Liens d'accessibilité

Mandat d'arrêt de la CPI contre un commandant de Benghazi

  • VOA Afrique

Les juges Sanji Mmasenono Monageng, Sylvia Steiner et Cuno Tarfusser se sont réunis pour parler de la Libye à la Haye, le 27 juin 2011.

La Cour pénale internationale (CPI) a émis mardi un mandat d'arrêt international à l'encontre d'un commandant militaire libyen de premier plan soupçonné d'avoir été impliqué ces deux dernières années dans la mort de 33 personnes à Benghazi, la deuxième ville de Libye.

La CPI "a délivré un mandat d'arrêt à l'encontre de Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, qui serait responsable de meurtre en tant que crime de guerre dans le contexte du conflit armé non international en Libye", a déclaré dans un communiqué le tribunal dont le siège est à la Haye.

Mahmoud Al-Werfalli, né en 1978, est un des commandants d'Al-Saiqa, une unité d'élite qui a fait défection de l'armée nationale libyenne après le soulèvement contre le dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.

Elle se bat depuis aux côtés des forces loyales à l'homme fort libyen Khalifa Haftar à Benghazi, ravagée par la guerre et qui a récemment été reprise après trois ans de combats meurtriers à des groupes jihadistes.

Mahmoud Al-Werfalli est accusé d'être impliqué dans au moins sept incidents en 2016 et 2017, au cours desquels il aurait lui-même tiré sur des civils ou des combattants blessés ou ordonné leur exécution.

Il n'y a pas d'éléments "qui montrent qu'ils ont été jugés par un tribunal légitime, militaire ou autre", qu'il y ait eu un "procès en bonne et due forme", ont déclaré les juges de la CPI dans leur mandat d'arrêt.

Parmi les pièces fournies à la CPI, figure une vidéo sur laquelle on verrait Mahmoud Al-Werfalli en train d'ouvrir le feu sur une personne désarmée portant une capuche et s'adressant ensuite à son cadavre pour lui dire notamment qu'il était sous l'emprise de "Satan".

Dans une autre vidéo, il serait vu en train de lire un document et d'ordonner à un peloton d'exécution de tirer sur 15 personnes portant des combinaisons orange et des capuches noires, rapportent les juges.

Toujours d'après ces images, Mahmoud Al-Werfalli et deux autres hommes auraient eux-mêmes exécuté trois personnes et ordonné l'exécution de deux autres.

"La vidéo rendant compte de cet événement, avec un total de 20 personnes exécutées, a été postée sur un réseau social le 23 juillet 2017", ajoute la CPI.

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait saisi la Cour en février 2011 pour qu'elle enquête sur les crimes commis en Libye pendant la révolte populaire ayant mené, après l'intervention militaire occidentale, à la chute de Mouammar Kadhafi et de son régime.

Ce pays a depuis sombré dans le chaos, des autorités rivales et de nombreuses milices se disputant le pouvoir.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG