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République du Congo

Un dialogue politique inclusif se prépare à Brazzaville

Une délagation du Conseil national de dialogue venue écouter les opposants à Diata, le 10 octobre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Une délégation du Conseil national de dialogue a rencontré les membres de l'opposition républicaine dont le chef de file Pascal Tsaty Mabiala, pour évoquer la préparation d'un dialogue politique à Brazzaville.

Cette frange de l'opposition a accepté de dialoguer avec tous les acteurs, dont les prisonniers politiques.

La réunion, qui a eu lieu au siège de l'UPADS à Diata, a permis à l'opposition républicaine de fixer les esprits sur sa participation au prochain dialogue inclusif. Pascal Tsaty Mabiala, le chef de file de l'opposition, a souligné l'importance de ce dialogue, qui selon lui, ne devrait pas aller dans tous les sens, comme en 1991, lors de la conférence nationale.

"On sent qu'il y a une nécessité d'apaisement dans le pays, et l'élection présidentielle qui a souvent été un moment particulier dans notre pays pourrait encore davantage perturber ce climat qui est déjà pesant", a-t-il indiqué.

L'opposant a ajouté à l'issue de l'échange avec les membres du conseil du dialogue : "Nous avons proposé que nous regardions la gouvernance électorale, la question de la gouvernance économique, la lutte contre la corruption. Et puis la question du Pool, nous sommes attachés au règlement définitif de la question du Pool".

Il y a quelques mois, lors de la nomination de Martin Mberi à la tête du Conseil national de dialogue, toute l'opposition avait rejeté sa démarche de vouloir organiser un quelconque dialogue à la place de la communauté internationale.

Les lignes ont bougé, et une partie de l'opposition a reçu les membres du Conseil national de dialogue.

Christian Dzinga Bouanga est directeur de cabinet de Martin Mberi, secrétaire permanent du Conseil. "L'opposition a apprécié très positivement la démarche du secrétaire permanent", a dit M. Bouanga.

Christian Dzinga Bouanga a expliqué que le conseil s'est déplacé à Diata, au siège de l'UPADS, pour écouter les problèmes de l'opposition qui pourraient faire l'objet de discussions au cours du prochain dialogue.

"La première phase du dialogue a commencé, c'est-à-dire, la concertation avec les forces vives de la nation. En ce qui concerne le dialogue, il n'y a pas de problème tabou", a-t-il souligné.

Vendredi, le Conseil de dialogue rencontre les membres de la Majorité présidentielle, et à partir du 16 octobre, il sera reçu au Centre politique. Aucun programme n'est encore connu au sujet des opposants dits radicaux tels Claudine Munari ou Mathias Dzon.

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Les activistes en manque de liberté d’expression à Brazzaville

Landry Louboueya, interpellé par la police pour avoir dénoncé une dérive de la douane, à Brazzaville le 21 juillet 2021.

Les activistes des droits de l’Homme dénoncent la confiscation de leur liberté d’expression ainsi que celle des citoyens. Plusieurs militants des droits de l’homme sont en effet jetés en prison pour avoir dénoncé les injustices diverses.

Après plus de trois mois de détention pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, l’activiste Christ Belvie Dongui reprend ses activités professionnelles. Ce matin, il est venu nettoyer ses bureaux du quartier Mafouta, au sud de Brazzaville.

L’activiste constate ce qui en reste, après la perquisition de la police. "L’internet est arraché, les ordinateurs emportés pour être fouillés", témoigne-t-il.

Malgré son séjour en prison, Christ Dongui semble ne pas perdre un cran de son engagement pour les droits humains.

Christ Belvi Dongui détenu pendant plus de 3 mois pour avoir dénoncé les mauvaises conditions de vie de la population, à Pointe-Noire mars 2021. (VOA/Arsène Séverin).jpg
Christ Belvi Dongui détenu pendant plus de 3 mois pour avoir dénoncé les mauvaises conditions de vie de la population, à Pointe-Noire mars 2021. (VOA/Arsène Séverin).jpg

"Chaque génération a un combat. Je suis d’une génération qui doit relever le défi. La nôtre doit construire un Congo nouveau, un Congo où l’égalité des chances sera pour tous", dit-il.

