Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Un quarterback américain refuse de se lever lors de l'hymne national

Le quarterback Colin Kaepernick de l'équipe des 49ers de San Francisco, salue le quarterback de Green Bay Packers, Aaron Rodgers, à Santa Clara, Californie, le 27 août 2016.

Ayant refusé de se lever pour l'hymne national, le joueur de football américain Colin Kaepernick se voit reprocher de bafouer un symbole et de politiser son sport, mais il s'inscrit aussi dans une lignée d'athlètes protestataires noirs qui ont marqué les Etats-Unis.

La polémique a pris une dimension nationale, Donald Trump qualifiant lundi d'"exécrable" la posture de Kaepernick, lui conseillant de "chercher un pays mieux adapté".

Que reproche exactement le candidat républicain à la Maison Blanche au meneur de jeu des San Francisco 49ers ? D'être resté assis tandis que retentissaient les notes de "La Bannière étoilée" dans le Levi's Stadium, où son équipe accueillait vendredi soir les Green Bay Packers.

La tradition veut que joueurs, entraîneurs et spectateurs se lèvent et se découvrent la tête pour entonner l'hymne, regard tourné vers le drapeau, dans un moment de communion patriotique.

Mais Colin Kaepernick, métis de 28 ans, n'a pas quitté son banc.

"Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d'un pays qui opprime les Noirs", a justifié le quarterback, dont le père biologique était noir mais qui a été adopté et élevé par un couple de Blancs.

La Maison Blanche s'est clairement démarquée du sportif, en lui reconnaissant toutefois le droit de professer ses opinions.

Le joueur a explicitement fait référence à de récents abus policiers ayant causé la mort brutale de Noirs non armés: "Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s'en tirent avec leurs congés payés".

Dans un pays où la liberté d'expression est protégée par le premier des amendements constitutionnels, Kaepernick n'a que répété ce que nombre d'artistes ou militants dénoncent.

L'exemple LeBron James

Quant à la teneur de son propos, il a simplement emboîté le pas à d'autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence par armes à feu, parmi lesquels les stars du basket Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony.

Mais, contrairement à ces piliers de la NBA, Kaepernick a délivré son message à une minute symbolique. Aux Etats-Unis on ne s'attaque pas impunément au Stars and Stripes (le drapeau) ou au Star-Spangled Banner (l'hymne national).

La chanteuse Sinead O'Connor en avait fait les frais en 1990, après avoir exclu de se produire dans le New Jersey si l'hymne américain était joué en préambule. L'Irlandaise avait été la cible d'une campagne de rejet, bannie par plusieurs radios.

Un quart de siècle plus tard, Colin Kaepernick se retrouve vilipendé sur les réseaux sociaux, des Américains exigeant de la Ligue nationale de football américain (NFL) sa suspension, voire son licenciement.

Dans une lettre adressée à la NFL et aux 49ers, le président de l'Association des policiers de San Francisco a dénoncé les "déclarations intempestives" de Kaepernick et demandé des excuses.

Autodafé de maillot

Des internautes se sont filmés en train de brûler le maillot du quarterback, qui avait pourtant conduit San Francisco jusqu'au Super Bowl 2013 (défaite contre Baltimore 34-31) avant de perdre sa place de titulaire l'an dernier. D'autres ont publié des photos de soldats amputés des jambes, debout sur leurs prothèses.

Pour l'instant, le joueur aux bras tatoués semble pouvoir compter sur le soutien de son club.

"Nous reconnaissons le droit à tout individu de choisir de participer, ou non, à la célébration de notre hymne national", ont fait savoir les 49ers, qui ont remporté le Super Bowl à cinq reprises.

Mais, au regard de précédents historiques, Colin Kaepernick peut s'attendre à naviguer en mer agitée un bon bout de temps. D'autant qu'il a promis de continuer à s'asseoir pour les prochains matches.

Né Chris Jackson et converti à l'islam, l'ancien pro de la NBA Mahmoud Abdul-Rauf avait aussi refusé de saluer le drapeau lors de la saison 1995-1996. Suspendu pour une rencontre, il avait vu sa relation avec le public se détériorer irrémédiablement.

Kaepernick suivra-t-il le même chemin? Y compris dans sa famille du football américain, son attitude divise.

Se lever pour l'hymne national "est l'occasion de témoigner son respect à ceux qui servent le pays", a affirmé Rex Ryan, le coach des Buffalo Bills, une équipe de l'Etat de New York.

Avant Kaepernick d'autres champions porteurs d'un message politique ont connu la controverse, voire la déchéance.

Inhumé en juin entouré d'hommages planétaires, la légende de la boxe Mohamed Ali avait payé de plusieurs années d'interruption de carrière son refus d'aller combattre au Vietnam.

