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États-Unis

Solennité et tension au Congrès pour la mise en accusation de Donald Trump

Le président américain Donald Trump, à droite, et la première dame Melania Trump quittent la rotonde du Capitole après avoir assisté à un mémorial pour l'évangéliste Billy Graham à Washington, le 28 février 2018.

Les quelque 400 élus de la Chambre des représentants américaine se sont réunis mercredi dans un climat tendu et solennel, certains admettant volontiers leur "nervosité" à l'heure du vote historique sur la mise en accusation de Donald Trump.

"J'étais nerveuse, bien sûr", confie la parlementaire démocrate Diana DeGette qui préside, maillet à la main, la séance chargée de déterminer si le 45e président américain a commis un abus de pouvoir et fait entrave aux travail du Congrès.

"C'est une grande responsabilité, c'est très sérieux et je crois que les parlementaires pensent la même chose", dit-elle à l'AFP.

La journée est historique. Donald Trump va devenir le troisième président mis en accusation au Congrès.

Avec Mme DeGette, c'est la première fois que le débat est présidé par les démocrates. Les représentants du peuple américain exercent le plus haut pouvoir que leur octroie la Constitution, outre celui d'envoyer des soldats à la guerre.

Les élus républicains, minoritaires, ont bien essayé de retarder l'ouverture de la séance, en levant sans succès plusieurs objections. Le vote était prévu dans la soirée, au terme d'une journée emplie de solennité et d'une tension palpable.

L'avant-débat montre pourtant des signes de normalité et de cordialité entre les deux camps. Le démocrate Al Green, qui a le premier demandé la mise en accusation de M. Trump en 2017, se tient aux côtés des élus républicains lors de la prestation de serment.

Le républicain Dan Crenshaw, un ancien militaire blessé en Afghanistan, se fait un point d'honneur à serrer la main de ses collègues démocrates.

Le révérend Patrick Conroy, qui conduit la prière, demande à Dieu de donner aux élus "sagesse et discernement" pour remplir leur devoir.

- Silences et éclats de voix -

Les parlementaires se succèdent au pupitre pour un commentaire d'une à deux minutes et les déclarations deviennent plus agressives, rythmées par les rappels à l'ordre de Mme DeGette.

Un silence pesant se fait quand un huissier récite la résolution 755 qui "détermine que Donald John Trump, président des Etats-Unis, est mis en accusation pour crimes et délits majeurs".

Nancy Pelosi, la dirigeante démocrate au Congrès qui a lancé fin septembre l'enquête parlementaire en vue de la destitution du président, assure que le milliardaire républicain est "une menace constante" pour "la sécurité nationale".

"Les actes irresponsables du président ont rendu sa mise en accusation nécessaire, il ne nous a pas donné d'autre choix", dit-elle, vêtue d'un sobre ensemble noir.

Mais les esprits s'échauffent. "Il n'y a aucune preuve, aucune", lance Debbie Lesko. D'autres républicains dénoncent, comme ils le font depuis trois mois, "de la pure politique partisane", une procédure "bidon" qui fait honte à l'Assemblée.

Barry Loudermilk évoque Ponce Pilate qui a "accordé plus de droits à Jésus que les démocrates au président".

Au fond de l'hémicycle, Justin Amash entame une discussion avec Alexandria Ocasio-Cortez, qui incarne l'aile gauche du parti démocrate. Seul élu indépendant de la Chambre, il a quitté le parti républicain après avoir appelé à la destitution de Donald Trump.

Malgré les éclats de voix, le démocrate Gerry Connelly assure que les parlementaires "comprennent la solennité du moment". Il regrette pourtant que ses collègues républicains n'aient "rien vu, rien entendu quand il s'agit de ce président".

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Impact politique du procès de Trump

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Taxe numérique : France et Etats-Unis ont trouvé un "cadre global commun" pour éviter une escalade commerciale

Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a assuré mercredi après une entrevue avec son homologue américain Steven Mnuchin que Paris et Washington avaient trouvé un "cadre global commun" sur la taxe numérique française qui irrite les Etats-Unis.

"La France est prête à reporter le paiement des acomptes de sa taxe digitale à décembre 2020" et les "Etats-Unis sont prêts à suspendre les sanctions" qu'ils menaçaient de prendre contre des produits français pendant ce temps, a-t-il dit en marge du Forum économique mondial de Davos.