Landry Louboueya, la quarantaine environ, a lui aussi été détenu pour avoir dénoncé les travers de l’administration douanière. Il évoque sa grosse déception. "Ce genre d’actes peuvent toujours arriver, je ne suis pas le premier", affirme-t-il.

"J’ai acheté un article en ligne, on m’a demandé payer les taxes qui ne sont consignées ni dans le code de douane ni dans aucun texte officiel où le montant était fixé. Pour avoir dit ça, j’ai été mis comme un bandit de grand chemin dans les geôles de la police", déplore l’activiste.

L’exercice de la liberté d’expression est consacré par la loi au Congo. Seulement, dans les faits, il existe encore de gros écarts. Georges Nguila, le nouveau directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) vient de publier un livre, "La faillite des droits humains au Congo", comme pour mettre l’Etat face à ses responsabilités.

"Mon livre, c’est un constat et on ne peut pas nier les faits par des arguments. Le constat c’est que, c’est la faillite des droits humains", dénonce Georges Nguila.

Le directeur exécutif de l’OCDH constate également que la liberté de la presse est plus accordée à la presse écrite. "Mais les médias audiovisuels sont censurés", affirme-t-il.

Il y a une semaine, les autorités ont libéré six activistes des droits de l’Homme dont Alexandre Dzabana, 77 ans, et dont l’état de santé nécessite une évacuation sanitaire.

L'OPEP va relever le plafond de production pétrolière de 5 pays

Un pompiste remplit une voiture d'essence dans le quartier central des affaires d'Abuja, au Nigeria, le 1er avril 2020.

L'OPEP et les pays alliés, réunis au sein de l’OPEP+, ont convenu dimanche de relever les limites de production imposées à cinq pays, mettant fin à un différend qui avait fait chavirer les prix mondiaux de l'énergie.

Le désaccord, déclenché par la demande des Émirats arabes unis d'augmenter leur propre production, avait temporairement bouleversé une précédente réunion du cartel. Dans un communiqué publié dimanche, le cartel a annoncé que l'Irak, le Koweït, la Russie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis verraient leurs limites augmenter.

Bonus pour l'Algérie et le Nigeria

Selon les nouvelles limites de production, les Émirats arabes unis pourraient produire jusqu'à 3,5 millions de barils de pétrole brut par jour à partir de mai 2022. Ce chiffre est inférieur aux 3,8 millions de barils par jour qu'ils cherchaient à obtenir au départ. La limite de l'Arabie saoudite, qui est de 11 millions de barils par jour, passerait à 11,5 millions, tout comme celle de la Russie. L'Irak et le Koweït ont connu des augmentations moins importantes.

En Afrique, le Nigeria et l'Algérie pourraient également voir leurs plafonds revus à la hausse.

En perte de vitesse depuis quelques années, l'OPEP a du mal à s’imposer comme dans les années 1970. Lorsque les États-Unis, qui ne font pas partie du Cartel, ont commencé à augmenter leur propre production pétrolière, l’OPEP a dû faire appel à des pays tiers comme la Russie pour diminuer ensemble l’offre pétrolière sur le marché et stabiliser le prix du baril.

C’est ainsi que naît en 2016 ce que l'on appelle l'OPEP+.

Les pays membres de l'OPEP sont l'Algérie, l'Angola, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, l'Iran, l'Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Venezuela. Les membres de l'OPEP+ sont l'Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, le Kazakhstan, la Malaisie, le Mexique, Oman, la Russie, le Soudan et le Sud-Soudan.

Avec Reuters et Associated Press.

Six activistes en liberté provisoire après quatre mois de détention à Brazzaville

Le Palais de justice de Brazzaville, Congo. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Six militants de droits de l'Homme accusés d’atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat congolais ont été placés en liberté provisoire, après quatre mois de détention sans avoir été jugés.

L’ordonnance, que l'AFP a pu consulter, a été rendue mercredi par la Cour d’appel de Brazzaville et les six activistes ont aussitôt quitté la maison d’arrêt. La Cour n’a pas précisé la date d'un éventuel procès ni les raisons de cette libération.

"Après plusieurs mois de tractations, la chambre d’accusation a fini par prononcer une mise en liberté provisoire", ont affirmé plusieurs ONG de défense des droits humains dans une déclaration à la presse.

"Nous considérons cette ordonnance de mise en liberté provisoire comme un subterfuge ou moyen de pression destiné à restreindre leur liberté de parole", ont-elles dénoncé, demandant "l’abandon pur et simple des poursuites".

L'un de ces militants, Alexandre Dzabana, 77 ans, a été conduit dans une clinique de la capitale, selon les ONG, précisant que son état santé est très "précaire".

"J’ai été injustement incarcéré pendant 125 jours. C’est aberrant. La prison n’est pas un obstacle pour moi (...) je suis prêt à reprendre le combat", a déclaré à l’AFP Christ Dongui, du Mouvement citoyen Ras-le-bol, juste après sa libération.

"Le combat (pour les libertés) est loin d’être terminé", a-t-il ajouté.

Dans leur déclaration, ces ONG ont également réclamé la libération de tous les "prisonniers d'opinion", notamment l’ancien chef d’état-major de l'armée congolaise Jean-Marie Michel Mokoko, 74 ans, et l’ex-ministre André Okombi Salissa.

Ces deux personnalités avaient pris part à la présidentielle de 2016, remportée par le président Denis Sassou Nguesso qui cumule 37 ans à la tête du pays. Ils ont également été accusées d'atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Les deux hommes purgent une peine de prison de 20 ans depuis 2018.

Le Congo pourrait jeter près de 100.000 doses de vaccins non utilisées

Le ministre de la Santé Gilbert Mokoki en visite au CHU, Brazzaville, le 22 juin 2021. (VOA/Arsène Séverin)

Les autorités du Congo-Brazzaville redoutent de mettre dans la poubelle d’ici à fin juillet entre 98.000 et 100.000 doses de vaccins chinois non utilisées. La population manifeste une grande réticence face à la campagne de vaccination contre la maladie Covid-19 lancée depuis des mois.

Plusieurs semaines déjà que les autorités se plaignent du désintéressement de la population pour les vaccins anti-covid. Le ministre de la Santé, Gilbert Mokoki, l’a dit devant les députés.

L’engouement des premiers jours de vaccination contraste avec l’hésitation d’aujourd’hui. Denis Christel Sassou Nguesso, ministre de la Coopération internationale et du Partenariat Public-privé, se dit embarrassé que les doses des vaccins Sinopharm ne soient pas toutes utilisées à temps.

"En réalité, la République populaire de Chine a gratifié le Congo au total de 300.000 doses. C’est toutes ces doses, il faudra bien qu’on puisse les consommer, parce qu’il y a un certain nombre de doses qui arrivent en date de péremption à la fin du mois de juillet", explique-t-il, précisant que entre 98.000 et 100.000 pourraient être jetées.

Dans les rues de Brazzaville, la population est réticente. Non pas seulement qu’elle a peur du vaccin suite aux informations reçues des réseaux sociaux, mais elle se dit surtout préoccupée par d'autres priorités, comme la recherche du pain quotidien.

"Pourquoi il y a beaucoup de types de vaccins ? Pourquoi on ne tomberait pas d’accord sur un même vaccin. Jusqu’ici, on n’est pas sûr de ce qu’on fait. Voilà pourquoi je pense qu’on est encore à la phase expérimentale de ces vaccins. Et du coup en tant que Brazzavillois, je voudrais voir ce que cela va donner", réagit un enseignant.

"C’est que les vaccins, d’ordinaire cela met du temps pour les avoir. Et les gens qui ne sont pas complètement ignorants se posent les questions", constate un autre Brazzavillois.

Pour l’analyste social Clovin Assen Bozire, la communication et l’exemplarité des autorités elles-mêmes constituent l’un des principaux obstacles. "C’est une opportunité pour la police pour gagner de l’argent en traquant la population à longueur de journée. Donc c’est par peur que la population applique, mais, il n’y a pas la conscience sur la maladie", indique-t-il.

