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Trump mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave au Congrès

Les élus de la Chambre des représentants, lors du vote de mise en accusation de Donald Trump le 18 décembre 2019 à Washington.(House Television via AP)

Donald Trump est devenu mercredi le troisième président des Etats-Unis à être mis en accusation ("impeached"), pour abus de pouvoir et entrave au Congrès, une mesure historique qui va donner lieu à un procès en destitution au Sénat.

La Chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires, a voté en séance plénière à 230 voix pour et 197 contre la mise en accusation de Donald Trump pour abus de pouvoir. Elle a ensuite voté à 229 voix pour et 198 contre la mise en accusation du président républicain pour entrave au Congrès dans l'"affaire ukrainienne".

Deux démocrates, Collin Peterson et Jeff Van Drew, se sont prononcés contre la mise en accusation de Donald Trump lors de chacun des deux votes.

Un procès devrait être organisé en janvier au Sénat, contrôlé par les républicains, qui continuent de défendre Donald Trump et pourront faire obstacle à la procédure. Le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait déclaré avant le vote à la Chambre qu'il n'y avait selon lui "aucune chance" que le Sénat destitue Trump. Jamais, dans l'histoire des Etats-Unis, un président n'a été destitué.

"Cette procédure anarchique et partisane est un suicide politique pour le Parti démocrate", a déclaré Donald Trump lors d'un meeting de campagne à Battle Creek, au Michigan, alors que le vote était en cours à la Chambre.

"Ils essaient de me destituer depuis le premier jour. Ils ont essayé de me destituer avant même que je ne me présente" à l'élection présidentielle de 2016, a-t-il ajouté.

Donald Trump, qui ambitionne d'être réélu en novembre prochain à la présidence américaine, rejette toute malversation. Il dénonce une "tentative de putsch" de la part des démocrates, les accusant de vouloir effacer sa victoire.

"TRAGIQUE"

Les démocrates accusent Donald Trump d'avoir cherché à faire pression sur son homologue ukrainien, Volodimir Zelenski, afin que Kiev ouvre une enquête sur les activités en Ukraine du fils de Joe Biden et sur Joe Biden lui-même, le potentiel adversaire démocrate de Trump lors de la présidentielle de novembre 2020. Ils lui reprochent aussi d'avoir entravé leur enquête en bloquant la transmission de documents et les témoignages de ses principaux conseillers mais aussi via des tentatives vaines d'empêcher d'autres dépositions et d'intimider des témoins.

"Le président Trump a abusé de son pouvoir, violé son serment et trahi notre nation", a déclaré Joe Biden sur Twitter, soulignant que personne, "pas même le président", n'était au-dessus des lois aux Etats-Unis.

Durant le débat préalable au vote qui s'est prolongé jusque dans la soirée, la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré qu'il s'agissait de "défendre la démocratie pour le peuple". "Si nous n'agissions pas maintenant, nous serions indignes de notre fonction.

Il est tragique que les agissements imprudents du président aient rendu l'impeachment indispensable", a-t-elle dit. Les élus républicains ont accusé les démocrates de tenter de se servir d'une procédure inéquitable et truquée pour annuler le résultat de la présidentielle de 2016. "La question présentée devant la Chambre aujourd'hui est fondée uniquement sur une haine profonde à l'égard de notre président.

C'est une mascarade, une chasse aux sorcières, l'équivalent d'un putsch contre le président dûment élu des Etats-Unis", a déclaré le républicain Mike Rogers.

TRUMP "CONFIANT" QU'IL SERA EXONÉRÉ

Donald Trump est "prêt pour les prochaines étapes et confiant qu'il sera complètement exonéré" lors du procès au Sénat, a déclaré la porte-parole de la Maison blanche dans un communiqué.

Les républicains, majoritaires au Sénat avec 53 sièges, pourront faire obstacle à la procédure, d'autant qu'une majorité qualifiée des deux tiers y est nécessaire pour destituer un président.

