Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

USA: "victoire" après 41 heures de cessez-le-feu à Baltimore

Des responsables de la police s'adressent à la presse après une fusillade entre gangs armés, Baltimore, Maryland, le 24 septembre 2016.

Erricka Bridgeford désigne le carrefour à Baltimore où son cousin a été tué par balle en 2015. Le week-end dernier, cette femme a impulsé dans la ville américaine, rongée par les gangs, un "cessez-le-feu" de... 41 heures.

Le mot d'ordre, sur des affiches placardées dans la cité portuaire à l'est des Etats-Unis, était simple: "Nobody kill anybody for 72 hours" (Personne ne tue qui que ce soit durant 72 heures). Soit de vendredi à dimanche.

Mais, dès samedi, un homme de 24 ans a été mortellement touché par un tir, suivi d'un autre quelques heures plus tard. Deux meurtres qui n'effacent pas le "succès" remporté, assurent les organisateurs.

"41 heures de paix dans une ville qui perd des gens toutes les 19 heures, c'est énorme!", se réjouit Mme Bridgeford, qui a grandi dans ces rues devenues les plus dangereuses du pays.

Certains mois, le nombre d'homicides à Baltimore dépasse celui des jours: les victimes sont surtout des Noirs, tués par d'autres Noirs.

Résultat, un jeune Noir à Baltimore risque autant de perdre la vie qu'un soldat américain en Irak en pleine insurrection sunnite. La ville pourrait compter plus de 400 homicides fin 2017, un record national si on le rapporte aux 600.000 habitants.

A l'âge de 12 ans, Erricka Bridgeford a vu se vider de son sang un jeune garçon de son quartier, touché par un tir. Puis, au lycée, elle a perdu "au moins deux ou trois amis".

Deux de ses trois frères ont reçu des balles. Le premier a miraculeusement survécu en 2001, l'autre est décédé en 2007. Les armes à feu ont également pris la vie de deux de ses cousins et de son beau-fils.

- Obsèques en série -

"Je me rends à environ trois ou quatre enterrements par an", relate la femme noire de 44 ans.

Elle est persuadée que le week-end de cessez-le-feu, qu'elle a préparé depuis des mois, a permis de sauver au moins deux vies.

Mais, plus important, la ville est selon elle gagnée par une prise de conscience. "Nous avons créé une sorte de nouvelle énergie", dit-elle.

De l'énergie, il en faudra pour éradiquer les racines de la violence: l'extrême pauvreté, les dépendances aux drogues et aux médicaments opiacés, la dissémination des armes à feu, la rivalité entre les gangs, l'enchaînement des représailles.

Dans certains quartiers à la dérive à l'est de Baltimore, les maisons murées s'achètent pour 7.000 dollars, quand ceux qui travaillent amassent péniblement 15.000 dollars par an, détaille Gardnel Carter, directeur d'une antenne locale de Safe Streets, un programme de lutte contre la violence.

Les jeunes en quête d'évasion, explique-t-il, ne voient comme débouchés que les appareils électroniques et les drogues.

L'héroïne a laissé place aux médicaments antalgiques de synthèse, normalement vendus sur ordonnance.

"Il y a des gens de plus en plus jeunes qui y sont accros. Ils errent comme des zombies, en plus de leurs problèmes mentaux déjà existants", décrit M. Carter, qui a été emprisonné vingt ans pour meurtre.

- Défiance envers la police -

Barbe fournie et lunettes noires sur les yeux, Jamal, 28 ans, est assis désoeuvré dans une rue où les quelques commerces sont majoritairement gérés par des Hispaniques ou des Asiatiques.

Le trafic de drogue est omniprésent, avertit-il.

"Je vois la bosse formée par l'arme (sous les vêtements) de cet homme, mais je ne vais pas appeler la police car cela mettrait ma vie en danger", confie-t-il. "C'est comme ça que j'ai survécu si longtemps".

La confiance entre la police et les habitants des quartiers paupérisés de Baltimore a été durablement entamée par l'affaire Freddie Gray. Le 12 avril 2015, ce Noir de 25 ans avait subi une blessure mortelle aux cervicales lors de son transport dans un fourgon policier. La ville avait été agitée par des émeutes.

Plus récemment, des policiers ont été accusés d'avoir confectionné des fausses preuves en déposant des drogues chez un suspect.

Une polémique alors que la police réfléchit à des stratégies inédites pour endiguer les homicides. Une piste serait de punir d'un an de prison toute détention illégale d'arme à feu.

Baltimore veut aussi s'équiper d'un réseau de capteurs acoustiques qui localiserait en temps réel les coups de feu.

- Mieux protégé... en prison -

De façon paradoxale, les autorités se demandent si une façon d'éviter la mort brutale de futures victimes serait de maintenir ces dernières... derrière les barreaux.

"Il faut parfois protéger les gens contre eux-mêmes. Au moment de leur décès dans la rue, de nombreuses personnes auraient pu être en prison si elles avaient reçu une peine plus sévère", explique à l'AFP T.J. Smith, le porte-parole de la police de Baltimore.

Plus de 85% des victimes avaient un casier judiciaire, ajoute-t-il.

Pour lui, le cessez-le-feu n'a "absolument pas été un échec", en raison du coup de projecteur positif suscité par l'initiative.

