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Une crise politique émaillée de violences en RDC


Des policiers couverts de masque lancent des gaz lacrymogènes lors des affrontements avec des manifestants opposés au référendum constitutionnel à Kinshasa, 16 décembre 2005.

Le probable report à 2019 de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo est le dernier épisode de la crise politique née de la volonté prêtée au président Joseph Kabila de rester au pouvoir.

Un projet de loi enflamme Kinshasa

Le 17 janvier 2015, l'Assemblée adopte un projet de loi électorale susceptible d'entraîner un report de la présidentielle et permettre à M. Kabila de rester au-delà de son deuxième et dernier mandat, la Constitution lui interdisant de se représenter.

Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011.
Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011.

Les jours suivants des manifestations éclatent à Kinshasa et dans plusieurs autres villes, dégénérant en émeutes et pillages. La répression fait plusieurs dizaines de morts.

Le 25 janvier, le Parlement vote un texte sans la disposition la plus controversée, mais d'après l'opposition d'autres articles pourraient entraîner un "glissement" du calendrier électoral.

En décembre, l'ONU dénonce "des menaces, des arrestations et détentions arbitraires".

Kabila autorisé à rester

Le 11 mai 2016, la Cour constitutionnelle autorise M. Kabila à rester au-delà du terme de son mandat si la présidentielle n'est pas organisée avant le 20 décembre. Une "imposture" selon l'opposition.

Des policiers déployés près de la cour constitutionnelle à Kinshasa, 19 décembre 2016.
Des policiers déployés près de la cour constitutionnelle à Kinshasa, 19 décembre 2016.

Le 10 juin près de Bruxelles, l'opposition s'unit dans une nouvelle structure, "Rassemblement".

Le 31 juillet, l'opposant historique Étienne Tshisekedi, rentré après deux ans en Belgique, exige une présidentielle avant la fin de l'année et le départ de Kabila.

Violences et pillages

Les 19 et 20 septembre, des violences éclatent à Kinshasa entre forces de l'ordre et jeunes, faisant plusieurs dizaines de morts. Des pillages et des incendies criminels visent des bâtiments publics et des permanences de partis de la majorité.

Le "Rassemblement" des partis d'opposition avait appelé à manifester pour signifier à M. Kabila son "préavis", trois mois avant la fin de son mandat.

Accord de sortie de crise

Le 20 décembre, dernier jour du mandat présidentiel, des affrontements entre forces de l'ordre et jeunes opposants provoquent au moins 40 morts selon l'ONU.

Mgr Fridolin Ambongo, membre de la Conférence épiscopale nationale du Congo, signe l’accord politique en vue de la tenue des élections en décembre 2017, au Centre interdiocésain catholique de Kinshasa, à Kinshasa, 31 décembre 2016.
Mgr Fridolin Ambongo, membre de la Conférence épiscopale nationale du Congo, signe l’accord politique en vue de la tenue des élections en décembre 2017, au Centre interdiocésain catholique de Kinshasa, à Kinshasa, 31 décembre 2016.

Le 31 décembre des négociations sous l'égide des évêques catholiques congolais aboutissent à l'accord dit de la Saint-Sylvestre, autorisant M. Kabila à rester jusqu'à la "fin 2017", en contrepartie de la création d'un Conseil national de transition (CNT) et la nomination d'un Premier ministre issu de la coalition de l'opposition.

Le 1er février 2017, Étienne Tshisekedi décède à Bruxelles.

Le 7 avril 2017, Bruno Tshibala, dissident de l'UDPS (le parti fondé par Tshisekedi), est nommé Premier ministre.

Une élection qui tarde à se concrétiser

En juin, Moïse Katumbi, riche homme d'affaires passé dans l'opposition en 2015, porte plainte auprès de l'ONU contre le gouvernement, l'accusant de vouloir l'empêcher de se présenter.

Moise Katumbi, ex-gouverneur de la République démocratique du Congo, de retour dans sa province, pour une conférence de deux jours sur la mine à Goma, le 24 mars.
Moise Katumbi, ex-gouverneur de la République démocratique du Congo, de retour dans sa province, pour une conférence de deux jours sur la mine à Goma, le 24 mars.

Les évêques catholiques invitent les Congolais à se mobiliser pour l'application intégrale de l'accord de sortie de crise.

Le 7 juillet, le président de la Commission électorale affirme que l'organisation de l'élection ne sera "pas possible" avant la fin de l'année.

Des manifestations pour tenter d'obtenir le départ du chef de l'Etat sont organisées en juillet et en août.

Fin août les autorités promettent de publier "incessamment" un calendrier électoral "réaliste" après avoir recensé plus de 40 millions d'électeurs (98,9%). Mais l'opération a pris du retard dans les deux provinces du Kasaï, en proie à des violences.

Report de l'élection à 2019

Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante de la RDC, 12 mai 2017.
Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante de la RDC, 12 mai 2017.

Fin septembre l'ONU demande à la RDC de publier "dès que possible" un calendrier électoral "réaliste".

Le 11 octobre la Commission électorale indique discrètement qu'il n'y aura pas de présidentielle avant 2019, affirmant qu'elle a besoin d'au moins 504 jours après la fin du recensement des électeurs, toujours en cours dans le Kasaï.

Avec AFP

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