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Rwanda

L'opposante rwandaise Victoire Ingabire libérée de prison

Victoire Ingabire Umuhoza, leader de l’opposition rwandaise, devant la Haute Cour du Rwanda lors de son procès à Kigali, au Rwanda, le 10 novembre 2011.

Une des principales figures de l'opposition rwandaise, Victoire Ingabire, est sortie de prison samedi dans le cadre de la libération anticipée de plus de 2.000 prisonniers décidée la veille par le président Paul Kagame qui dirige son pays d'une main de fer depuis près d'un quart de siècle.

"Je remercie le président qui a permis cette libération", a dit l'opposante alors qu'elle quittait la prison de Mageragere dans la capitale rwandaise, Kigali.

"J'espère que cela marque le début de l'ouverture de l'espace politique au Rwanda", a-t-elle ajouté, appelant M. Kagame à "libérer d'autres prisonniers politiques".

La libération surprise de 2.140 détenus, dont Mme Ingabire et le chanteur Kizito Mihigo, a été décidée lors d'un conseil des ministres vendredi, au cours duquel une mesure de grâce présidentielle a été approuvée.

"Le conseil des ministres présidé par le président Paul Kagame a approuvé aujourd'hui la libération anticipée de 2.140 condamnés auxquels les dispositions de la loi leur donnaient droit", a précisé un communiqué du ministère de la Justice.

"Parmi eux figurent M. Kizito Mihigo et Mme Victoire Ingabire Umuhoza, dont le reste de la peine a été commuée par prérogative présidentielle à la suite de leurs dernières demandes de clémence déposées en juin de cette année", a ajouté le texte.

Mme Ingabire avait été arrêtée en 2010 peu de temps après son retour au Rwanda alors qu'elle voulait se présenter à la présidentielle contre Paul Kagame comme candidate du parti des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), une formation d'opposition non reconnue par les autorités de Kigali.

Cette économiste hutu, qui n'était pas au Rwanda pendant le génocide, avait avant cela passé 17 ans en exil aux Pays-Bas.

Elle purgeait une peine de 15 ans de prison prononcée en 2013 par la Cour suprême pour "conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre" et "minimisation du génocide de 1994" qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Kigali l'avait accusée d'avoir nié la réalité du génocide en demandant que les auteurs de crimes contre les Hutu soient eux aussi jugés.

Kizito Mihigo, un chanteur très populaire au Rwanda, avait été arrêté en 2015 et condamné à dix ans de prison pour conspiration en vue d'assassiner le président.

Réélu en août 2017 pour un troisième mandat de sept ans, Paul Kagame est crédité de l'important développement d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi régulièrement accusé de bafouer la liberté d'expression et de museler toute opposition.

- Francophonie -

En novembre, la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) avait estimé que la condamnation de Mme Ingabire avait violé ses droits à la liberté d'expression et à une défense adéquate.

La Cour d'Arusha avait cependant souligné qu'elle n'était pas une instance d'appel des décisions de la justice rwandaise et avait refusé d'ordonner une révision du procès ainsi qu'une libération conditionnelle.

Eugène Ndahayo, ancien vice-président des FDU aux côtés de Victoire Ingabire, s'est réjoui de sa libération tout en s'interrogeant sur ses motifs.

"Nous sommes dans un contexte d'élections au niveau de l'Organisation internationale de la Francophonie et que (la candidature de) Madame (Louise) Mushikiwabo, l'actuelle ministre des Affaires étrangères, a été présentée et que cette candidature est contestée à cause de la question des droits de l'homme au Rwanda", a-t-il dit à Radio France Internationale (RFI).

Mme Mushikiwabo est soutenue par la France pour devenir la prochaine secrétaire générale de l'OIF, qui sera désignée au sommet de la Francophonie les 11 et 12 octobre en Arménie.

Une autre opposante, Diane Rwigara, qui avait voulu défier le président Kagame en 2017, avait été bloquée par la commission électorale. Elle a ensuite été arrêtée et accusée de trahison. Son procès est en cours.

