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L'Angola attend le nom du successeur du président Dos Santos

Le président angolais Jose Eduardo dos Santos à Luanda, Angola, 17 août 2016.

Les Angolais attendaient jeudi de connaître le nom de celui qui incarnera le nouveau visage de leur pays après trente-huit ans du règne sans partage exercé par le président José Eduardo dos Santos, qui a décidé à presque 75 ans de passer la main.

Moins de vingt-quatre heures après le début du dépouillement, la Commission nationale électorale (CNE) devait annoncer dans la journée les premiers résultats partiels des élections générales.

Le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), au pouvoir depuis 1975, a la faveur de tous les pronostics et devrait, sauf énorme surprise, conserver la majorité absolue des 220 sièges du Parlement angolais.

En vertu de la Constitution, son candidat, l'ex-ministre de la Défense Joao Lourenço, 64 ans, devrait dans la foulée succéder à M. dos Santos, à la santé fragile.

Mercredi, le président de la CNE, Andre da Silva Neto, s'est déclaré satisfait du déroulement du scrutin.

"Nous sommes satisfaits du comportement des électeurs, c'est une joie pour nous et pour l'Afrique", a-t-il commenté devant la presse, "le processus s'est déroulé normalement en dépit de quelques incidents".

Les deux principaux partis d'opposition, l'Unita (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) et la Casa-CE, réservaient jeudi leur jugement sur ce scrutin dont ils ont critiqué, avant même le début de la campagne électorale, les conditions d'organisation qualifiées de "douteuses et inéquitables".

Ils reprochent entre autres au régime d'avoir contraint de nombreux électeurs à voter dans des bureaux très éloignés de leur domicile. Ils affirment aussi avoir été largement privés d'accès aux grands médias publics.

Les états-majors de l'Unita et de la Casa-CE étaient réunis jeudi matin et envisageaient une déclaration commune pour dénoncer des "irrégularités", a confié à l'AFP un de leurs responsables.

'MPLA désespéré'

Après avoir déposé son bulletin dans l'urne mercredi, le dauphin désigné de M. Dos Santos s'était lui déclaré "serein" quant à l'issue des résultats.

Jeudi matin, avant même la diffusion des premiers décomptes, le porte-parole du comité central du MPLA, Joao Martins, n'a pas hésité à affirmer dans la presse locale que la victoire du MPLA était "sans équivoque et pratiquement incontournable".

"La CNE n'a pas encore divulgué de résultats, comment le parti au pouvoir peut-il se déclarer vainqueur ?", a ironisé le porte-parole de l'Unita, Alcides Sakala. "Le MPLA est désespéré parce que tous les signes pointent son échec", a-t-il affirmé à l'AFP.

Tout au long de la campagne électorale, les adversaires du président dos Santos ont attribué au régime la responsabilité de la crise économique et dénoncé la corruption de ses dirigeants.

Après dix ans du boom pétrolier qui a suivi la fin de la guerre civile en 2002, l'Angola subit depuis trois ans une grave crise provoquée par la chute prolongée des cours de l'or noir, sa principale source de revenus.

Dans un pays qui reste cadenassé par le parti au pouvoir, la population, une des plus pauvres de la planète, retient de moins en moins son mécontentement et ses critiques.

"J'attends que les choses changent, il faut plus de travail, plus d'écoles, plus d'hôpitaux et tout le reste", a confié mercredi une électrice du MPLA, Rosaria Almeida, dans un bureau de vote d'un quartier populaire de la capitale Luanda.

Conscient de ces critiques, M. Lourenço a promis un "miracle économique" et de lutter contre la corruption.

Mais beaucoup doutent des capacités de cet apparatchik du MPLA, ancien général à la retraite, às'attaquer de front au système dos Santos, symbolisé par la nomination l'an dernier de sa fille Isabel, considérée comme la femme la plus riche d'Afrique, à la tête de la compagnie pétrolière nationale.

Le chef de l'Etat sortant a verrouillé son contrôle du pays en organisant son immunité judiciaire et doit rester, en principe, président du MPLA jusqu'en 2022.

Sans illusion, les 9,3 millions d'inscrits angolais ne semblent pas s'être bousculés aux urnes mercredi, ont constaté les journalistes de l'AFP dans plusieurs bureaux de vote de Luanda.

"L'abstention pourrait être le grand vainqueur de l'élection angolaise", a commenté sur Twitter une spécialiste du pays, Zenaïda Machado, de l'ONG Human Rights Watch.

Avec AFP

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Guinée: Condé laisse une nouvelle fois planer le doute sur une candidature

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le président de la Guinée Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a une nouvelle fois laissé planer le doute sur une modification de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020.

"Il y a un débat en Guinée. Moi j'observe (...), ce qui est évident c'est que le peuple guinéen est un peuple souverain, (...) qu'on ne peut pas empêcher le peuple de s'exprimer s'il le souhaite", a-t-il répondu à la presse qui l'a interrogé sur le sujet.

Il a aussi fait valoir qu'il n'avait "de comptes à rendre qu'au peuple de Guinée et éventuellement au peuple africain, mais pas à l'extérieur". "Je fais ce qui sera la volonté du peuple de Guinée. Pour le moment (...) je laisse le débat se dérouler dans le pays", a-t-il ajouté.

