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UE: Merkel veut stopper les négociations d'adhésion de la Turquie

Recep Tayyip Erdogan et Angela Merkel, sommet du G-20, Hambourg, Allemagne, le 7 juillet 2017.

Angela Merkel a annoncé dimanche être favorable à un arrêt des négociations sur l'adhésion à l'UE de la Turquie, alors que la détérioration de la situation des droits de l'homme dans le pays a pris une place centrale dans la campagne électorale allemande.

Dans un contexte de multiplication des conflits entre Berlin et Ankara, la chancelière allemande a très nettement durci le ton à l'égard du président Recep Tayyip Erdogan, privant du même coup d'arguments son rival social-démocrate Martin Schulz lors de leur unique débat télévisé en vue des législatives du 24 septembre.

Un duel dont elle est sortie vainqueur au vu des premiers sondages, confortant ainsi sa position de grande favorite pour se succéder à elle-même pour un quatrième mandat de quatre ans.

"Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l'Union européenne", a déclaré Mme Merkel dans des propos inhabituellement durs sur le sujet.

Elle a ajouté vouloir "discuter avec (ses) collègues" de l'Union européenne "pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune sur ce point et si nous pouvons mettre fin aux négociations d'adhésion".

- 'Jamais cru' à l'adhésion -

"Je ne vois pas l'adhésion arriver et je n'ai jamais cru que cela puisse survenir", a encore expliqué Mme Merkel, ajoutant que la question était seulement de savoir qui de la Turquie ou de l'UE "fermerait la porte" en premier.

Ces laborieuses négociations sont menées depuis 2005 mais elles sont depuis des mois au point mort en raison de l'évolution politique en Turquie, dont le pouvoir est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire.

Un arrêt de ces discussions nécessiterait toutefois une décision unanime des pays de l'UE.

L'Allemagne dénonce depuis des mois les purges effectuées par le pouvoir turc suite au putsch manqué de 2016. Elle accuse Ankara d'avoir mis en détention 12 citoyens allemands, possédant pour certains aussi la nationalité turque, pour des raisons politiques.

Le cas le plus emblématique est celui du germano-turc Deniz Yücel, détenu depuis fin février. Le président turc Recep Tayyip Erdogan l'a qualifié de séparatiste kurde et d'"agent allemand".

Tout récemment, M. Erdogan a provoqué une levée de boucliers en Allemagne en appelant l'importante communauté turque du pays - trois millions de personnes - à ne voter ni pour les conservateurs d'Angela Merkel, ni pour les sociaux-démocrates.

En faisant preuve de fermeté à l'égard d'Ankara, Mme Merkel a aussi coupé l'herbe sous le pied de son rival social-démocrate en vue des élections, qui pensait pouvoir se démarquer de la chancelière lors du débat en critiquant durement la Turquie.

Martin Schulz a promis lui qu'il mettrait fin aux négociations d'adhésion s'il était élu chancelier.

- Merkel vainqueur -

De manière générale, l'ancien président du Parlement européen de 62 ans avait impérativement besoin de bousculer Angela Merkel et de la surpasser lors du débat télévisé, pour espérer pouvoir combler son retard important dans les sondages.

Eloquent et spontané, Martin Schulz était a priori le mieux armé pour l'emporter devant les caméras de télévision, face à l'hyper-cérébrale Angela Merkel, qui ne goûte guère l'exercice.

Las pour lui, d'après de premiers sondages effectués par les chaînes de télévision publique, la chancelière a été jugée plus convaincante que son rival: 55% contre 35% selon l'enquête ARD et 32% contre 29% selon celle de ZDF.

Il est du coup peu probable que le débat aide les sociaux-démocrates à inverser la tendance de fond des intensions de vote. Le SPD affiche un retard d'une quinzaine de points sur les conservateurs de la chancelière, à seulement trois semaines du scrutin.

Le débat est du reste demeuré très policé le plus souvent, alors que les médias s'attendaient à ce que Martin Schulz attaque frontalement la chancelière, passée maître dans l'art de l'esquive et qui s'appuie sur son bon bilan économique.

Martin Schulz a tenté de mettre la chancelière en difficulté sur sa décision controversée il y a tout juste deux ans d'ouvrir les portes du pays à des centaines de milliers de migrants. Mais le SPD gouverne depuis quatre ans avec Mme Merkel, a fortiori lorsque la décision a été prise.

Angela Merkel a de son côté une nouvelle fois défendu l'ouverture des frontières par la situation humanitaire critique. Une décision "justifiée", a-t-elle dit.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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