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Côte d'Ivoire

La Cour de justice africaine suspend le mandat d'arrêt contre Guillaume Soro

Guillaume Soro, quand il était président de l'Assemblée nationale ivoirienne, à Abidjan, en février. 15, 2019.

La Cour africaine des droits de l'Homme a ordonné mercredi à la Côte d'Ivoire de suspendre son mandat d'arrêt contre Guillaume Soro et de remettre en liberté 19 de ses proches emprisonnés depuis quatre mois.

La Cour africaine des droits de l'Homme et des Peuples, institution de l'Union africaine basée à Arusha en Tanzanie, qui avait été saisie début mars par M. Soro et ses proches, "ordonne à l'Etat défendeur (la Côte d'Ivoire) de surseoir à l'exécution du mandat d'arrêt contre Guillaume Soro", dans un arrêt publié ce mercredi.

Candidat déclaré à l'élection présidentielle ivoirienne prévue en octobre, Guillaume Soro faisait l'objet depuis fin décembre 2019 d'un mandat d'arrêt par la justice ivoirienne pour une tentative présumée d'"insurrection", et des détournements de fonds publics, toutes accusations démenties par l'ex-chef de la rébellion des années 2000.

La Cour ordonne aussi de "surseoir à l'exécution des mandats de dépôt" contre 19 proches de M. Soro accusés de complicité à divers degrés, actuellement détenus en Côte d'Ivoire, et leur mise en "liberté provisoire": il s'agit de cinq députés et de membres de son parti, dont d'anciens ministres, ainsi que de deux de ses frères.

Pour justifier sa décision prise "à l'unanimité", la Cour estime que le mandat d'arrêt et les mandats de dépôt risquent de "compromettre gravement l'exercice des libertés et des droits politiques des requérants". La Cour invoque également le risque de "dommages irréparables" pour les requérants et la "présomption d'innocence" en leur faveur.

Amnesty International avait demandé le 4 avril des soins d'urgence pour le député Alain Lobognon, considéré comme le bras droit de M. Soro, emprisonné, malade et qui craignait "pour sa vie".

Guillaume Soro a dès le début qualifié cette affaire de politique, une "opération" pour l'écarter de la course à la présidentielle prévue fin octobre.

Jusqu'à cette affaire, M. Soro, 47 ans, était vu comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Longtemps allié du président Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro était devenu Premier ministre, puis président de l'Assemblée nationale, avant de se brouiller puis de rompre avec le chef de l'Etat début 2019, ce dernier voulant brider ses ambitions présidentielles, selon les observateurs.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

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Les chanteurs ivoiriens Yode et Siro en garde à vue

Les chanteurs ivoiriens Yodé et Siro.

Yode et Siro, un duo de chanteurs populaires en Côte d'Ivoire, ont été placés en garde à vue mercredi après une longue audition, après avoir critiqué publiquement un magistrat, a annoncé leur avocat Jean-Serge Gbougnon à l'AFP.

"Ils ont décidé de les garder à vue pour les présenter demain (jeudi) à un procureur. Ils ont été entendus pendant six heures pour outrage à magistrat, troubles à l'ordre public et diffamation", a déclaré Me Gbougnon.

Ils avaient été convoqués mercredi matin par la section de recherches de la gendarmerie nationale.

Yode et Siro avaient critiqué le travail du procureur d'Abidjan Richard Adou lors d'un concert le week end passé à Yopougon, un quartier populaire de la capitale ivoirienne.

"Le procureur (...) est le procureur d'un seul camp. C'est quel pays ? Allez dire au procureur Adou Richard qu'un mort est un mort", avaient chanté les artistes, selon une vidéo partagée sur les réseaux sociaux.

Yodé (Dally Djédjé, à l'état civil) et Siro (Sylvain Decavailles Aba) sont connus pour êtres très critiques, à travers leurs chansons, envers le pouvoir politique, aussi bien le régime actuel du président Alassane Ouattara que le régime précédent de l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo.

"On dit quoi ?", un des titres de leur album "Héritage" sorti cette année, a été souvent repris lors des réunions de l'opposition.

Yode et Siro, célèbres en Côte d'Ivoire depuis le début des années 2000, font du zouglou, un genre musical engagé très populaire né en 1990 dans les cités universitaires d'Abidjan.

Cette musique aborde les problèmes de société, n'hésitant pas à critiquer les hommes politiques, la mauvaise gouvernance ou la corruption.

