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Un officier déjà arrêté avant un mandat de la CPI en Libye


Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, un haut responsable militaire libyen soupçonné d'avoir participé à la mort de 33 personnes dans la ville de Benghazi déchirée par la guerre, sur une photo non datée et sans indication du lieu publiée le 15 août 2017 par la Cour pénale internationale (CPI).

Un officier libyen soupçonné d'implication dans des exécutions sommaires à Benghazi (est) était déjà en état d'arrestation avant l'émission par la Cour pénale internationale (CPI) d'un mandat d'arrêt international contre lui, ont affirmé vendredi les forces loyales au maréchal Haftar.

La CPI, tribunal chargé de juger les génocides, crimes de guerre et contre l'humanité dans le monde, a émis mardi un mandat d'arrêt international à l'encontre de Mahmoud Al-Werfalli, un des commandants des forces spéciales combattant dans les rangs de l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par l'homme fort de l'est libyen, Khalifa Haftar.

Mahmoud Al-Werfalli est accusé d'être impliqué dans au moins sept incidents en 2016 et 2017, au cours desquels il aurait lui-même tiré sur des civils ou des combattants blessés ou ordonné leur exécution.

Ces faits constitueraient des "crimes de guerre", a précisé la Cour dont le siège est à La Haye aux Pays-Bas.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le commandement général de l'ANL affirme que M. Al-Werfalli "est en état d'arrestation et fait l'objet d'une enquête devant le procureur général militaire" depuis le 2 août.

Il n'était pas possible toutefois dans l'immédiat de vérifier ces informations de source indépendante.

L'ANL affirme vouloir "rassurer la CPI sur le bon déroulement de l'enquête selon les lois militaires libyennes" et dit être "prête à coopérer avec la CPI et à lui fournir les résultats de l'enquête et du procès".

Les juges de la CPI ont pour leur part affirmé dans leur mandat d'arrêt qu'ils ne disposent pas d'éléments montrant que les crimes reprochés à cet officier "ont été jugés par un tribunal légitime, militaire ou autre" ou qu'il y ait eu un "procès en bonne et due forme".

La CPI agit selon le principe de la complémentarité, qui veut qu'elle n'engage des poursuites que "lorsque les Etats n'ont pas la volonté de le faire ou sont dans l'incapacité de le faire véritablement".

La Libye est déchirée par des conflits entre milices et deux autorités se disputent le pouvoir dans le pays: d'un côté, le gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, de l'autre une autorité qui exerce son pouvoir dans l'est du pays avec le soutien du maréchal Haftar et de son ANL.

L'ANL a réussi cet été à reprendre à des groupes jihadistes la quasi-totalité de Benghazi, deuxième ville du pays, après trois ans de combats meurtriers.

Avec AFP

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