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L'Angola aux urnes pour conclure l'ère Dos Santos

Le président José Eduardo dos Santos salue la foule lors d'un rassemblement de campagne du MPLA parti à Luanda, 19 août 2017.

Les Angolais votaient mercredi en bon ordre pour choisir un successeur au président José Eduardo dos Santos, qui s'apprête à quitter le pouvoir au terme d'un règne autoritaire de trente-huit ans à la tête de son pays, en pleine crise économique.

Au pouvoir depuis 1975, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) doit retrouver, sauf coup de théâtre, sa majorité absolue au Parlement et installer son candidat et dauphin désigné, l'ex-ministre de la Défense Joao Lourenço, dans le siège laissé vacant par le "camarade numéro 1".

Dès les premières heures du jour, les électeurs angolais se sont pressés dans les bureaux de vote de tout le pays, ouverts jusqu'à 17h00 GMT.

A la mi-journée, la Commission nationale électorale (CNE) n'y avait relevé aucun incident notable.

"J'ai voté pour ceux qui vont résoudre les problèmes du pays, j'ai voté pour le numéro 4", le MPLA, a indiqué Rui Francisco Joao, un forgeron de 33 ans qui a fait son devoir électoral dans une école de Bairo Popular, un quartier défavorisé de la capitale Luanda.

"Notre parti a commis quelques erreurs, mais nous allons changer", a-t-il ajouté.

"J'ai voté pour l'opposition parce que notre pays ne peut pas continuer dans la même direction, il faut que ça change", a estimé pour sa part Helder Domingos, 29 ans, un chômeur du même quartier. "Pour nous les jeunes, la situation est critique, il n'y a pas d'emplois".

Malgré une décennie de forte croissance depuis la fin de la guerre civile en 2002, l'Angola reste un des pays les plus pauvres de la planète.

- 'Besoin de changement' -

Il y a trois ans, la chute brutale des cours du pétrole, sa principale source de revenus, a précipité le pays dans la tourmente. Sa dette s'est creusée, sa monnaie a dégringolé, l'inflation et le chômage ont explosé.

Tout au long de leur campagne, les adversaires du régime ont insisté sur le ras-le-bol de plus en plus manifeste d'une bonne partie des 28 millions d'Angolais et plaidé pour l'alternance.

"Nous avons besoin de changement", a lancé Isaias Samakuva, le patron de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), en votant à Luanda. "Aujourd'hui est une date importante".

"Ça n'a pas de sens, quarante-deux ans après l'indépendance, de voir un pays très riche dont les enfants n'arrivent toujours pas à mener une vie heureuse", a insisté de son côté en sortant de l'isoloir le chef de la Casa-CE, Abel Chivukuvuku.

Ses adversaires reprochent à M. Dos Santos d'avoir mis en coupe réglée des pans entiers de l'économie du pays, confiés à sa famille ou des proches.

Sa milliardaire de fille Isabel, considérée comme la femme la plus riche d'Afrique, est devenue le symbole de cette "privatisation de l'Etat", selon le mot du journaliste d'opposition Rafael Marques de Morais. Son père en a fait l'an dernier le PDG de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol.

- Promesse de 'miracle' -

Très matinal mercredi, le président sortant, bientôt 75 ans, a déposé son bulletin dans l'urne dans une école du centre de la capitale, sans faire de déclaration.

Son très probable successeur l'a imité une heure après dans un autre bureau de vote de Luanda, confiant. "Je suis serein. Je vais rester calmement chez moi en attendant que mes collègues du parti m'informent des résultats", a déclaré M. Lourenço.

Apparatchik du MPLA sans grand charisme, ce général à la retraite de 64 ans a fait campagne en promettant de "corriger ce qui va mal".

Conscient du mécontentement ambiant, le MPLA a inondé ces derniers mois le pays de toute sa puissance financière de parti-Etat et multiplié les inaugurations de grands travaux, ponts ou de barrage.

"Ma mission sera de relancer l'économie du pays", a-t-il déclaré à la presse à la veille du scrutin. "Si j'y parviens, j'aimerais être reconnu dans l'histoire comme l'homme du miracle économique en Angola."

M. Lourenço a aussi promis de "combattre la corruption". Mais beaucoup doutent de sa volonté de s'attaquer au "système" de son prédécesseur.

Même usé par la maladie, M. Dos Santos doit rester président du MPLA jusqu'en 2022. Il a verrouillé sa sortie en faisant voter des lois qui lui assurent une large immunité judiciaire et gèlent pour des années toute la hiérarchie dans l'armée et la police.

Dans ce contexte d'usure du pouvoir et de crise, les analystes tablent sur un net recul électoral du MPLA, qui avait réuni 72% des voix il y a cinq ans.

Les premiers résultats du scrutin sont attendus d'ici vendredi.

Avec AFP

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Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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