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Victoire du parti au pouvoir aux élections générales en Angola

Joao Lourenco, candidat du pouvoir au pouvoir, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), a voté à Luanda, Angola, 23 août 2017.

Le parti au pouvoir depuis quatre décennies en Angola, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), a remporté les élections générales disputées mercredi avec plus de 64% des suffrages, a annoncé jeudi la Commission nationale électorale (CNE).

Le candidat du MPLA, Joao Lourenço, succédera à la tête du pays au président José Eduado dos Santos.

Ce dernier a décidé de quitter le pouvoir après un règne sans partage de trente-huit ans.

Victoire sans surprise

Le parti au pouvoir en Angola a remporté largement et sans surprise les élections disputées mercredi et son candidat Joao Lourenço succèdera à la présidence à José Eduardo dos Santos, sur le départ après trente-huit ans d'un règne sans partage.

A la tête du pays depuis son indépendance du Portugal en 1975, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) a recueilli 64,57% des suffrages et conservera la majorité absolue des 220 sièges du Parlement, selon des résultats partiels annoncés jeudi par la Commission nationale électorale (CNE).

Ses deux principaux adversaires, l'Unita et la Casa-CE, n'obtiennent que respectivement 24,04% et 8,56% des voix, a précisé la porte-parole de la CNE, Julia Ferreira. Ces résultats partiels prennent en compte deux tiers des bureaux de vote.

L'opposition a immédiatement contesté cette victoire sans appel.

"Nous avons des résultats différents de ceux annoncés par la CNE", a affirmé un représentant de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), Estevao Jose Kachiungu. "Il est impossible que dans l'Angola d'aujourd'hui le MPLA gagne dans toutes les provinces avec un tel écart", s'est-il indigné.

"Ces résultats ne sont pas ceux que nous avons. Nous allons les dénoncer", a pour sa part assuré une représentante de la Casa-CE, Cezinanda Xavier.

Depuis des mois, l'Unita et la Casa-CE, soutenues par la société civile, avaient dénoncé les conditions d'organisation du scrutin.

Les deux partis ont reproché au régime d'avoir contraint de nombreux électeurs, notamment dans des bastions de l'opposition, à voter dans des bureaux très éloignés de leur domicile. Ils ont aussi regretté d'avoir été largement privés d'accès aux médias publics.

- Crise économique -

Bientôt âgé de 75 ans, M. dos Santos, fatigué par la maladie, avait annoncé à la fin de l'année dernière qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat.

Son dauphin désigné, Joao Lourenço, un général à la retraite et ancien ministre de la Défense de 63 ans (BIEN: 63 ANS), hérite d'un pays plongé depuis trois ans dans une profonde crise économique.

A la fin d'une guerre civile meurtrière en 2002, l'Angola a connu une décennie de croissance à deux chiffres nourrie par le pétrole, dont il est avec le Nigeria le principal producteur d'Afrique subsaharienne.

Mais il y a trois ans, la chute brutale des cours de l'or noir, sa principale source de revenus, l'a précipité dans la tourmente. Sa dette s'est creusée, sa monnaie a dégringolé, l'inflation et le chômage ont explosé.

Sa population de 28 millions d'habitants, une des plus pauvres de la planète, en a subi le choc de plein fouet. Largement oubliée lors des années fastes, elle exprime de plus en plus son mécontentement.

"J'attends que les choses changent, il faut plus de travail, plus d'écoles, plus d'hôpitaux et tout le reste", a confié mercredi une électrice du MPLA, Rosaria Almeida, dans un bureau de vote d'un quartier populaire de la capitale, Luanda.

Ces derniers mois, les rivaux du président dos Santos ont fait campagne pour le "changement" et dénoncé la faillite économique et la corruption du régime.

- Corruption -

Ses adversaires reprochent au "camarade numéro 1", ainsi que son parti le désigne, d'avoir mis en coupe réglée des pans entiers de l'économie du pays, confiés à sa famille ou des proches.

Sa milliardaire de fille, Isabel, considérée comme la femme la plus riche d'Afrique, est devenue le symbole de cette "privatisation de l'Etat", selon le mot du journaliste d'opposition Rafael Marques de Morais. Son père en a fait l'an dernier le PDG de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol.

Apparatchik du MPLA sans grand charisme, M. Lourenço a fait campagne en promettant de "corriger ce qui va mal".

"Ma mission sera de relancer l'économie du pays", a-t-il déclaré mardi, à la veille du scrutin. "Si j'y parviens, j'aimerais être reconnu dans l'histoire comme l'homme du miracle économique en Angola."

M. Lourenço a aussi promis de "combattre la corruption". Mais beaucoup doutent de sa volonté de s'attaquer au "système" de son prédécesseur.

M. Dos Santos, qui doit rester président du MPLA jusqu'en 2022, a verrouillé sa sortie en faisant voter des lois qui lui assurent une large immunité judiciaire et gèlent pour des années toute la hiérarchie dans l'armée et la police.

Dans ce contexte d'usure du pouvoir et de crise, le MPLA a vu mercredi son score se tasser nettement par rapport aux 72% obtenus il y a cinq ans. L'abstention a atteint 23%.

Avec AFP

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Guinée: Condé laisse une nouvelle fois planer le doute sur une candidature

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le président de la Guinée Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a une nouvelle fois laissé planer le doute sur une modification de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020.

"Il y a un débat en Guinée. Moi j'observe (...), ce qui est évident c'est que le peuple guinéen est un peuple souverain, (...) qu'on ne peut pas empêcher le peuple de s'exprimer s'il le souhaite", a-t-il répondu à la presse qui l'a interrogé sur le sujet.

