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États-Unis

Trump nomme un avocat conservateur comme ambassadeur au Mexique

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Christopher Landau, dont le nom était évoqué pour un poste au sein de l'administration Trump depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, a oeuvré en tant que clerc de deux juges conservateurs de la Cour suprême avant de devenir un avocat spécialisé dans les procédures en appel.

Il n'a aucune expérience diplomatique mais a étudié l'Amérique latine à l'université de Harvard et parle espagnol. Son père, George Landau, a servi comme ambassadeur des Etats-Unis au Chili, au Paraguay et au Venezuela.

Cette nomination, qui doit encore être validée par le Sénat, a été annoncée avec d'autres dans un communiqué du président lundi soir tard. Plusieurs postes diplomatiques importants restent vacants plus de deux ans après l'investiture de l'ex-magnat de l'immobilier.

Les Etats-Unis n'avaient plus d'ambassadeur au Mexique depuis la démission en mai de Roberta Jacobson, nommée par Barack Obama. Elle avait décidé de rester à son poste dans un souci de continuité mais se plaignait du processus chaotique de prise de décision.

Dans un entretien avec la radio publique NPR peu après sa démission, elle avait qualifié de "non-américaine" la politique de Donald Trump sur l'immigration et avait estimé que ces positions pourraient affecter l'influence des Etats-Unis dans la région.

Le milliardaire américain a fait de la lutte contre l'immigration l'une de ses priorités de campagne, allant jusqu'à affirmer que certains immigrés mexicains étaient des violeurs et promettant de construire un mur à la frontière entre les deux pays que Mexico paierait.

Or il a provoqué la plus longue paralysie des administrations, un "shutdown" de 35 jours et émis son premier veto cette semaine pour obtenir du Congrès américain le financement du mur, son administration reconnaissant implicitement que le Mexique ne le paierait finalement pas.

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Destitution de Trump: Bataille entre démocrates et républicains au sénat

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Procès en destitution: Trump a voulu "tricher" pour être réélu, assène l'accusation

Adam Schiff, qui dirige l'équipe des sept élus démocrates de la Chambre des représentants chargés de l'accusation,ici devant le Sénat à Washington, le 22 janvier 2020. REUTERS / US Télévision du Sénat

Donald Trump a essayé de "tricher" pour remporter un second mandat à la Maison Blanche, a accusé mercredi l'élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff en ouvrant les débats de fond au procès en destitution du président des Etats-Unis.

Après une première journée marathon qui a fixé le cadre de ce procès historique, les cent sénateurs se sont retrouvés mercredi à la mi-journée pour écouter dans le plus grand silence l'accusation dérouler ses griefs.

L'élu démocrate de la Chambre des représentants Adam Schiff, assisté par six confrères, est revenu sur les deux chefs d'accusation retenus le 18 décembre contre le locataire de la Maison Blanche: abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Donald Trump a "exercé des pressions sur l'Ukraine pour qu'elle annonce des enquêtes" pouvant servir sa campagne de réélection, dont l'une visait à "salir" un de ses rivaux potentiels, le démocrate Joe Biden, a assené cet ancien procureur.

Pour parvenir à ses fins, "en d'autres mots pour tricher", le président a notamment "gelé des centaines de millions de dollars d'aide militaire à un allié stratégique en guerre avec la Russie", a-t-il poursuivi.

Une fois ses actes rendus publics, Donald Trump a "utilisé ses pouvoirs" pour mettre des bâtons dans les roues aux enquêteurs de la Chambre, a encore déroulé Adam Schiff.

Ce fin connaisseur du dossier d'accusation, qui a supervisé les investigations à la Chambre, a appuyé son intervention d'extraits vidéo des auditions de témoins ou d'interviews de l'impétueux milliardaire et de son entourage.

Ponctuant son intervention de références historiques, il s'est fait grandiloquent pour appeler les sénateurs à voter la destitution: sinon, "nous allons écrire l'histoire de notre déclin de nos propres mains", a-t-il mis en garde.

- "Systématique" -

"Ces gens sont fous!" Depuis la Suisse, où il assistait au Forum économique mondial de Davos, Donald Trump s'était redit dans la matinée victime d'un "coup monté" orchestré par l'opposition démocrate.

Le président de 73 ans a assuré qu'il aurait "adoré" assister aux débats, mais que ses avocats n'y étaient pas favorables.

Quand les démocrates ont commencé à dérouler leur argumentaire, il s'est saisi de son compte Twitter, repoussant plusieurs montages vidéo pour ridiculiser ses adversaires ou vanter son bilan.

Donald Trump est le troisième président de l'histoire des Etats-Unis à subir l'opprobre associée à un procès en destitution, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999.

Comme eux, il devrait être acquitté, grâce au soutien indéfectible des 53 sénateurs républicains (sur 100 élus).

Malgré tout, les démocrates espèrent convaincre l'opinion publique que l'ancien magnat de l'immobilier a bien "violé son serment" de président. Pour ce faire, les sept élus chargés du rôle de procureurs disposent de 24 heures, étalées sur trois jours.

Puis ce sera au tour de la défense pour la même durée. "Nous allons contester vivement le dossier présenté" par l'accusation, a déclaré l'avocat personnel du président Jay Sekulow lors d'une brève interruption de séance. "Nous le feront de manière ordonnée et systématique".

- Prière -

Les sénateurs, qui font office de jurés, auront ensuite 16 heures pour poser leurs questions, par écrit. Elles seront lues par le président de la Cour suprême des Etats-Unis John Roberts, chargé par la Constitution de présider ce procès.

Entre-temps, ils devront rester vissés sur leur siège sans prendre la parole, ni consulter leur téléphone ou ordinateur, les équipements électroniques étant interdits dans l'hémicycle.

Ce cadre strict vise à assurer la dignité des débats. Il n'a toutefois pas empêché mardi l'accusation et la défense d'échanger des piques acerbes, au point que John Roberts a dû les rappeler à l'ordre.

"La manière dont les choses sont dites est parfois aussi importante que ce qui est dit", a renchéri mercredi l'aumônier du Sénat Barry Black dans son sermon quotidien.

A la pause, les sénateurs se sont rués hors de l'hémicycle pour livrer leurs analyses aux caméras ou tweeter de petits commentaires. Sans surprise, les démocrates ont jugé Adam Schiff "convaincant" (Amy Klobuchar) et les républicains ont déploré une "mascarade partisane" (Rand Paul).

Un premier vote est attendu en fin de semaine prochaine: les sénateurs devront décider s'ils acceptent de convoquer de nouveaux témoins, comme le réclament les démocrates.

Ces derniers devront convaincre quatre républicains de briser les rangs pour obtenir gain de cause, ce qui compte-tenu des tensions actuelles semble difficile.

Ils pourraient ensuite passer rapidement au vote sur la culpabilité de Donald Trump. La Constitution impose une majorité des deux tiers pour destituer un président, un seuil a priori inatteignable.

Impact politique du procès de Trump

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