Egalement gravés dans la mémoire collective sont les poings gantés de noir de Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 mètres des jeux Olympiques de Mexico de 1968.

Ces deux athlètes, dénonçant la ségrégation raciale théoriquement abolie mais encore bien présente alors, ont été boycottés par les médias et honnis durant des décennies, avant d'être réhabilités tardivement.

Dans une interview au magazine canadien Maclean's, Tommie Smith a apporté son appui à Kaepernick. "Colin a fait une déclaration très importante et non polémique sur la réalité de la société dans laquelle il vit", a-t-il affirmé.

Avec AFP

Toutes les actualités

Décès de la juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour suprême américaine

Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des États-Unis, s'exprime à l'Université de Californie à Berkeley, à Berkeley, Californie, le 21 octobre 2019. (Photo AP/archives)

La juge Ruth Bader Ginsburg, l’une des 9 de la Cour suprême, est décédée vendredi à l’âge de 87 ans d’un cancer du pancréas, selon une déclaration de la plus haute juridiction américaine.

Mme Ginsburg est morte à son domicile à Washington entourée des membres de sa famille.

Très adulée par la gauche américaine, Mme Ginsburg avait été nommée à la Cour suprême par le président Bill Clinton en 1993.

Elle a été la deuxième femme nommée à la Cour, après Sandra Day O’connor.

Elle y a siégé pendant plus de 27 ans.

"Notre nation a perdu une juriste d'une stature historique. À la Cour suprême, nous avons perdu une collègue très chère. Aujourd'hui, nous sommes en deuil, mais avec la certitude que les générations futures se souviendront de Ruth Bader Ginsburg telle que nous l'avons connue: une championne infatigable et résolue de la justice", a déclaré le juge John G. Roberts, président de la Cour suprême.

Selon les lois américaines, il revient au président américain de nommer un remplaçant, avec l’avis du sénat.

Trump et Biden s'affrontent par écrans interposés

Trump et Biden s'affrontent par écrans interposés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:26 0:00

L'administration Trump va limiter l'accès aux applications WeChat et TikTok

L'application de messagerie WeChat et l'application vidéo courte TikTok sont visibles près des drapeaux chinois et américain dans cette photo d'illustration prise le 7 août 2020. REUTERS/Florence Lo/Illustration/File Photo

L'administration Trump a annoncé vendredi que l'accès à deux applications chinoises, WeChat et TikTok, sera limité aux États-unis pour des raisons de sécurité.

L’interdiction, qui ne concerne que les nouveaux téléchargements et les mises à jour, entre en vigueur dès dimanche. Mais TikTok bénéficie d'un délai supplémentaire, jusqu'au 12 novembre.

Cela permet à l'entreprise non seulement de continuer à fonctionner jusqu'après les élections américaines du 3 novembre, mais ce délai additionnel lui permet aussi de conclure un accord avec Oracle qui cherche a reprendre le contrôle de ses opérations en territoire américain.

Si un accord de vente est conclu, l'application devrait continuer d'opérer aux États-Unis.

"Bien que les menaces posées par WeChat et TikTok ne soient pas identiques, elles sont similaires... Chacun participe activement à la fusion civilo-militaire de la Chine et est soumis à une coopération obligatoire avec les services de renseignement du Parti communiste chinois", lit-on dans une déclaration du ministère américain du commerce.

Pour rappel, WeChat est l’équivalent de Twitter : une plateforme de micromessagerie avec en prime des facilités intégrées de paiement électronique.

TikTok pour sa part permet de partager des vidéos originales de courte durée. L’application est surtout populaire chez les jeunes.

Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

Donald Trump ne se rendra pas en personne à l'Assemblée générale de l'ONU

Le président américain Donald Trump prend la parole lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 24 septembre 2019.

Le président américain Donald Trump ne sera pas présent à l'Assemblée générale de l'ONU prévue la semaine prochaine, contrairement à ce qu'il affirmait le mois dernier, a indiqué son chef de cabinet Mark Meadows aux journalistes à bord d'Air Force One.

Le président fait ainsi volte-face alors que le mois dernier, il a dit vouloir tenir son discours dans la salle de l'Assemblée générale à New York, quoique les dirigeants des autres pays ne participeront pas en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

Les principales activités de la 75e session de l'Assemblée générale de l'ONU, avec des discours successifs de chefs d'Etat, se dérouleront notamment par visioconférence du 21 au 29 septembre.

Dans son discours mardi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a mis en évidence comme objectifs cette année le combat global contre la pandémie de Covid-19 ainsi que "la paix et la sécurité, le désarmement, les droits humains, l'égalité des sexes et le développement durable".

Voir plus

XS
SM
MD
LG