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Libération sous caution refusée à l'opposante rwandaise Diane Rwigara


Diane Rwigara escortée par des policiers dans une salle d'audience à Kigali, au Rwanda, le 11 octobre 2017.

Un tribunal rwandais a refusé lundi de libérer sous caution l'opposante Diane Rwigara, poursuivie pour falsification de documents dans le cadre de sa tentative de participation à l'élection présidentielle d'août, ainsi que pour incitation à l'insurrection.

La libération sous caution a également été refusée à sa mère, Adeline, inculpée d'incitation à l'insurrection et de "pratiques sectaires", selon une décision rendue lundi par un tribunal de Kigali. Les charges d'incitation à l'insurrection ont cependant été abandonnées contre Anne Rwigara, soeur de Diane, qui sera libérée.

Diane Rwigara, 35 ans, qui dénonce le caractère politique de cette procédure judiciaire, a été arrêtée le 22 septembre avec Adeline et Anne. Elle assure qu'elles ont avant cela subi des interrogatoires quasi quotidiens au Centre d'investigation de la police rwandaise, pendant les trois premières semaines de septembre.

Le tribunal a évoqué lundi la "sensibilité" de l'affaire, et estimé que Diane et sa mère pourraient quitter le pays ou entraver l'enquête en cours si elles étaient libérées sous caution dans l'attente de leur procès.

L'incitation à l'insurrection est passible d'une peine de quinze ans de prison. La falsification de documents et les pratiques sectaires sont passibles de peines de 7 ans de prison.

Dans une interview accordée à l'AFP la veille de son arrestation fin septembre, Diane Rwigara avait assuré que la police lui avait confisqué ses papiers d'identité, ordinateurs et téléphones. "Je suis punie pour m'être levée contre l'oppression et dire ce que je pense", avait-elle déclaré.

Le rejet de la candidature de Mme Rwigara par la Commission électorale, pour une question de procédure, avait été critiquée par des gouvernements occidentaux et des groupes de défense des droits de l'Homme.

M. Kagame, crédité de l'important développement d'un pays exsangue au sortir du génocide de 1994, est régulièrement accusé de bafouer la liberté d'expression et de museler toute opposition. Il a été réélu le 4 août pour un nouveau mandat de sept ans avec près de 99% des voix.

Diane Rwigara est la fille d'Assinapol Rwigara, un important entrepreneur rwandais qui avait fait fortune dans l'industrie et l'immobilier.

Dans les années 1990, il avait largement financé le Front patriotique rwandais (FPR) de M. Kagame avant que celui-ci ne renverse le pouvoir extrémiste hutu en juillet 1994, mettant fin au génocide.

Diane Rwigara avait pris ses distances avec le FPR après le décès de son père en février 2015, dans un accident de la route, selon la police. Elle avait contesté cette version et dénoncé un "assassinat". Selon son frère installé aux Etats-Unis, Aristide Rwigara, le gouvernement tente en s'en prenant à sa famille de mettre la main sur la fortune de son père.

Avec AFP

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