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Tshisekedi au mémorial du génocide à Kigali

Félix Tshisekedi devant le mémorial du génocide en marge d'une visite au Rwanda, le 25 mars 2019. (Twitter/Kigali memorial genocide)

Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s'est incliné lundi à Kigali devant le mémorial du génocide en marge d'une visite au Rwanda pour un forum économique, une première dans les relations complexes entre les deux pays depuis 1994.

"SE Félix Tshisekedi dépose une gerbe de fleurs au mémorial du génocide de Kigali", indique le commentaire d'une photo postée sur le compte Twitter du "Kigali memorial genocide", quinze jours avant les commémorations du 25e anniversaire du déclenchement du génocide le 7 avril.

Par une sorte de contre-choc, le génocide d'avril-juin 1994 a durablement déstabilisé jusqu'à présent l'Est de l'actuelle RDC.

Un million de réfugiés hutus y ont trouvé refuge en juin-août 1994 sous les auspices de l'opération française Turquoise qui avait Goma et Bukavu pour base arrière. Parmi eux figuraient des responsables du génocide d'au moins 800.000 Tutsis et des tueries des hutus modérés.

"A quand des mémoriaux et une commémoration officielle (pour les) millions de morts congolais, depuis Léopold II jusqu’aux guerres et violences de ces 25 dernières années ?", s'est interrogé le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha).

Lancé par des étudiants et des intellectuels de l'Est de la RDC, Lucha estime cependant que le président congolais honore "à juste titre" la mémoire des victimes du génocide des Tutsis.

Le geste de M. Tshisekedi a suscité la colère de plusieurs internautes congolais, qui accusent le Rwanda d'être à l'origine des millions de morts dans l'Est du Congo entre 1996 et 2003, ou de piller des minerais rares au Kivu.

"Une honte historique pour les dirigeants congolais. Le Rwanda a violé la souveraineté de la RDC. Comment un Congolais peut-il aller s'incliner au Rwanda, un pays qui a commis des graves crimes contre l'humanité ? À ce jour Kagame refuse d'accepter ses crimes en RDC, c'est grave", résume l'un d'eux, @f@ri@ mapy.

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La paix en Ituri préoccupe les partenaires du Congo

La paix en Ituri préoccupe les partenaires du Congo
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Mille morts et 500.000 déplacés dans les violences en Ituri en 3 ans

Des soldats marocains de la Monusco patrouillent dans le territoire de Djugu ravagé par la violence, dans la province de l'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 13 mars 2019.

Près de 1000 personnes ont été tuées et un demi-million ont été déplacées dans les violences en Ituri depuis décembre 2017, selon l'ICG.

"Depuis décembre 2017, des violences dans la province de l’Ituri ont fait près de 1 .000 morts et un demi-million de déplacés", écrit le Centre d'analyse politique International Crisis Group (ICG) dans un rapport publié mercredi à Kinshasa.

Dans son rapport, ICG demande également aux autorités d'envisager de négocier "la reddition" de plusieurs milices.

"Le gouvernement congolais devrait privilégier une stratégie visant à négocier la reddition des milices Lendu tout en soutenant un dialogue plus vaste entre les Hema, les Lendu, et d’autres communautés de l’Ituri", estime l'ONG.

"Des acteurs externes, selon ICG, y compris de la province (voisine) du Nord-Kivu et des pays avoisinants, sont également impliqués dans ce conflit".

Le président congolais Félix Tshisekedi devrait "simultanément travailler avec les pays voisins pour qu’ils cessent tout appui aux assaillants de la région", estiment les auteurs du rapport, l'invitant à "mettre le conflit de l’Ituri à l’ordre du jour du nouveau forum quadripartite réunissant l’Angola, l’Ouganda, la RDC et le Rwanda".

Entre 1999 et 2003, un conflit entre les milices des deux communautés Lendu et Hema, instrumentalisé par l'Ouganda voisin, avait fait des dizaines de milliers de morts.

