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Trump s'oriente vers le recours à "l'urgence nationale" pour le mur

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Le président américain Donald Trump a indiqué vendredi qu'il pourrait prochainement déclarer une "urgence nationale" pour contourner le Congrès et construire le mur qu'il veut ériger à la frontière avec le Mexique.

"Je pense qu'il y a de bonnes chances que nous devions faire cela", a déclaré M. Trump lors d'un échange avec des journalistes à la Maison Blanche à l'issue d'une réunion sur le trafic d'êtres humains.

Fera-t-il cette annonce à l'occasion de son discours sur l'état de l'Union mardi soir devant le Congrès réuni au grand complet? Sans répondre explicitement, le locataire de la Maison Blanche a clairement laissé entendre que cela pourrait être le cas. "Ecoutez attentivement le discours", a-t-il lancé dans un sourire.

Ne craint-il pas que cette décision soit immédiatement attaquée en justice ? "Nous avons des bases juridiques très très solides", a-t-il répondu.

Pour sortir du "shutdown" le plus long de l'histoire américaine, Donald Trump a fini par céder fin janvier face à ses adversaires politiques en acceptant le financement temporaire des services fédéraux sans que le moindre dollar ait été débloqué pour le mur.

Mais le répit prendra fin le 15 février. D'ici là, les républicains qui contrôlent le Sénat et les démocrates du Congrès doivent trouver un compromis budgétaire de longue durée. Les discussions butent une nouvelle fois sur le financement du mur contre lequel les démocrates sont vent debout.

Réaffirmant sa conviction que les discussions en cours au Congrès étaient vaines, M. Trump a une nouvelle fois accusé ses adversaires de faire de petits calculs politiques au détriment de la sécurité nationale.

"Nous n'allons nulle part avec les démocrates", a-t-il lancé. "Ils veulent faire de ce débat un argument de campagne (pour la présidentielle de 2020) mais je ne pense pas que cela fonctionne politiquement".

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a réaffirmé jeudi qu'il n'y aurait "pas un sou" pour le mur dans la loi de financement qui sortira des négociations en cours.

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Cinq ans après, renvoi d'un policier blanc accusé d'avoir asphyxié un Noir à New York

Emerald Snipes, fille d'Eric Garner, s'adresse à la presse à l’extérieur d'un tribunal de New York, le 16 juillet 2019.

La mort d'Eric Garner en juillet 2014 a contribué à faire émerger le mouvement "Black Lives Matter" et alimenté les accusations de racisme portées à l'encontre de la police américaine.

L'affaire avait en 2014 catalysé le mouvement #BlackLivesMatter dénonçant les violences policières contre les Noirs: lundi, le chef de la police new-yorkaise a annoncé le renvoi du policier accusé d'avoir asphyxié un Noir non armé qui résistait aux injonctions de la police.

Le chef James O'Neill a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative, qui avait appelé à un licenciement à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin.

"Je suis d'accord" avec cette recommandation, l'officier de police Daniel "Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York", a indiqué James O'Neill, tout en soulignant que la décision avait été "extrêmement difficile".

L'histoire, qui a déchaîné les passions et suscité de nombreuses manifestations, remonte au 17 juillet 2014: Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island.

Obèse et asthmatique, M. Garner, qui refusait d'être interpellé mais n'était pas armé, avait perdu connaissance alors que cinq hommes s'employaient à le menotter, avant de décéder.

Les images de l'interpellation, filmées par un ami et mises en ligne peu après, avaient fait le tour du monde: on y entend Eric Garner, père de six enfants, répéter à maintes reprises, "Je ne peux pas respirer" ("I can't breathe").

Le policier Daniel Pantaleo avait ensuite gardé son emploi, mais était cantonné à des tâches administratives. Il avait été récemment suspendu dans l'attente de la décision de M. O'Neill.

- Pressions -

Son licenciement semblait cependant la seule option depuis la recommandation de la juge début août.

De puissantes associations de défense des droits civiques, dont celle du célèbre révérend Al Sharpton, avaient appelé le chef de la police à s'y conformer.

Le sujet était aussi devenu très sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, candidat à la présidentielle 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts.

M. O'Neill, qui a servi quelque 30 ans comme policier avant d'être promu à la tête de la police new-yorkaise, a immédiatement prédit que sa décision déclencherait la colère dans ses rangs.

"Si j'étais encore policier aujourd'hui, je serai probablement furieux contre moi", a-t-il reconnu.

Mais "c'est ma responsabilité de protéger la ville comme les policiers new-yorkais", s'est justifié M. O'Neill, tout en faisant valoir que les policiers exerçaient "l'un des métiers les plus difficiles au monde" et devaient prendre des décisions difficiles "en un instant".

Un syndicat de policiers new-yorkais, the Police Benevolent Association, l'a immédiatement accusé de choisir "la politique et ses propres intérêts plutôt que ceux des policiers qu'il prétend diriger".

- Explications "mensongères"

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains dimanche, la juge administrative Rosemarie Maldonado avait notamment estimé que le policier Daniel Pantaleo avait fourni, lors d'une enquête interne sur les circonstances de la mort d'Eric Garner, des explications "non plausibles et mensongères".

Elle avait aussi jugé "non fiables" les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident.

La procureure générale de l'Etat de New York, la démocrate noire Letitia James, a salué cette décision.

"Depuis plus de cinq ans, la famille Garner et les citoyens à travers le pays attendent que justice soit faite dans la mort d'Eric Garner (...) Si nous ne pourrons jamais changer les évènements qui ont eu lieu ni faire revivre M. Garner, un semblant de justice a été rendu aujourd'hui".

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