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Trump signe deux décrets pour réformer la réglementation financière


Donald Trump dans le bureau Oval de la Maison-Blanche, Washington, 1er fevrier 2017

Le président américain doit signer vendredi deux décrets revenant sur les réformes clés adoptées en matière de réglementation financière dans le sillage de la crise financière de 2008

Donald Trump va demander au Trésor et au ministère du Travail de se pencher sur les moyens de réformer les mesures de la loi Dodd-Frank et de la "règle Volcker" régissant le secteur financier, destinées à éviter les excès sur les marchés et à protéger davantage les consommateurs, a indiqué à l'AFP un responsable de l'administration.

Le département du Trésor devra déterminer les éventuels changements qui pourront être apportés à la loi Dodd-Frank, réponse de 848 pages de l'administration de Barack Obama à la crise financière, régissant le secteur et promulguée en 2010.

La loi a notamment créé l'agence de protection des consommateurs (CFPB) et imposé aux banques de conserver davantage de capitaux afin de prévenir le surendettement.

L'examen portera également sur la "règle Volcker" qui freine certains investissements spéculatifs.

"(Nous) croyons que la loi Dodd-Frank a été à bien des égards un excès de zèle gouvernemental", a déclaré un responsable de l'administration selon lequel les décrets seront signés vendredi par Donald Trump.

"Elle a imposé des centaines de nouvelles réglementations aux institutions financières et, pour les sociétés financières, cela a entraîné une énorme quantité de travail et d'efforts", a-t-il ajouté.

Les républicains n'ont pas caché leur aversion pour l'agence de protection des consommateurs et leur intention de la réformer.

Toute abrogation substantielle de la loi Dodd-Frank nécessite l'accord du Congrès --qui est aux mains des républicains-- mais l'équipe Trump tient à faire savoir qu'elle a l'intention de s'attaquer aux contraintes administratives.

"Nous souhaitons des marchés très dynamiques, très ouverts, très transparents, sans qu'il y ait à supporter l'énorme fardeau de la réglementation", a déclaré le responsable.

Le directeur du Conseil économique national à la Maison Blanche Gary Cohn, qui a été numéro deux de la banque d'affaires Goldman Sachs avant de rejoindre l'administration Trump, a déclaré que l'objectif de déréglementer les marchés financiers n'avait "rien à voir avec Goldman Sachs".

"Cela n'a rien à voir avec J.P. Morgan, Citigroup et Bank of America. Il s'agit d'être un acteur sur le marché mondial où nous devons, pouvons avoir et aurons une position dominante tant que nous ne nous mettrons pas nous-mêmes à l'écart par la réglementation".

"Les Américains vont avoir de meilleurs choix et de meilleurs produits parce que nous n'allons pas alourdir les charges des banques avec des coûts réglementaires qui s'élèvent littéralement à des centaines de milliards de dollars par an", a assuré M. Cohn dans un entretien au Wall Street Journal, en précisant que "les banques allaient être en mesure de fixer leurs prix plus efficacement et donc au mieux pour les consommateurs".

Un autre décret vise la règle fiduciaire obligeant les conseillers financiers à agir dans l'intérêt de leurs clients. Une règle qui s'est avérée coûteuse pour les sociétés d'investissement, selon ce responsable.

Elle devait entrer en vigueur en avril mais elle sera reportée, en attendant son réexamen.

Avec AFP

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