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Présidentielle américaine: Clinton à l'attaque avant le New Hampshire

Hillary Clinton est montée à l'attaque jeudi soir contre son adversaire démocrate Bernie Sanders dans la course à la Maison Blanche, l'accusant de salir sa réputation et qualifiant ses idées d'irréalistes.

Les deux démocrates se sont affrontés dans un débat télévisé de deux heures dans le New Hampshire, qui organise ses élections primaires mardi.

Le sénateur du Vermont, qui prêche une révolution politique, y est donné largement en tête dans les sondages. Le dernier publié jeudi (NBC/Wall Street Journal/Marist) lui donnait 58% des intentions de vote contre 38% à Mme Clinton.

L'ancienne secrétaire d'Etat s'est positionnée jeudi soir comme "une progressiste qui fait avancer les choses", et a affirmé qu'elle partageait avec M. Sanders "de très importants objectifs progressistes", notamment en matière de salaire minimum, de santé ou de baisse du coût de l'éducation. "Mais les chiffres ne collent pas dans ce que le sénateur Sanders propose", a-t-elle déclaré.

"Je veux imaginer un pays où les salaires des gens reflètent leur dur travail, et où tout le monde a une assurance maladie", a déclaré Mme Clinton. Mais, a-t-elle ajouté, "je ne fais pas des promesses que je ne peux pas tenir".

M. Sanders, qui réclame une assurance maladie universelle et l'université gratuite pour tous, en promettant de taxer plus lourdement les bénéfices de Wall Street, a rejeté l'idée que ses mesures soient irréalistes, soulignant notamment qu'elles existaient "dans de nombreux pays".

Jusqu'à présent courtois si on le compare aux insultes qu'échangent les républicains, le ton entre Mme Clinton et M. Sanders s'est nettement tendu jeudi soir.

Mme Clinton a accusé M. Sanders de salir sa réputation, par des insinuations, notamment sur ses liens avec Wall Street.

- Attaques indignes -

"Je pense qu'il est temps d'arrêter cet habile dénigrement que vous et votre campagne menez ces dernières semaines et de discuter des sujets qui nous divisent", a rétorqué Mme Clinton. "Je n'ai jamais changé de vote à cause d'un don que j'ai reçu".

"Je ne pense pas que ce genre d'attaques par insinuations soient dignes de vous. Assez, c'est assez", a-t-elle ajouté. Répétant à plusieurs reprises: "Regardez mon bilan, regardez ce que je propose".

M. Sanders l'a accusée de faire partie de l'establishment démocrate, se présentant lui comme le représentant des Américains ordinaires.

Et il a affirmé que les milliardaires minaient la démocratie américaine, en injectant des sommes illimitées dans la campagne.

"Je suis le seul candidat qui n'a pas de super PAC", comité d'action politique qui finance les campagnes des candidats, a-t-il martelé, soulignant qu'il avait reçu 3,5 millions de contributions, d'une moyenne de 27 dollars.

Le New Hampshire est le deuxième Etat à voter pour départager les candidats républicains et démocrates à la présidentielle, après l'Iowa (centre).

Dans l'Iowa, Mme Clinton, l'ultra favorite de l'establishment démocrate, l'a emporté de très juste face à M. Sanders (49,8% à 49,6%), galvanisant la campagne de ce dernier.

Le sénateur du Vermont a levé plus de fonds qu'elle en janvier, 20 millions de dollars contre 15 millions.

Dans le New Hampshire, Mme Clinton espère faire mieux que les sondages, ce qui lui permettrait d'aborder sereinement les prochains Etats du Nevada (ouest) et de Caroline du Sud (sud-est), qui lui sont plus favorables.

Le débat de deux heures à l'université du New Hampshire à Durham était le premier à opposer seulement Mme Clinton et M. Sanders. Le troisième candidat démocrate, Martin O'Malley, a abandonné après l'Iowa.

Dans le New Hampshire, les indépendants peuvent participer aux primaires démocrates ou républicaines. M. Sanders, 74 ans, est aussi nettement en tête face à Mme Clinton, 68 ans, chez ces électeurs (69% à 26%), ainsi que chez les jeunes (76% à 24%), selon le sondage NBC/Wall Street Journal/Marist.

Les républicains voteront aussi pour leurs primaires mardi dans le New Hampshire, et Donald Trump, battu dans l'Iowa par le sénateur ultra conservateur Ted Cruz, et talonné par Marco Rubio, va lui aussi devoir confirmer les sondages qui le donnent gagnant.

Les experts estiment qu'une nouvelle défaite porterait un coup très dur à l'image de gagnant qu'il a mise en avant. Les sondages le donnent actuellement 21 points devant le télégénique sénateur de Floride Marco Rubio, le sénateur du Texas Ted Cruz arrivant en troisième position.

(Avec AFP)

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Affaire ukrainienne : l’ambassadeur William Taylor contredit le président Trump

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Trump a lié aide à l'Ukraine et enquête sur Biden, témoigne un diplomate

Bill Taylor, chargé d'affaires américain en Ukraine, à son arrivée au Congrès à Washington, États-Unis, le 22 octobre 2019. REUTERS / Tom Brenner

Donald Trump a conditionné le déblocage d'une aide financière pour l'Ukraine à l'ouverture par Kiev d'enquêtes aux motivations politiques qu'il réclamait, a déclaré le plus haut diplomate américain en Ukraine mardi devant le Congrès, selon le Washington Post.