M. Smith est devenu le visage qui annonce chaque nouvelle fusillade, ses victimes et ses auteurs quand ils sont interpellés. Il n'oubliera jamais le 173e mort de l'année 2017: son propre frère, tué par balle.

"Etre du côté de la victime, bien sûr que c'est différent", confesse-t-il. "C'est autrement douloureux que de parler au pupitre d'un étranger".

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Destituer Trump? Le dilemme des démocrates

De la gauche vers la droite, les députées democrates Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib, à Capitol Hill à Washington, le 26 février 2019.

Les démocrates américains restaient divisés dimanche sur les risques politiques d'une procédure de destitution du président Donald Trump pour entrave à la justice, un délit qu'ils estiment prouvé par le rapport du procureur spécial Robert Mueller.

Mais, dans l'optique de la réélection en 2020, le camp républicain et le président profitaient du fait que Robert Mueller n'avait lui-même pas recommandé de poursuites pénales pour serrer les rangs et tenter de tourner la page russe.

"C'est une décision très difficile", a dit dimanche le démocrate Adam Schiff, chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, la chambre basse du Congrès que les démocrates contrôlent depuis janvier.

"Peut-être que nous irons jusque-là, peut-être pas", a dit le président de cette commission qui serait chargée de lancer les hostilités, Jerry Nadler. D'abord, il faut "évaluer toutes les preuves", a-t-il dit sur NBC.

Selon la Constitution, la procédure d'"impeachment" commence à la Chambre: ses élus peuvent voter une mise en accusation, auquel cas il reviendrait au Sénat de juger le président afin de le destituer ou de l'acquitter. Mais le Sénat est à majorité républicaine...

"Il est certain qu'une destitution échouerait si le parti républicain continuait à faire passer le parti avant le pays et à soutenir le président quels que soient ses manquements éthiques et sa malhonnêteté", a reconnu Adam Schiff.

A quoi bon plonger le pays dans une bataille perdue d'avance, à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle? s'interrogent de nombreux démocrates.

A ce jour, la sénatrice Elizabeth Warren, candidate aux primaires présidentielles, est la principale figure démocrate à avoir appelé au lancement de cette procédure, mais elle est isolée. Un seul des 17 autres candidats, Julian Castro, l'a aussi fait.

Le sénateur Cory Booker, par exemple, a dit dimanche que l'heure n'était pas venue, et qu'il voulait d'abord avoir entendu Robert Mueller en audition parlementaire. Les autres évitaient le sujet.

- Moral? -

Le rapport Mueller est un extraordinaire document, élaboré grâce à plus de 2.800 requêtes judiciaires de documents, plus de 500 mandats de perquisition et environ 500 témoins interrogés, dont de nombreux membres de l'entourage du président (Donald Trump n'a répondu aux questions des enquêteurs que par écrit).

Le grand paradoxe est que le procureur Mueller détaille sur des dizaines de pages dix tentatives d'entrave à ses investigations, dont quantité de mensonges et de manigances pour induire en erreur la presse et le grand public... Mais il n'a pas recommandé de poursuites, puisqu'un président en exercice ne peut être inculpé, laissant donc au Congrès la responsabilité de tirer les conclusions du rapport.

"Quand est-ce que Mueller est devenu Dieu?" a demandé sur Fox News l'avocat du président, Rudy Giuliani, qui a fait une tournée de victoire dans plusieurs émissions politiques dominicales.

Comme lui, le camp Trump effectue une analyse sélective du rapport Mueller. Il rejette d'une part comme fantaisistes les multiples éléments à charge découverts par les enquêteurs, mais fait valoir d'autre part que le procureur spécial n'a pas conclu qu'un délit avait été commis.

L'unité républicaine n'est toutefois pas totale. Le sénateur Mitt Romney, critique régulier de Donald Trump, s'est dit vendredi "écoeuré par l'étendue et l'ampleur de la malhonnêteté et des errements d'individus occupant la plus haute fonction du pays, y compris le président".

L'ancien candidat à la Maison Blanche faisait notamment référence au fait que l'entourage du président, dont l'un de ses fils, ait accepté de rencontrer des Russes disant disposer d'informations compromettantes sur Hillary Clinton.

"Il n'y a rien de mal à recevoir des informations des Russes. Cela dépend d'où elles viennent", a dit Rudy Giuliani sur CNN. "Il n'y pas de délit".

Mais est-ce moral?, lui a demandé le journaliste.

"Les procureurs ne s'intéressent pas à la moralité", a répondu l'avocat, ancien maire de New York.

Une conseillère du président, Kellyanne Conway, affichait le même pragmatisme: "Les gens se souviendront de cette semaine comme de celle où il a été réélu", a-t-elle affirmé sur ABC.

Avec AFP

Des réalisateurs en herbe

Des réalisateurs en herbe
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:38 0:00

Une équipe de chiens robotiques tire un camion massif dans le Massachusetts

Une équipe de chiens robotiques tire un camion massif dans le Massachusetts
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:03 0:00

Des randonnées pour le sport et le plaisir

Des randonnées pour le sport et le plaisir
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:59 0:00

Rapport Meuller: les démocrates toujours sceptiques

Rapport Meuller: les démocrates toujours sceptiques
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:11 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG