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Un député ivoirien incarcéré cesse sa grève de la faim

L'École nationale de police de Côte d'Ivoire, à Abidjan, le 20 juillet 2017. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

"Après 16 jours de privation de nourriture, qui visait à réclamer la fin de nos détentions ("prisonniers politiques"), j'ai mis fin, ce jeudi 16 juillet, à cette protestation pacifique (...) contre notre emprisonnement sans procès, injuste, illégal et arbitraire", écrit M. Lobognon pour son 52e anniversaire.

M. Lobognon dit avoir "fait suite aux requêtes de ma mère, de mon épouse, de mes filles et des membres de ma grande famille, à qui j'ai imposé des peines sans leur consentement".

C'est un proche de Guillaume Soro, ancien allié du pouvoir devenu opposant, candidat déclaré à l'élection présidentielle d'octobre 2020, en exil en France. Il a été arrêté fin décembre 2019, à la suite du retour avorté de M. Soro en Côte d'Ivoire, accusé de tentative d'insurrection. Son immunité parlementaire a été levée le 20 janvier.

Seize autres membres du parti de Guillaume Soro - dont quatre autres députés - ont été arrêtés en Côte d'Ivoire entre le 23 et le 31 décembre 2019.

M. Lobognon est un proche de Guillaume Soro, ancien allié du pouvoir devenu opposant, candidat déclaré à l'élection présidentielle d'octobre 2020, en exil en France. Il a été arrêté fin décembre 2019, à la suite du retour avorté de M. Soro en Côte d'Ivoire, accusé de tentative d'insurrection.

Son immunité parlementaire a été levée le 20 janvier.

Seize autres membres du parti de Guillaume Soro - dont quatre autres députés - ont été arrêtés en Côte d'Ivoire entre le 23 et le 31 décembre 2019.

-Déplorables conditions de détention-

Son épouse Amira Lobognon s'est plainte auprès de l'AFP du "durcissement des conditions pour voir son mari".

Amnesty International avait protesté contre les conditions de détention de M. Lobognon en avril. L'ONG jugeait alors "très suspectes" les poursuites contre M. Soro et ses partisans, "les accusations semblant être motivées par des considérations politiques".

"Ce jour de mes 52 ans, depuis ma cellule de prisonnier politique, j'en appelle à la réaction du président de la République (Alassane Ouattara) et je lui demande de faire respecter son serment constitutionnel. M. le Président, mettez fin à nos détentions. La justice (...) est aujourd'hui méconnaissable", dit-il.

"La Côte d'Ivoire doit mettre fin aux détentions abusives, illégales et arbitraires d'opposants politiques", écrit-il aussi.

-Challenger sérieux -

"En Côte d'Ivoire, nul ne doit croire qu'un adversaire politique en prison ou en exil, est une chance de plus pour gagner une élection (...) En tout état de cause, mes amis et moi avons librement choisi de soutenir une cause juste qui repose sur la tenue d'élections justes, inclusives et démocratiques", conclut-il.

Longtemps allié du président Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, M. Soro, qui fut son premier Premier ministre, puis président de l'Assemblée nationale, s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

M. Soro est considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue.

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Des violences font au moins 11 morts dans la ville ivoirienne de Dabou

Les gens applaudissent derrière une banderole "Adjame dit non, non et non, à un 3e mandat de Ouattara", le 26 septembre 2020, à Yopougon, Abidjan. (AFP)

Les affrontements intercommunautaires qui ont commencé lundi dans et autour de Dabou, à 50 km à l'ouest d'Abidjan, ont fait au moins "11 morts" selon un nouveau bilan donné vendredi par le maire la ville Jean-Claude Yede Niangne, à 8 jours de la présidentielle.

"On a retrouvé un onzième corps, qui était en état de putréfaction et devait être là depuis lundi ou mardi", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Cela porte à 11 nombre de morts. Et cela sans compter les dégâts collatéraux. Une dame est décédée" faute de soins parce qu'elle ne pouvait se rendre dans un dispensaire, a-t-il ajouté.

"La situation est calme ce matin. La circulation des camions a repris. La plupart des magasins ont rouvert", a assuré le maire qui continue vendredi les visites dans les villages voisins pour discuter avec les populations.

Selon des habitants, des premiers troubles ont commencé lundi et ont dégénéré en affrontements intercommunautaires mardi entre Adioukrous (ethnie locale, réputée favorable à l'opposition) et Dioulas (ethnie du Nord réputée pro-pouvoir).La situation s'est ensuite aggravée avec l'utilisation d'armes automatiques, selon plusieurs témoins. Le maire évoque une "milice avec des (fusil d'assaut) Kalachnikov".

Un couvre-feu de 19 heures à 6 heures est en vigueur jusqu'à dimanche.

Une trentaine de personnes sont mortes depuis le mois d'août dans des violences liées à la présidentielle du 31 octobre. Au pouvoir depuis 2010, le président Alassane Ouattara se présente à un troisième mandat controversé, tandis que les candidatures de plusieurs figures de l'opposition ont été invalidées.

Le pays a basculé dans une crise préélectorale avec des explosions de violences dans plusieurs villes de province depuis le mois d'aout, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara. Survenant après une décennie de tensions qui avaient coupé le pays en deux, elle avait fait 3.000 morts.

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