William Taylor, chargé d'affaires à l'ambassade des Etats-Unis en Ukraine, témoignait à huis clos devant les trois commissions de la Chambre des représentants qui mènent l'enquête dans le cadre de la procédure de destitution ("impeachment") lancée contre Donald Trump. L'ancien officier de l'armée a déclaré avoir été informé par Gordon Sondland, l'émissaire américain auprès de l'Union européenne, que Donald Trump avait lié le déblocage d'une aide financière à l'annonce publique par son homologue ukrainien Volodimir Zelenski de l'ouverture d'une enquête contre Joe Biden et son fils Hunter Biden. Zelenski a répondu favorablement à la demande du chef de la Maison blanche, et l'aide américaine a par la suite été débloquée.

Ce témoignage vient contredire les propos de Donald Trump selon lequel il n'y a eu aucune contrepartie demandée pour le versement des 391 millions de dollars destinés à aider Kiev à faire face aux séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine - une aide que le président républicain avait bloquée après qu'elle fut approuvée par le Congrès.

"Il n'y a pas eu de quid pro quo. C'était encore aujourd'hui des ouï-dire et des fuites sélectives dans le cadre d'auditions aux motivations politiques, à huis clos et opaques de la part des démocrates", a déclaré la porte-parole de la Maison blanche, Stephanie Grisham.

Les démocrates estiment que Donald Trump est passible d'une destitution pour avoir demandé à un dirigeant étranger d'enquêter sur Joe Biden, ex-vice-président de Barack Obama et candidat à l'investiture démocrate que Trump pourrait donc affronter lors de l'élection présidentielle de novembre 2020.

L'enquête a été ouverte après qu'un membre des services du renseignement américain a lancé l'alerte sur une conversation téléphonique en juillet dernier entre Trump et Zelenski, accusant le président républicain d'avoir fait pression pour que l'Ukraine enquête sur Biden.

Durant son audition, William Taylor a souligné que l'idée de bloquer une aide militaire au profit d'une campagne politique domestique était selon lui une "folie". Il a dit que Trump avait aussi demandé à Zelenski d'annoncer l'ouverture d'une enquête sur une interférence présumée de l'Ukraine dans l'élection présidentielle américaine de 2016 - quand bien même les services du renseignement américains et l'enquête du procureur spécial Robert Mueller ont conclu à une ingérence de la Russie destinée à nuire à la candidate démocrate Hillary Clinton au profit de Trump.

Celui qui fut ambassadeur des Etats-Unis à Kiev de 2006 à 2009 a indiqué que l'administration Trump avait établi un "canal clandestin et informel pour l'élaboration de la politique américaine" qui allait à l'encontre des objectifs diplomatiques énoncés. Taylor a précisé que ce canal alternatif était composé notamment de l'avocat personnel du président, Rudy Giuliani, de l'ex-émissaire spécial pour l'Ukraine, Kurt Volker, et de Gordon Sondland.

Avec Reuters

Des troupes américaines entrent en Irak depuis la Syrie

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L'enquête antitrust des Etats américains contre Facebook prend de l'ampleur

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, le 19 septembre 2019 à Capitol Hill, Washington, DC, USA.

Ils n'étaient même pas 10 ; ils sont désormais 45 Etats américains à enquêter sur la gestion des données personnelles et les pratiques commerciales de Facebook, déjà sous le coup de plusieurs investigations des autorités aux Etats-Unis.

"Après des entretiens avec des procureurs des deux bords politiques dans tous le pays, j'annonce aujourd'hui que nous avons largement étendu la liste d'Etats, districts et territoires qui enquêtent sur de potentielles infractions au droit de la concurrence par Facebook", a déclaré mardi Letitia James, procureure générale de l'Etat de New York.

La coalition qui a lancé cette vaste enquête début septembre compte désormais 47 procureurs généraux, "tous inquiets que Facebook ait pu mettre en danger les données des consommateurs, ait réduit la qualité des choix s'offrant à eux, et augmenté le prix de la publicité", a-t-elle ajouté.

"Facebook a joué un rôle majeur dans le façonnement de l'économie numérique mondiale (...)", argumente Dana Nessel, procureure général du Michigan. "Aujourd'hui nos données personnelles constituent la principale matière première de cette économie, (...) et il est de mon devoir de m'assurer que les résidents du Michigan ne continuent pas à voir leurs données personnelles pillées par un acteur monopolistique en quête de contrôle des plateformes sociales et des marchés publicitaires".

Le géant américain des réseaux sociaux a vu les fronts judiciaires se multiplier aux Etats-Unis cet été, comme d'autres entreprises de la Silicon Valley (Google et Apple notamment).

Début juin, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a annoncé l'ouverture d'une enquête, soutenue par des élus des deux partis, sur "la concurrence sur le marché numérique".

Au niveau fédéral, une vaste enquête sur d'éventuelles pratiques anti-concurrentielles des grands groupes technologiques a été lancée fin juillet par le ministère de la Justice.

A la même période, Facebook écopait d'une amende record de 5 milliards de dollars, infligée par la FTC, l'autorité américaine de régulation des communications, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.

La firme de Menlo Park est aussi très présente dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2020. La sénatrice américaine Elizabeth Warren, candidate à l'investiture démocrate, prône un démantèlement des géants technologiques.

Mais pour Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, diviser son entreprise ne résoudrait pas les problèmes évoqués. "Si elle est élue présidente, je parie que nous aurons un combat judiciaire, et je parie que nous le gagnerons", a-t-il dit à ses employés lors d'une session de questions-réponses interne, diffusée ensuite sur son réseau.

L'action du groupe perdait 3% à Wall Street.

Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

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