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Les Etats-Unis se retirent de l’accord de Paris

Le président Donald Trump dans le Rose Garden de la Maison-Blanche à Washington, 1er juin 2017.

Le président Donald Trump a annoncé jeudi le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat.

Cet accord visant à limiter la hausse de la température moyenne mondiale fait partie de l'héritage de Barack Obama que Donald Trump a promis de défaire pendant la campagne électorale au nom de la défense des emplois américains.

Donald Trump a toutefois hésité pendant de longues semaines et de nombreuses voix sur la scène internationale (Chine et UE en tête), dans le monde des affaires et au sein même de son administration, l'ont appelé à revoir sa position, rappelant ces derniers jours l'urgence d'agir face au réchauffement en cours.

"En vue de remplir mon devoir solennel de protéger l’Amérique et son peuple, les Etats-Unis vont se retirer de l’accord sur le climat de Paris", a déclaré jeudi, sous un tonnerre d’applaudissements, le président Donald Trump, au Jardin des roses de la Maison-Blanche à Washington.​

M. Trump a cependant assuré que Washington entamera des négociations pour réintégrer cet accord ou une initiative entièrement nouvelle "sous des termes plus justes pour les entreprises des Etats-Unis, leurs travailleurs, leur peuple et leurs contribuables américains", a-t-il annoncé.

Le chef de l’Etat américain s’est plaint que l’accord sur le climat désavantage les Etats-Unis plus que tout autre pays dans le monde.

L’application de l’accord de Paris et les onéreuses prescriptions énergiques qu’elle impose aux Etats-Unis pourrait, selon M. Trump, faire perdre à l’Amérique jusqu’à 2,7 millions d’emplois de 2025 y compris 440.000 dans le secteur manufacturiers.

M. Trump a indiqué que son pays va mettre fin à toute contribution financière à "cet accord qui coûte aux USA une vaste fortune", a-t-il martelé.

Pour lui, il est injuste que la Chine et la Russie qui sont les plus grands pollueurs de la planète, continuent à maintenir leur production en charbon et que, dans le même temps, l’Europe et l’Inde soient, sous l'accord de Paris, permis d’augmenter leur production pendant que les Etats-Unis réduisent sensiblement la leur.

"En fait, l’accord n’élimine pas le travail du charbon mais le transfert à d’autres pays", a souligné M. Trump évoquant.

"En tant qu'un homme qui se soucie à un haut niveau de l’environ, je ne peux, en bonne conscience, appuyer quelque chose qui punit les Etats-Unis. Ça, c’est ce que fait effectivement l’accord de Paris", a précisé M. Trump.

Le président américain a aussi rappelé qu’il tient les promesses faites lors de sa campagne électorale.

"J’étais élu pour représenter les concitoyens de Pittsburgh et on ceux de Paris", a-t-il martelé. "Le moment est venu de rendre à nouveau grands les Etats-Unis".

Trump avait tout au long de sa campagne pour la pràsidentielle promis d’"annuler" la signature des Etats-Unis de cet accord.

Il a, tout de même, tenu en haleine le monde annonçant avant sa décision "écouter beaucoup de gens, des deux côtés".

Mais la décision elle-même ne surprend pas dans la mesure où M. Trump, depuis son arrivée au pouvoir, affiche sa volonté de donner un coup de pouce aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) au nom de la défense des emplois américains.

Pour beaucoup à travers le monde, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris constitue une véritable déflagration, 18 mois après sa signature historique, dont Pékin et Washington, les deux principaux émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, furent des architectes centraux.

L'Union européenne et la Chine ont promis de réaffirmer, lors d'un sommet à Bruxelles jeudi et vendredi, leur soutien à ce texte quelle que soit la position du président américain, a indiqué un dirigeant européen sous couvert d'anonymat.

Le milliardaire et entrepreneur Elon Musk a, lui, menacé de quitter les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump si celui-ci retirait les Etats-Unis de l'accord.

Signaux contradictoires

La question a profondément divisé le sommet du G7 qui vient de s'achever en Sicile, tous ses participants, à l'exception du président américain, ayant réaffirmé leur engagement envers ce texte.

Pendant sa campagne, l'homme d'affaires septuagénaire avait promis d'"annuler" cet accord. Mais depuis son installation à la Maison Blanche, il a envoyé des signaux contradictoires, reflets des courants contraires qui traversent son administration sur la question climatique mais aussi, au-delà, sur le rôle des Etats-Unis dans le monde et leur rapport au multilatéralisme.