Les principaux partis d'opposition guinéens, ainsi que des associations de la société civile et des syndicats, ont annoncé début avril la création d'une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé, dont le deuxième mandat constitutionnel s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. "Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", avait-il dit le 24 mars devant les militants de son parti.

En janvier, la présidence avait publié des propos de l'ambassadeur de Russie, suggérant d'amender la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, au grand dam de l'opposition et de la société civile.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 77 ans, dont le deuxième mandat se termine également en 2020, entretient lui aussi le mystère quant à une éventuelle candidature. Il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Avec AFP

Algérie: dixième vendredi consécutif de manifestations contre le régime

Les manifestants retournent dans les rues pour reclamer des changements démocratiques en Algérie.

Le mouvement algérien de contestation testera vendredi sa capacité à rester mobilisé lors du 10e vendredi consécutif de manifestations à travers le pays, sur fond de limogeages de symboles du régime Bouteflika déchu et de spectaculaires incarcérations dans des affaires de corruption présumée.

"Pas de demi-révolution", titre en une vendredi l'édition week-end du quotidien El Watan, appelant à continuer à manifester jusqu'au départ du "système" dans son entier, tandis que des appels similaires continuent d'être relayés sur les réseaux sociaux.

Le sentiment d'avoir obtenu de nouvelles têtes pourrait encourager les manifestants, à l'issue d'une semaine marquée par de nouveaux limogeages, des convocations judiciaires et poursuites annoncées contre des caciques du régime et le placement en détention provisoire de riches hommes d'affaires.

D'autant que le pouvoir ne cède pas sur l'essentiel des revendications: départ de l'ensemble des figures de l'appareil hérité d'Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril après 20 ans à la tête de l'Etat, et organisation d'une transition hors du cadre institutionnel qu'il a légué.

Apparatchik ayant accompagné M. Bouteflika durant près de deux décennies, Abdelkader Bensalah est toujours président par intérim et Noureddine Bedoui, autre fidèle dévoué, toujours Premier ministre d'un "gouvernement de la honte", comme le nomment les manifestants.

- Rôle de l'armée -

Et ces dirigeants prévoient toujours, avec le soutien de l'armée, replacée au centre de la vie politique depuis le départ de M. Bouteflika, d'organiser le 4 juillet la présidentielle devant élire son successeur, ce que refuse la contestation qui estime qu'ils ne peuvent garantir un scrutin régulier.

L'incarcération en début de semaine de trois frères Kouninef, famille propriétaire d'un géant privé du BTP algérien, bénéficiaires de gigantesques contrats publics, ne peut que satisfaire la contestation qui depuis le 22 février dénonce, aux cris de "voleurs" ou "mafia", les liens troubles entre la présidence Bouteflika et les "oligarques".

Réputés proches de Saïd Bouteflika, frère et conseiller abhorré du président déchu, ces trois frères Kouninef sont notamment soupçonnés de "non respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics" et "trafic d'influence".

Mais le placement en détention préventive, simultanément, d'Issad Rebrab, première fortune d'Algérie et patron du conglomérat Cevital, premier employeur privé du pays, qui entretenait lui des relations notoirement tendues avec l'entourage de M. Bouteflika, a semé le doute sur les objectifs réels de ces enquêtes.

Une partie de la presse algérienne a qualifié "d'injonctions" les appels répétés à "accélérer la cadence" des enquêtes anticorruption, lancés aux autorités judiciaires par le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et de facto homme fort du pays depuis le départ de M. Bouteflika.

Ce qui a contraint l'armée à dénoncer, dans une rare "mise au point", "une lecture erronée" des déclarations du général Gaïd Salah, puis le Parquet a assurer n'avoir subi "aucune pression".

- Ministres chahutés -

Certains observateurs voient dans ces enquêtes une forme de "deal" implicite offert aux manifestants: les têtes des "corrompus" ou des symboles du pouvoir, contre un assouplissement des revendications notamment sur la présidentielle, dont le général Gaïd Salah a à nouveau réclamé dans la semaine qu'elle se tienne dans les délais constitutionnels.

Voire une tentative de diviser la contestation, dont au moins une partie a de la sympathie pour M. Rebrab, qui présente son groupe comme "une victime du +système+ (au pouvoir) et de sa mafia économique" qui entravent ses activités.

Dans la semaine, a été limogé le patron du Club des Pins, luxueuse résidence ultraprotégée réservée aux dignitaires, symbole des privilèges accordés aux personnalités du régime.

Mais aussi le PDG de Sonatrach, géant public des hydrocarbures, entreprise au centre de plusieurs scandales ces dernières années. Le lendemain, la justice annonçait enquêter à nouveau sur l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil, très proche de M. Bouteflika, qui avait fui l'Algérie car recherché pour une affaire de corruption liée à Sonatrach, avant de rentrer une fois les poursuites abandonnées.

En province, les ministres du "gouvernement de la honte" continue d'être chahutés lors de leurs déplacements, malgré les récentes mises en garde du général Gaïd Salah contre ce phénomène qui se multiplie. Jeudi, le ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessaoud, a écourté une visite à Saïda (nord-ouest) après avoir été conspué.

Avec AFP

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