Il a aussi fait valoir qu'il n'avait "de comptes à rendre qu'au peuple de Guinée et éventuellement au peuple africain, mais pas à l'extérieur". "Je fais ce qui sera la volonté du peuple de Guinée. Pour le moment (...) je laisse le débat se dérouler dans le pays", a-t-il ajouté.

Les principaux partis d'opposition guinéens, ainsi que des associations de la société civile et des syndicats, ont annoncé début avril la création d'une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé, dont le deuxième mandat constitutionnel s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. "Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", avait-il dit le 24 mars devant les militants de son parti.

En janvier, la présidence avait publié des propos de l'ambassadeur de Russie, suggérant d'amender la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, au grand dam de l'opposition et de la société civile.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 77 ans, dont le deuxième mandat se termine également en 2020, entretient lui aussi le mystère quant à une éventuelle candidature. Il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Avec AFP

Algérie: dixième vendredi consécutif de manifestations contre le régime

Les manifestants retournent dans les rues pour reclamer des changements démocratiques en Algérie.

Le mouvement algérien de contestation testera vendredi sa capacité à rester mobilisé lors du 10e vendredi consécutif de manifestations à travers le pays, sur fond de limogeages de symboles du régime Bouteflika déchu et de spectaculaires incarcérations dans des affaires de corruption présumée.

"Pas de demi-révolution", titre en une vendredi l'édition week-end du quotidien El Watan, appelant à continuer à manifester jusqu'au départ du "système" dans son entier, tandis que des appels similaires continuent d'être relayés sur les réseaux sociaux.

Le sentiment d'avoir obtenu de nouvelles têtes pourrait encourager les manifestants, à l'issue d'une semaine marquée par de nouveaux limogeages, des convocations judiciaires et poursuites annoncées contre des caciques du régime et le placement en détention provisoire de riches hommes d'affaires.

D'autant que le pouvoir ne cède pas sur l'essentiel des revendications: départ de l'ensemble des figures de l'appareil hérité d'Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril après 20 ans à la tête de l'Etat, et organisation d'une transition hors du cadre institutionnel qu'il a légué.

Apparatchik ayant accompagné M. Bouteflika durant près de deux décennies, Abdelkader Bensalah est toujours président par intérim et Noureddine Bedoui, autre fidèle dévoué, toujours Premier ministre d'un "gouvernement de la honte", comme le nomment les manifestants.

- Rôle de l'armée -

Et ces dirigeants prévoient toujours, avec le soutien de l'armée, replacée au centre de la vie politique depuis le départ de M. Bouteflika, d'organiser le 4 juillet la présidentielle devant élire son successeur, ce que refuse la contestation qui estime qu'ils ne peuvent garantir un scrutin régulier.

L'incarcération en début de semaine de trois frères Kouninef, famille propriétaire d'un géant privé du BTP algérien, bénéficiaires de gigantesques contrats publics, ne peut que satisfaire la contestation qui depuis le 22 février dénonce, aux cris de "voleurs" ou "mafia", les liens troubles entre la présidence Bouteflika et les "oligarques".

Réputés proches de Saïd Bouteflika, frère et conseiller abhorré du président déchu, ces trois frères Kouninef sont notamment soupçonnés de "non respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics" et "trafic d'influence".

Mais le placement en détention préventive, simultanément, d'Issad Rebrab, première fortune d'Algérie et patron du conglomérat Cevital, premier employeur privé du pays, qui entretenait lui des relations notoirement tendues avec l'entourage de M. Bouteflika, a semé le doute sur les objectifs réels de ces enquêtes.

Une partie de la presse algérienne a qualifié "d'injonctions" les appels répétés à "accélérer la cadence" des enquêtes anticorruption, lancés aux autorités judiciaires par le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et de facto homme fort du pays depuis le départ de M. Bouteflika.

Ce qui a contraint l'armée à dénoncer, dans une rare "mise au point", "une lecture erronée" des déclarations du général Gaïd Salah, puis le Parquet a assurer n'avoir subi "aucune pression".

- Ministres chahutés -

Certains observateurs voient dans ces enquêtes une forme de "deal" implicite offert aux manifestants: les têtes des "corrompus" ou des symboles du pouvoir, contre un assouplissement des revendications notamment sur la présidentielle, dont le général Gaïd Salah a à nouveau réclamé dans la semaine qu'elle se tienne dans les délais constitutionnels.

Voire une tentative de diviser la contestation, dont au moins une partie a de la sympathie pour M. Rebrab, qui présente son groupe comme "une victime du +système+ (au pouvoir) et de sa mafia économique" qui entravent ses activités.

Dans la semaine, a été limogé le patron du Club des Pins, luxueuse résidence ultraprotégée réservée aux dignitaires, symbole des privilèges accordés aux personnalités du régime.

Mais aussi le PDG de Sonatrach, géant public des hydrocarbures, entreprise au centre de plusieurs scandales ces dernières années. Le lendemain, la justice annonçait enquêter à nouveau sur l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil, très proche de M. Bouteflika, qui avait fui l'Algérie car recherché pour une affaire de corruption liée à Sonatrach, avant de rentrer une fois les poursuites abandonnées.

En province, les ministres du "gouvernement de la honte" continue d'être chahutés lors de leurs déplacements, malgré les récentes mises en garde du général Gaïd Salah contre ce phénomène qui se multiplie. Jeudi, le ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessaoud, a écourté une visite à Saïda (nord-ouest) après avoir été conspué.

Avec AFP

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