Le patron de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Scott Pruitt, s'est ouvertement prononcé pour une sortie de l'accord, jugeant qu'il était "mauvais" pour l'Amérique.

Le monde des affaires s'est, dans sa grande majorité, prononcé pour un maintien au sein de l'accord de Paris. Une douzaine de grands groupes, parmi lesquels le pétrolier ExxonMobil, le géant de l'agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel ou Microsoft, ont pressé Donald Trump de ne pas en sortir.

Concrètement, Donald Trump pourrait invoquer l'article 28 de l'accord de Paris, qui permet aux signataires d'en sortir, mais, en raison de la procédure prévue, cette sortie ne deviendrait effective qu'en 2020. Une autre solution pourrait être de sortir purement et simplement de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (Cnucc).

La Maison Blanche restait muette mercredi sur ce thème et une éventuelle surprise de dernière minute de la part de l'imprévisible président ne pouvait être exclue.

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Joe Biden, désormais dans la course à la présidence des Etats-Unis

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Le chef du Pentagone disculpé de toute faute dans ses liens avec Boeing

Le ministre de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, au centre, accompagné du Chef d'état- major, le général Joseph Dunford, à gauche, et du secrétaire en charg de l'armée de l'Air (Air Force), Heather Wilson, devant le Comité des services armés du Sénat.

Le ministre américain de la Défense par intérim Patrick Shanahan a été disculpé jeudi de toute violation des règles d'éthiques du Pentagone à l'issue d'une enquête interne sur ses liens avec son ancien employeur Boeing, chez qui il a passé 30 ans.

M. Shanahan "a pleinement respecté ses engagements et ses obligations éthiques en ce qui concerne Boeing et ses concurrents", a indiqué dans un communiqué l'Inspecteur général du ministère de la Défense, un organisme indépendant chargé des enquêtes internes sur cette administration tentaculaire.

Cette annonce ouvre la voie à une éventuelle nomination par le président Donald Trump de M. Shanahan au poste de ministre de la Défense, qui devra être confirmée par le Sénat.

Dans une plainte déposée en mars, l'organisation Citoyens pour la responsabilité et l'éthique à Washington (CREW) avait demandé à l'Inspecteur général d'ouvrir une enquête à la suite d'informations rapportées par le site d'informations Politico sur des propos que M. Shanahan aurait tenus en privé en faveur de Boeing et au détriment de son concurrent Lockheed Martin.

"Par sa conduite et ses commentaires, le ministre par intérim pourrait avoir violé les règles d'éthique du Pentagone", indiquait le groupe.

A son arrivée en juin 2017 en tant que numéro deux du ministre de la Défense Jim Mattis, M. Shanahan avait signé un accord avec le Pentagone par lequel il s'engageait à ne participer à aucune discussion concernant Boeing.

Outre M. Shanahan lui-même, l'inspecteur général a précisé avoir entendu 33 témoins, consulté 5.600 pages de documents publics et 1.700 pages de documents classés secret-défense.

"Nous n'avons confirmé aucune des allégations", précise le rapport. "Nous avons déterminé que M. Shanahan n'a pas fait les commentaires qui lui étaient attribués, n'a pas fait la promotion de Boeing, et n'a pas dénigré ses concurrents".

"Le bureau de l'inspecteur général a pris ces accusations au sérieux", a souligné l'inspecteur général Glenn Fine. "Les témoignages démontrent que M. Shanahan a pleinement respecté ses obligations et ses engagements éthiques à l'égard de Boeing et ses concurrents."

M. Shanahan a été propulsé à la tête du Pentagone lorsque M. Mattis a démissionné avec fracas en décembre pour protester contre le retrait de Syrie décidé unilatéralement par le président Donald Trump.

M. Trump n'a toujours pas nommé de candidat pour succéder à Jim Mattis.

L'ancien vice-président démocrate Joe Biden à la conquête de la Maison Blanche

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Le rapport Mueller en images

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Le démocrate Joe Biden se lance dans la course à la Maison Blanche

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

Après plus de 45 ans de carrière politique, l'ancien vice-président démocrate Joe Biden a officialisé jeudi sa candidature à la Maison Blanche, se posant en défenseur des valeurs de tolérance de l'Amérique face à Donald Trump, accusé d'altérer "l'âme" de la nation.