L'élection présidentielle du 31 octobre, à l'issue de laquelle le président Alassane Ouattara a été réélu pour un troisième mandat controversé, jugé inconstitutionnel par l'opposition, a entraîné des troubles ayant fait au moins 85 morts et près de 500 blessés depuis août.

Ces troubles ont débouché sur l'arrestation et la détention depuis plusieurs semaines de personnalités politiques, dont le porte-parole de l'opposition, l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan et Maurice Guikahué, numéro deux du principal parti d'opposition.

Une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, qui avait appelé en août à des manifestations contre un troisième mandat du président Ouattara, est également incarcérée. Tout comme Justin Koua, président de la jeunesse du parti d'opposition pro-Gbagbo.

La tension en Côte d'Ivoire a cependant nettement baissé depuis une rencontre entre le président Ouattara et le principal opposant, l'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié, le 11 novembre.

Human Rights Watch insiste pour l'ouverture d'une enquête

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Cacao : la Côte d'Ivoire et le Ghana tiennent tête à Hershey et Mars

Un agriculteur ouvre une cabosse de cacao dans une ferme de cacao à Bobia, en Côte d'Ivoire, le 6 décembre 2019.

La Côte d'Ivoire et le Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux de cacao, ont accusé lundi les deux multinationales de refuser de payer la prime spéciale pour les planteurs négociée l'an dernier et suspendu les programmes de certification de Hershey.

Le Conseil Café Cacao (CCC) de Côte d'Ivoire et le Ghana Cocoa Board (Cocobod), les organes de régulation des filières cacao de ces deux pays ouest-africains qui produisent ensemble les deux tiers du cacao mondial, reprochent à ces grandes compagnies chocolatières américaines d'acheter du cacao ou du beurre de cacao sans payer le différentiel de revenu décent (DRD).

Il s'agit d'une prime de 400 dollars par tonne de cacao, en sus du prix du marché, destinée à mieux rémunérer les planteurs de cacao dont beaucoup vivent dans la misère.

L'achat par Hershey d'importantes quantités de cacao sur le marché boursier américain "indique clairement votre intention d'éviter de payer le Living differential income" (traduction en anglais du DRD), ont écrit le CCC et le Cocobod dans un courrier commun adressé à cette compagnie.

Le CCC et le Cocobod "n'ont en conséquence pas d'autre choix que de suspendre tous les programmes de certification" de Hershey en Côte d'Ivoire et au Ghana.

Les programmes de certification des chocolatiers visent à garantir qu'ils achètent du cacao "durable" respectant des critères de production éthiques (n'entrainant pas de déforestation ou ne recourant pas au travail des enfants notamment). Ils sont un élément de communication et de marketing important en direction des consommateurs occidentaux.

Des membres d'une association locale de cultivateurs de cacao appelée BLAYEYA marchent dans une ferme de cacao à Djangobo, Niable, dans l'est de la Côte d'Ivoire, le 17 novembre 2014.
Des membres d'une association locale de cultivateurs de cacao appelée BLAYEYA marchent dans une ferme de cacao à Djangobo, Niable, dans l'est de la Côte d'Ivoire, le 17 novembre 2014.

"Il est évident que des compagnies comme Mars reviennent discrètement" sur leur promesse de paiement du DRD, affirment le CCC et le Cocobod dans un autre courrier adressé cette fois au Cocoa Merchants Associaton of America (le syndicat des industriels américains du cacao/chocolat), accusant plus précisément dans un communiqué séparé le producteur des célèbres barres chocolatées d'avoir modifié une large partie de ses approvisionnements en beurre de cacao pour éviter de verser la prime aux producteurs.

Alors que ces compagnies s'étaient engagées à payer le DRD négocié en 2019 entre les pays producteurs et les multinationales du cacao et du chocolat, le CCC et le Cocobod dénoncent "une rupture de confiance" et même "un complot" contre ce système mis en place pour mieux rémunérer "trois millions de planteurs ouest-africains".

Hershey a jugé auprès de l'AFP "regrettable" le "communiqué mensonger" du CCC et du Cocobod, estimant qu'ils "compromettent des programmes essentiels qui bénéficient directement aux planteurs de cacao".

Le groupe Mars Wrigley a "catégoriquement démenti ces allégations" et affirmé "soutenir" le DRD, ainsi qu'oeuvrer par ses programmes de certification à "une nouvelle approche pour augmenter les revenus des planteurs de cacao", dans un communiqué.

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