Il faudrait en effet que 20 d'entre eux joignent leur voix à celles des 45 sénateurs démocrates et des deux indépendants pour que Trump soit évincé de la Maison blanche.

La victoire de Donald Trump en 2016 a polarisé les Etats-Unis, rendant plus difficile pour les politiciens de Washington la quête de compromis sur des questions essentielles telles que l'influence grandissante de la Chine et le changement climatique.

Des enquêtes d'opinion réalisées par Reuters/Ipsos montrent que la plupart des démocrates souhaitent la destitution de Donald Trump, tandis que la majorité des républicains y sont opposés.

Les auditions télévisées menées le mois dernier par la Chambre des représentants, qui avaient pour but de rassembler l'opinion derrière la procédure de destitution, a accentué les divisions dans le pays.

Par deux fois dans l'histoire américaine, la Chambre des représentants s'est prononcée en faveur de l'impeachment d'un président - Andrew Johnson après la Guerre de sécession et Bill Clinton en 1998 - mais, dans les deux cas, le Sénat ne l'a pas reconnu coupable.

Richard Nixon a pour sa part démissionné en 1974, en plein scandale du "Watergate", avant le vote en séance plénière à la Chambre des représentants.

Avec Reuters

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Procès en destitution: Trump a voulu "tricher" pour être réélu, assène l'accusation

Adam Schiff, qui dirige l'équipe des sept élus démocrates de la Chambre des représentants chargés de l'accusation,ici devant le Sénat à Washington, le 22 janvier 2020. REUTERS / US Télévision du Sénat

Donald Trump a essayé de "tricher" pour remporter un second mandat à la Maison Blanche, a accusé mercredi l'élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff en ouvrant les débats de fond au procès en destitution du président des Etats-Unis.

Après une première journée marathon qui a fixé le cadre de ce procès historique, les cent sénateurs se sont retrouvés mercredi à la mi-journée pour écouter dans le plus grand silence l'accusation dérouler ses griefs.

L'élu démocrate de la Chambre des représentants Adam Schiff, assisté par six confrères, est revenu sur les deux chefs d'accusation retenus le 18 décembre contre le locataire de la Maison Blanche: abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Donald Trump a "exercé des pressions sur l'Ukraine pour qu'elle annonce des enquêtes" pouvant servir sa campagne de réélection, dont l'une visait à "salir" un de ses rivaux potentiels, le démocrate Joe Biden, a assené cet ancien procureur.

Pour parvenir à ses fins, "en d'autres mots pour tricher", le président a notamment "gelé des centaines de millions de dollars d'aide militaire à un allié stratégique en guerre avec la Russie", a-t-il poursuivi.

Une fois ses actes rendus publics, Donald Trump a "utilisé ses pouvoirs" pour mettre des bâtons dans les roues aux enquêteurs de la Chambre, a encore déroulé Adam Schiff.

Ce fin connaisseur du dossier d'accusation, qui a supervisé les investigations à la Chambre, a appuyé son intervention d'extraits vidéo des auditions de témoins ou d'interviews de l'impétueux milliardaire et de son entourage.

Ponctuant son intervention de références historiques, il s'est fait grandiloquent pour appeler les sénateurs à voter la destitution: sinon, "nous allons écrire l'histoire de notre déclin de nos propres mains", a-t-il mis en garde.

- "Systématique" -

"Ces gens sont fous!" Depuis la Suisse, où il assistait au Forum économique mondial de Davos, Donald Trump s'était redit dans la matinée victime d'un "coup monté" orchestré par l'opposition démocrate.

Le président de 73 ans a assuré qu'il aurait "adoré" assister aux débats, mais que ses avocats n'y étaient pas favorables.

Quand les démocrates ont commencé à dérouler leur argumentaire, il s'est saisi de son compte Twitter, repoussant plusieurs montages vidéo pour ridiculiser ses adversaires ou vanter son bilan.

Donald Trump est le troisième président de l'histoire des Etats-Unis à subir l'opprobre associée à un procès en destitution, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999.