Il estime que les autorités ne suivent pas les consignes sanitaires. "Malgré le couvre-feu et l’interdiction d’aller dans les boîtes de nuit, les dirigeants eux-mêmes ont leurs boîtes de nuit où ils vont danser en cachette. Comment le citoyen qui apprend ça va considérer que la maladie existe?", s’interroge Assen Bozire.

Dans certaines administrations comme la police, la hiérarchie prend des mesures exigeant au personnel de se faire vacciner. Par ailleurs, une campagne de sensibilisation dans les universités porte légèrement ses fruits.

Une nouvelle aide américaine de 1,2 million de dollars pour le Pool

Ellen Thorbrun, la chargée d'affaires de l'ambassade des Etats-Unis annonce une nouvelle aide de 2 millions de dollars pour le Pool, à Kingoyi, le 29 juin 2021. (VOA/Arsène Séverin)

La chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis au Congo, Ellen Thorburn, a annoncé mardi à Kingoyi dans le Pool une nouvelle aide américaine de 1,2 million de dollars pour aider à la réinstallation des populations de cette région qui avaient fui lors du conflit en 2016.

Maintenant que la paix est revenue, les autorités de Mayama, un des plus vieux districts de la région, appellent la population à revenir pour entreprendre leurs activités agropastorales.

La grande broussaille à l’entrée de Mayama, l’un des premiers districts du Congo, signifie que beaucoup d’habitants sont encore absents de cette localité, qui comptait en temps de paix quelque 6000 âmes. Le sous-préfet Jean Michel Aleba ne désespère pas. Il continue de lancer un appel au retour aux habitants.

"Les jeunes sont partis. On ne sent pas encore le retour, parce qu’il y a hésitation, les gens n’y croient pas encore. Il y a certes un petit changement parce que les gens sont en train de revenir tant bien que cela soit de façon timide", constate l’autorité administrative locale.

Ceux qui sont de retour s’activent à cultiver la terre et à faire de la pisciculture. Le chef de groupement agricole, Malanda Ntsieté Le Saint, organise les paysans de Mayama autour des plantations de manioc.

"Il y avait des jardiniers ici qui faisaient sortir par jour dix caisses de tomates. Mais ce n’est qu’après un temps, il y a eu trop de…(la guerre). Maintenant, si la paix peut se maintenir, il y aura du bon travail à Mayama", indique-t-il avec assurance.

A Kingoyi, les agriculteurs ont réalisé une bonne récolte de maïs, grâce aux semences données par l’ONG française ACTED. Les greniers sont pleins et les cultivateurs sont à la recherche des acheteurs.

"Ils ont produit, ils ont de la peine à écouler le produit. Mais, je sais qu’il y a des projets qui mettent en place la chaîne de valeur qui pourront permettre de commercialiser ces produits. Les pêcheurs aussi demandent les moyens les plus adaptés", plaide Francis Hochard Ntela, le sous-préfet de Mindouli.

Pour aider la population à se réinstaller, ACTED reconstruit des maisons abandonnées ou cassées pendant le conflit armé.

"Nous avons eu la chance qu’on nous construise les maisons. Mais, les autres n’ont pas encore cette chance", se satisfait Henriette Mabouba Mâ Ngoudi.

"Au village, construire une maison c’est très difficile. Comme on nous a aidés, nous sommes très contents et c’est notre goût aussi", témoigne Adrien Fulbert Mouanga du village Kahounga.

Une bonne partie de ces financements qui permettent à la population du Pool de se relever ou de retourner au bercail vient des Etats-Unis. Ce qui explique la visite de terrain de Ellen Thorburn, la chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis.

"On vient encore d’annoncer un autre projet, une somme d’argent de 1,2 million de dollars pour la région du Pool pour continuer ces activités. C’est une région qui est dans le besoin. Les populations ont de difficultés énormes, il faudra les aider", souligne la diplomate américaine.

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