains et démocrates, rassemblés au sein d'une "coalition du bon sens", ont rendu public mercredi soir un texte de compromis qui se rapproche des demandes du président américain, sans y répondre totalement.

Menace de veto

"Notre proposition souligne l'engagement large et venu des deux bords pour créer une voie à la naturalisation pour les Dreamers (...) tout en renforçant la sécurité aux frontières pour aider à stopper le flot d'immigrants illégaux", a expliqué dans un communiqué la sénatrice républicaine Susan Collins, membre de la "coalition"..

Le texte reprend la mesure en faveur de la naturalisation des 1,8 million de jeunes et les 25 milliards de dollars de financement pour la sécurité frontalière. Mais il n'apporte qu'un changement limité au regroupement familial et ne touche pas à la loterie.

Le républicain Lindsey Graham a estimé que le texte de la coalition avait "le plus de chances de gagner les 60 voix".

Mais le ministère de la Sécurité intérieure a fustigé ce texte, qui signifierait "la fin de la lutte contre l'immigration en Amérique" et "ne servirait qu'à attirer des millions d'immigrants illégaux supplémentaires sans aucun moyen de les expulser".

Le texte se heurterait aussi à un veo présidentiel, a prévenu la Maison Blanche. "Il changerait drastiquement pour le pire notre politique nationale sur l'immigration en affaiblissant la sécurité aux frontières et saperait nos lois existantes", a affirmé la porte-parole de la présidence Sarah Sanders dans nu communiqué.

"Alors que républicains et démocrates au Congrès travaillent dur pour trouver un soution au Daca, ils doivent étudier sérieusement un système d'immigration basée sur le mérite pour que nous ayons des gens prêts, volontaires et capables d'aider toutes ces sociétés qui s'installent aux Etats-Unis", a souligné jeudi Donald Trump sur Twitter.

Le patron des sénateurs démocrates Chuck Schumer a ironisé face à l'intransigeance de l'administration. "On n'obtient pas 100% de ce que l'on veut dans une démocratie, peut-être dans une dictature", a-t-il dit, appelant les sénateurs à dépasser leurs différences.

Mais le républicain John Cornyn a estimé l'affaire mal engagée. Le texte porté par M. Grassley "est le seul qui puisse arriver sur le bureau du président", a-t-il dit.

Avec AFP

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Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

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