Comme eux, il devrait être acquitté, grâce au soutien indéfectible des 53 sénateurs républicains (sur 100 élus).

Malgré tout, les démocrates espèrent convaincre l'opinion publique que l'ancien magnat de l'immobilier a bien "violé son serment" de président. Pour ce faire, les sept élus chargés du rôle de procureurs disposent de 24 heures, étalées sur trois jours.

Puis ce sera au tour de la défense pour la même durée. "Nous allons contester vivement le dossier présenté" par l'accusation, a déclaré l'avocat personnel du président Jay Sekulow lors d'une brève interruption de séance. "Nous le feront de manière ordonnée et systématique".

- Prière -

Les sénateurs, qui font office de jurés, auront ensuite 16 heures pour poser leurs questions, par écrit. Elles seront lues par le président de la Cour suprême des Etats-Unis John Roberts, chargé par la Constitution de présider ce procès.

Entre-temps, ils devront rester vissés sur leur siège sans prendre la parole, ni consulter leur téléphone ou ordinateur, les équipements électroniques étant interdits dans l'hémicycle.

Ce cadre strict vise à assurer la dignité des débats. Il n'a toutefois pas empêché mardi l'accusation et la défense d'échanger des piques acerbes, au point que John Roberts a dû les rappeler à l'ordre.

"La manière dont les choses sont dites est parfois aussi importante que ce qui est dit", a renchéri mercredi l'aumônier du Sénat Barry Black dans son sermon quotidien.

A la pause, les sénateurs se sont rués hors de l'hémicycle pour livrer leurs analyses aux caméras ou tweeter de petits commentaires. Sans surprise, les démocrates ont jugé Adam Schiff "convaincant" (Amy Klobuchar) et les républicains ont déploré une "mascarade partisane" (Rand Paul).

Un premier vote est attendu en fin de semaine prochaine: les sénateurs devront décider s'ils acceptent de convoquer de nouveaux témoins, comme le réclament les démocrates.

Ces derniers devront convaincre quatre républicains de briser les rangs pour obtenir gain de cause, ce qui compte-tenu des tensions actuelles semble difficile.

Ils pourraient ensuite passer rapidement au vote sur la culpabilité de Donald Trump. La Constitution impose une majorité des deux tiers pour destituer un président, un seuil a priori inatteignable.

Impact politique du procès de Trump

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Taxe numérique : France et Etats-Unis ont trouvé un "cadre global commun" pour éviter une escalade commerciale

Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a assuré mercredi après une entrevue avec son homologue américain Steven Mnuchin que Paris et Washington avaient trouvé un "cadre global commun" sur la taxe numérique française qui irrite les Etats-Unis.

"La France est prête à reporter le paiement des acomptes de sa taxe digitale à décembre 2020" et les "Etats-Unis sont prêts à suspendre les sanctions" qu'ils menaçaient de prendre contre des produits français pendant ce temps, a-t-il dit en marge du Forum économique mondial de Davos.

"La France n'acceptera ni retrait ni suspension de sa taxe tant qu'il n'y aura pas de solution internationale", a ajouté le ministre, se défendant de plier sous la pression américaine.

"Il reste à nous entendre sur (une) base commune de travail" avec les Etats-Unis pour faire avancer les négociations au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à la fois pour une taxe numérique internationale, et pour une taxation minimale des entreprises.

M. Le Maire a indiqué qu'il allait revoir jeudi son homologue américain pour discuter ce dernier point "non négligeable".

Washington avait notamment avancé comme base de discussion le principe d'une taxation optionnelle, une ligne rouge pour Paris. "Je crois que ce n'est plus sur la table", a dit le ministre français.

Ce dernier a aussi assuré que l'Europe était "unie comme jamais" dans cette affaire, rejetant les accusations de jouer cavalier seul alors que d'autres pays européens mènent leurs propres projets de taxation numérique.

Bataille autour du format du procès en destitution du président

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Procès en destitution de Trump: l'accusation déroule ses griefs

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