Le Rwanda est doté par sa Constitution d'un système multipartiste mais la plupart des partis reconnus soutiennent le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir depuis 24 ans.

Toutefois, le Parti démocratique vert de Frank Habineza, seul parti d'opposition toléré, a obtenu 5% des suffrages aux législatives de début septembre, obtenant deux sièges de députés sur les 80 que compte la chambre basse.

En 2015, une réforme de la Constitution adoptée par référendum permet à Paul Kagame de se présenter pour un nouveau mandat et de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034.

Avec AFP

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Un chef rebelle rwandais plaide coupable de terrorisme

Callixte Nsabimana (C), porte-parole du groupe rebelle du Front de libération nationale (FLN), est escorté par des policiers au tribunal de première instance de Gasabo à Kigali le 23 mai 2019.

Un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé des attaques meurtrières dans le sud-ouest du Rwanda a plaidé coupable jeudi de toutes les accusations portées à son encontre, dont celle de terrorisme, et admis travailler pour des gouvernements étrangers contre Kigali.

Callixte Nsabimana, qui se fait appeler "Sankara", le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), était accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes (...), prise d'otages, meurtre et pillage".

Le FLN est un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, frontalière avec le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).

M. Nsabimana a plaidé coupable des 16 chefs d'accusation, dont ceux de meurtre et terrorisme, et s'est excusé sans réserve pour ses crimes.

"Je m'excuse pour tout ce que j'ai fait", a-t-il déclaré devant le tribunal. "Je veux déclarer que mon travail avec le FLN est fini et que tout ce qu'ils font à partir de maintenant est leur problème et non le mien."

"Je voudrais présenter mes excuses au président (rwandais Paul Kagame), à ceux que nous avons blessés et aux familles de ceux qui sont morts. Je m'excuse auprès de tous les Rwandais", a-t-il ajouté.

Son avocat a requis sa mise en liberté sous caution. Cette demande, à laquelle le parquet s'est opposé, estimant que M. Nsabimana risquait de s'enfuir du pays, sera examinée le 28 mai.

Ce dernier a également admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et avec l'armée ougandaise. "Nous leur avons demandé leur soutien militaire et diplomatique contre le Rwanda et ils étaient prêts à nous aider", a-t-il soutenu.

Ces aveux devraient encore détériorer les relations entre les trois pays. M. Kagame a plusieurs fois accusé l'Ouganda et le Burundi de s'immiscer dans les affaires intérieures du Rwanda.

Le FLN est la branche armée du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en 2018 par Paul Rusesabagina, le directeur de l'hôtel des Mille Collines lors du génocide de 1994, dépeint dans le film Hôtel Rwanda.

Le FLN est affiliée aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

En décembre, M. Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe, prisée des touristes pour ses gorilles des montagnes, une espèce menacée, qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie, à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

Controverse sur Mitterrand et le génocide au Rwanda

L'ancien président français François Mitterrand, en exercice au moment du génocide au Rwanda, à Paris, France, 11 juillet 1994.

L'association Survie a déploré la "véhémence" avec laquelle 23 anciens ministres socialistes français s'étaient insurgés contre des propos critiques sur l'ex-président François Mitterrand en place au moment du génocide au Rwanda, la jugeant "révélatrice du déni sur le sujet".

Le journal Le Canard Enchaîné révèle dans son édition de mercredi qu'une lettre a été adressée au chef du Parti socialiste français (PS) Olivier Faure, émanant de 23 ex-ministres du PS qui s'insurgent contre des déclarations de Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique aux élections européennes du 26 mai.

"Le Rwanda est le plus grand scandale de la Ve République. Gauche et droite ont trempé dedans, même si c'est François Mitterrand qui avait lancé cette politique et la portait de la manière la plus radicale et abjecte", avait notamment déclaré M. Glucksmann au journal Le Monde le 6 janvier.