Les violences ont repris pour des motifs obscurs fin 2017, sans que cette fois l'Ouganda semble y jouer un rôle. Les attaques sont attribuées aux miliciens de la secte ethnico-mystique Coopérative pour le développement du Congo (Codeco, qui prétend défendre les Lendu). Les Hema n'ont pas reconstitué de milices, s'en remettant à l'autorité de l'État.

Cependant, selon ICG, "l’organisation de jeunes hema en groupes d’autodéfense qui érigent des barrages sur les routes de l’Ituri devraient alerter sur le risque d’une plus forte communautarisation du conflit".

Une délégation d'anciens chefs de guerre du conflit de 1999-2003 séjourne en Ituri depuis quelques jours pour tenter d'œuvrer pour la paix à la demande du président Tshisekedi.

Les tueries en cours en Ituri "pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale", a mis en garde la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda, le 4 juin dernier.

Depuis près de trois décennies, Kinshasa négocie les redditions des groupes armés avant d'intégrer combattants et commandants au sein de l'armée régulière sans jamais mettre fin à l'activisme des groupes armés et des milices dans sa partie orientale.

Confusion à Kinshasa autour de la démission supposée du chef des juges

Président ya Vour constitutionnelle Benoït Lwamba Bintu na Kinshasa, 19 janvier 2019. (Photo by Caroline THIRION / AFP)

La présidence de la RDC dit avoir pris acte de la démission du juge qui dirige la Cour constitutionnelle, mais ce dernier nie avoir démissionné.

Une controverse couve au sujet du plus haut juge de la RDC : ses pairs juges et la présidence du pays prétendent qu'il a démissionné, ce qu'il nie.

Mardi, Désiré-Cashmir Kolongele Eberande, directeur de cabinet intérimaire du président congolais Félix Tshisekedi, a adressé une correspondance au Conseil supérieur de la magistrature pour accuser réception d'un procès-verbal dans lequel le Conseil - l'organe qui régule la justice - valide la démission du président de la Cour constitutionnelle, le juge Bénoit Lwamba Bindu.

Le président Tshisekedi "saisit cette occasion pour féliciter et remercier une fois de plus, le président démissionnaire pour les services rendus à notre justice", écrit le directeur de cabinet.

Mais selon l’avocat du juge Bénoit Lwamba Bindu, la lettre de démission brandie par le Conseil est fausse, son client n'a pas démissionné.

"Il n’y pas démission parce que celle-ci a été démentie par le président de la Cour constitutionnelle. Il s’en suit que les actes qui ont été posés en vertu de cette prétendue démission sont caducs. Le président reste en place", a déclaré à VOA Afrique Me Théodore Ngoyi, avocat du juge Lwamba Bindu.

Il explique que son client est en Europe depuis quelques temps pour des soins médicaux.

"Quand il va revenir, il aura la liberté de dire si oui ou non il a démissionné. Pour le moment, nous avons sa lettre qui dit qu’il n’a pas démissionné", précise Me Ngoyi.

Le président de la plus haute cour congolaise dit qu'il n'a pas démissionné
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Sans mâcher ses mots, l'avocat accuse des agents du service de renseignement de s'être introduits illégalement dans les bureaux du président de la Cour constitutionnelle qui est également président du Conseil supérieur de la magistrature.

"Ils ont cassé l’antichambre du bureau à la recherche des documents ou du sceau parce qu’on voudrait, semble-t-il, donner un numéro correct à la lettre de démission attribuée au président (de la Cour constitutionnelle)", explique Me Ngoyi.

Comme preuve, il précise que la fausse lettre de démission porte un numéro de référence qui en réalité correspond à un tout autre document.

"Cette lettre n’est pas passée par la cour", conclut Me Ngoyi.

En place depuis près de 20 ans, le juge Bénoit Lwamba Bindu est sous le coup de sanctions américaines: Washington lui reproche d'avoir contribué aux violations de droits de l'homme en RDC.

Le procès en appel de Vital Kamerhe fixé au 24 juillet

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