"La France n'acceptera ni retrait ni suspension de sa taxe tant qu'il n'y aura pas de solution internationale", a ajouté le ministre, se défendant de plier sous la pression américaine.

"Il reste à nous entendre sur (une) base commune de travail" avec les Etats-Unis pour faire avancer les négociations au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à la fois pour une taxe numérique internationale, et pour une taxation minimale des entreprises.

M. Le Maire a indiqué qu'il allait revoir jeudi son homologue américain pour discuter ce dernier point "non négligeable".

Washington avait notamment avancé comme base de discussion le principe d'une taxation optionnelle, une ligne rouge pour Paris. "Je crois que ce n'est plus sur la table", a dit le ministre français.

Ce dernier a aussi assuré que l'Europe était "unie comme jamais" dans cette affaire, rejetant les accusations de jouer cavalier seul alors que d'autres pays européens mènent leurs propres projets de taxation numérique.

Bataille autour du format du procès en destitution du président

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Procès en destitution de Trump: l'accusation déroule ses griefs

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Destitution: les règles proposées par le chef de la majorité républicaine adoptées

Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, au Capitole de Washington, le mardi 21 janvier. 2020. (Photo AP / J. Scott Applewhite)

Le Sénat américain a approuvé dans la nuit de mardi à mercredi le calendrier du procès en destitution du président Donald Trump après près de 13 heures de bras de fer entre la majorité républicaine qui veut une procédure rapide et l'opposition démocrate qui dénonce un acquittement joué d'avance.

Avant d'approuver cette "résolution sur l'organisation" des débats proposée par le chef de la majorité Mitch McConnell, les sénateurs ont rejeté onze amendements démocrates visant à forcer la Maison Blanche, le département d'Etat et le ministère de la Défense à présenter des témoins et des documents.

Voici les prochaines étapes de ce troisième procès en destitution d'un président à la chambre haute du Congrès dans l'histoire des Etats-Unis.

- Les arguments -

Les sept élus démocrates de la Chambre des représentants, qui font office de procureurs sous la houlette d'Adam Schiff, présentent à partir de 13H00 (18H00 GMT) mercredi leurs arguments en faveur d'une condamnation de M. Trump pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Ils auront 24 heures, sur une période de trois jours maximum, pour convaincre les sénateurs que le milliardaire républicain a fait pression sur l'Ukraine en conditionnant une aide militaire cruciale à l'annonce par Kiev de l'ouverture d'une enquête contre le démocrate Joe Biden, adversaire potentiel pour la présidentielle 2020, puis en tentant de cacher ces pressions.

Ensuite, les avocats de Donald Trump, menés par le conseiller juridique de la Maison Blanche Pat Cipollone, bénéficieront du même temps pour présenter leur défense. Pour eux, M. Trump était dans son rôle en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, dont le fils a fait des affaires dans un pays connu pour sa corruption généralisée, puis en refusant de collaborer à une "chasse aux sorcières".

- Questions écrites -

Les cent sénateurs (53 républicains, 47 démocrates) pourront poser pendant 16 heures des questions écrites aux deux équipes. Celles-ci seront transmises au chef de la Cour suprême présidant les débats, le juge John Roberts, qui les lira à haute voix.

- Témoins et pièces à conviction -

Les représentants de l'accusation et de la défense auront ensuite deux heures chacun pour se prononcer pour ou contre la comparution de plusieurs témoins, dont le chef de cabinet de la Maison Blanche Mick Mulvaney et l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton, ainsi que l'examen de documents - notes, communications, courriels... - liés à l'affaire ukrainienne.

Le Sénat votera ensuite sur l'audition des témoins et l'étude des documents.

Les démocrates ont besoin de 51 voix et donc de convaincre quatre républicains, ce qui paraissait mercredi peu probable tant le fossé est grand entre les deux camps.

Les sénateurs voteront deux fois, pour accepter d'entendre les éventuels témoins à huis clos puis en session publique.

- Vote final -

Après une délibération, dont la forme (huis clos, session publique) reste vague, les sénateurs voteront chacun des deux articles de mise en accusation.

Une majorité des deux tiers (67 voix) est à chaque fois nécessaire pour destituer le président, quasi assuré d'être acquitté en raison du soutien des républicains jusqu'ici.

Le vote pourrait intervenir en fin de semaine prochaine, juste avant le grand discours annuel sur l'état de l'Union que M. Trump prononcera devant le Congrès le 4 février.

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