Parmi les signataires de la lettre figurent Hubert Védrine, l'ancien secrétaire général de la présidence française au moment du génocide au Rwanda, et Paul Quilès, ancien président d'une Mission d'information de l'Assemblée nationale française sur le Rwanda.

"Comment peut-on porter un tel jugement (...) alors que la France fut le seul pays, dès le feu vert donné par l'ONU, à mener une opération humanitaire en 1994, pendant le génocide, pour sauver des vies, pendant que le monde entier restait indifférent", s'insurgent les signataires.

"Certes, la politique française au Rwanda peut naturellement être évaluée, discutée, ou critiquée. Mais rien ne peut justifier les accusations de "complicité de génocide" relayées par M. Glucksmann, alors qu'il s'exprime aujourd'hui au nom des socialistes", estiment les signataires.

Les zones d'ombres sur le rôle de la France avant, pendant et après ce génocide - qui fit au moins 800.000 morts entre avril et juillet 1994 selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi mais aussi parmi les Hutu modérés - restent une source récurrente de polémique en France.

Le président Mitterrand est accusé d'avoir, entre 1990 et 1994, pris le parti des Hutus face à la rébellion tutsie, soutenue par l'Ouganda, par crainte d'une expansion de la sphère d'influence anglo-saxonne. Et d'avoir ensuite tardé, comme l'ensemble de la communauté internationale, à réaliser l'ampleur des massacres et à s'interposer pour protéger les Tutsi traqués.

Dans un communiqué mercredi soir, Survie, qui milite "pour une refonte réelle de la politique étrangère de la France en Afrique", estime que cette lettre est "révélatrice du déni sur le sujet, 25 ans après".

"Ces anciens ministres se scandalisent des accusations de "complicité de génocide" ? Pourtant, aucun ne peut ignorer le rôle central de François Mitterrand dans le soutien jusqu'au-boutiste au gouvernement intérimaire rwandais qu'il qualifia pourtant de "bande d'assassins" à la mi-juin 1994", affirme notamment Survie.

Mais cette "véhémence" et cette "énième levée de boucliers montre que des personnalités qui ont eu des rôles clé à l'époque ou dans le PS les années suivantes sont encore capables de se coaliser", ajoute Survie.

Jeudi, M. Glucksmann a estimé sur les médias RMC et BFMTV que le génocide au Rwanda n'était "pas un enjeu de polémique électorale".

"A l'époque, il y avait un président de gauche, François Mitterrand, et un Premier ministre de droite, Édouard Balladur, on est en pleine cohabitation et la France a soutenu, armé, formé les milices et l'armée qui allaient faire le génocide, ça c'est une vérité", a-t-il martelé.

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Arrestation d'un chef rebelle accusé d'attaques meurtrières

Richard Sezibera, ministre rwandais des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse sur l'arrestation de Callixte Nsabimana à Kigali, Rwanda, le 30 avril 2019.

Le gouvernement du Rwanda a annoncé mardi avoir arrêté un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé une série d'attaques meurtrières dans une zone de forêts proche du Burundi et de la République démocratique du Congo (RDC).

Au Rwanda, Callixte Nsabimana est accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes, (...), prise d'otages, meurtre et pillage", a-t-il précisé dans un communiqué.

Nsabimana est le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, prisée des touristes désireux de voir des gorilles des montagnes, une espèce menacée.

Le FLN est affilié aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

Nsabimana a revendiqué les attaques via les réseaux sociaux, affirmant que son groupe avait pour objectif de renverser le président rwandais Paul Kagame.

Les autorités rwandaises ont refusé de préciser la date de son arrestation ou de sa comparution en justice. "Il a été arrêté et ramené ici", s'est contenté de déclarer mardi le ministre des Affaires étrangères, Richard Sezibera, au cours d'une conférence de presse.

En décembre dernier, Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

Naufrage d'un bateau en RDC: 15 corps retrouvés au Rwanda

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