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Dos Santos, président énigmatique et tout-puissant de l'Angola

Le président angolais Jose Eduardo dos Santos à Luanda, Angola, 17 août 2016.

Son sourire énigmatique cache une poigne de fer et un art consommé de la manipulation. Sans jamais avoir été directement élu, le président Jose Eduardo dos Santos est parvenu à diriger l'Angola sans partage pendant près de quarante ans.

A presque 75 ans, l'ancien rebelle marxiste a décidé de rendre le pouvoir à l'issue des élections générales prévues mercredi, usé par la maladie.

Sa retraite marque la fin d'un règne autoritaire dans un pays secoué par une grave crise économique, conséquence de la chute des cours du pétrole dont il est un des principaux producteurs africains.

Initialement considéré comme falot et sans envergure, José Eduardo dos Santos s'est révélé fin stratège pour s'accaparer, au gré de ses trente-huit ans de pouvoir, la quasi-totalité des leviers du pays.

Chef du parti au pouvoir, il dirige son gouvernement, commande l'armée et la police, nomme les juges, contrôle l'économie et la plupart des médias.

"Il est devenu le maître des chaises musicales en faisant passer ses fidèles d'un poste à un autre", souligne Didier Péclard, de l'université de Genève.

Même hors de ses frontières, il s'est imposé comme un des poids lourds du continent. Seul son homologue de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, le devance pour le titre de doyen en exercice de l'Afrique, d'un mois à peine.

M. dos Santos est crédité d'avoir sorti l'Angola de la guerre fratricide qui l'a ensanglanté jusqu'en 2002.

"Il est parvenu à préserver l'unité de l'Angola moderne, c'est là son principal héritage historique", résume Alex Vines, spécialiste de l'Afrique au centre de réflexions britannique Chatham House.

- Népotisme -

Mais cette réussite a eu pour revers le clientélisme et la corruption.

"Il n'a pu tenir le pouvoir après la guerre civile qu'en déversant les milliards de dollars du pétrole", note Benjamin Augé, de l'Institut français des relations internationales (Ifri), "il a surtout eu la chance de bénéficier de fonds illimités à cette période".

Le boom pétrolier angolais a nourri à partir des années 2000 une forte croissance qui a permis la construction de routes ou d'hôpitaux. Mais il n'a bénéficié qu'à une infime partie de la population.

Selon ses opposants, la famille de "Zedu", le surnom du président, figure au premier rang des "profiteurs".

Dans leur ligne de mire, sa fille Isabel, surnommée la "princesse" et considérée comme la femme la plus riche d'Afrique par le magazine américain Forbes. Propriétaire de pans entiers de l'économie, elle a été bombardée l'an dernier aux commandes de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol.

"Le président a privatisé l'Etat au profit de sa famille et d'une poignée de proches", dénonce le journaliste d'opposition Rafael Marques de Morais.

"Ces individus ne pensent qu'à mettre les ressources du pays à leur entière disposition pour vivre comme les gens les plus riches de la planète sans se préoccuper du sort du peuple".

Né le 28 août 1942 d'une famille modeste, M. dos Santos a grandi dans le "barrio" de Sambizanga.

Dans ce bidonville de la capitale, noyau de la lutte contre la puissance coloniale portugaise, ce fils de maçon adhère en 1961 au Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), mais ne fait qu'un bref passage dans la lutte armée.

- 'Faux démocrate' -

Deux ans plus tard, il obtient une bourse pour étudier en Azerbaïdjan où il décroche un diplôme d'ingénieur et épouse une Soviétique. Aujourd'hui marié à Ana Paula, une ex-hôtesse de l'air de 18 ans sa cadette, il est père de plusieurs enfants.

Dans les années 1970, il entre au Comité central du MPLA et devient ministre des Affaires étrangères de l'Angola à son indépendance en 1975.

Dauphin du premier président angolais Agostinho Neto, il est nommé vice-Premier ministre, puis ministre du Plan. A la mort de son mentor en 1979, il devient président du MPLA et du pays.

Il n'a depuis plus lâché le pouvoir, sans jamais être directement élu.

En 1992, la présidentielle est annulée entre les deux tours après des accusations de fraude de son rival, le rebelle Jonas Savimbi. Une autre élection prévue en 2008 n'aura jamais lieu et la Constitution de 2010 lui permet d'être reconduit deux ans plus tard en tant que chef du MPLA, vainqueur des législatives.

Ses adversaires politiques crient à la "dictature", lui s'en défend. "Nous sommes un pays démocratique. Nous avons plusieurs partis", plaide-t-il en 2013.

"C'est un vrai despote, un faux démocrate", tranche le rappeur Adao Bunga "McLife", du Mouvement révolutionnaire pour l'Angola.

Il y a trois ans, il a confié sa lassitude du pouvoir lors d'un de ses rares entretiens à la presse et qualifié son règne de "trop long". Trois ans plus tard, il annoncera lui-même sa retraite politique pour 2018.

Sa mauvaise santé, plus évidente à chacune de ses sorties, l'a contraint à la précipiter. Son long mandat de chef de l'Etat s'achève cette semaine.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

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