"Les valeurs fondamentales de cette nation, notre rang dans le monde, notre démocratie même, tout ce qui a fait l'Amérique est en jeu. C'est la raison pour laquelle j'annonce ma candidature à la présidence des Etats-Unis", a écrit Joe Biden, 76 ans, sur Twitter.

"Si nous donnons huit ans à Donald Trump à la Maison Blanche, il altérera fondamentalement et pour toujours le caractère de cette nation", a averti l'ex-numéro deux de Barack Obama dans une vidéo postée en ligne.

"Bienvenue dans la course Joe l'endormi", a réagi Donald Trump sur Twitter, reprenant l'un des surnoms dont il l'a affublé.

"J'espère seulement que tu es suffisamment intelligent, ce dont on doute depuis longtemps, pour remporter la campagne de la primaire", a ajouté le locataire de la Maison Blanche. "Il y aura des coups bas (...) Mais si tu y parviens, je te verrai sur la ligne de départ!"

Dans sa vidéo, Joe Biden revient longuement sur les manifestations néonazies d'août 2017 à Charlottesville, lors desquelles une manifestante antiraciste avait été tuée, et a vivement critiqué la réponse de Donald Trump à l'époque, qui avait déclaré que "des gens biens" se trouvaient "des deux côtés".

"A ce moment, j'ai su que cette nation était menacée comme jamais je ne l'avais constaté auparavant au cours de ma vie", a souligné Joe Biden, en veste et chemise rayée à col ouvert.

Grâce notamment à sa grande notoriété et fort de son image de rassembleur modéré, Joe Biden domine déjà depuis des mois les sondages de ce tout début de campagne pour décrocher l'investiture démocrate, malgré de récentes polémiques sur ses gestes d'affection parfois trop marqués.

Il est le 20e candidat à briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre 2020: un nombre record pour un groupe qui présente aussi une diversité sans précédent dans l'histoire américaine.

Après deux tentatives malheureuses pour les présidentielles de 1988 et 2008 et alors qu'il avait passé son tour en 2016, trop affecté par le décès de l'un de ses fils, Joe Biden a laissé planer le suspense pendant des mois.

Pendant ce temps, sa large avance s'est quelque peu érodée, avec l'entrée en piste de candidats médiatiques aux nouveaux visages et bien plus jeunes comme le maire modéré Pete Buttigieg.

Les dernières semaines d'attente ont en outre été assombries par les témoignages de plusieurs femmes qui l'ont accusé de les avoir profondément gênées avec ses marques d'affection, comme un baiser sur la tête.

S'il a promis, face à la polémique, d'"être plus attentif", il ne s'est pas excusé pour autant.

- Peloton de tête -

Avec 29,3% des suffrages, le centriste partage le peloton de tête démocrate avec le sénateur très gauche Bernie Sanders (23%), selon le site RealClearPolitics.

Puis suivent, plus loin derrière, la sénatrice Kamala Harris (8,3%), Pete Buttigieg (7,5%), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (6,5%) et l'ex-élu du Texas Beto O'Rourke (6,3%).

Joe Biden aime mettre en avant ses origines modestes dans une Pennsylvanie ouvrière où il tiendra un premier meeting de campagne lundi. Ces racines pourraient lui donner un avantage précieux dans les ex-bassins industriels ayant basculé en faveur de Donald Trump en 2016.

"Les banquiers de Wall Street et les PDG n'ont pas construit les Etats-Unis. C'est vous la classe moyenne", avait-il lancé la semaine dernière à des grévistes.

Autre grand atout: Joe Biden reste très populaire parmi la base démocrate, notamment chez les électeurs plus âgés, les plus modérés ainsi que les Noirs, dont la mobilisation pourrait jouer un rôle important aux urnes.

Le président Barack Obama, par la voix de sa porte-parole, a déclaré que la choix de Joe Biden comme co-listier en 2008 avait été "l'une de ses meilleures décisions".

Outre ses célèbres gaffes, M. Biden aura aussi à répondre de plusieurs anciens épisodes, comme sa gestion de l'audition sénatoriale tendue d'une femme qui accusait de harcèlement sexuel un candidat à la Cour suprême, ou sa défense farouche d'une loi pénale qui a frappé surtout les Noirs.

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