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Toujours pas de liberté pour trois activistes nigériens qui dénonçaient un cas de corruption présumée


Des acteurs de la société civile lisant une déclaration demandant la libération de trois de leurs camarades arrêtés en mars, à Niamey, le 15 Juin 2020. (VOA/Abdoul Razak Idrissa)

Arrêtés en mars dernier alors qu'ils prenaient part à une manifestation dans le cadre de l'affaire de corruption présumée au ministère de la défense, les trois acteurs de la société civile sont incarcérés dans différentes prisons du pays.

Halidou Mounkaila, Maikoul Zodi et Moudi Moussa sont à leur 3e mois de détention dans les prisons de Daykaina, Ouallam et Kollo. Toutes les demandes de mise en liberté provisoire introduites auprès du juge par leurs avocats ont été rejetées.

Dans une déclaration publique demandant leur libération, parents et amis déplorent "des restrictions fantaisistes" imposées par le juge en charge de leurs dossiers.

Ces trois acteurs connus de la société civile ont été interpellés, avec d'autres personnes, à la suite d’une tentative de manifestation citoyenne le 15 mars dernier. Les autres ont été relâchés quelques semaines après leur arrestation, mais pas ces derniers.

Pourtant la manifestation n’était pas interdite dans les conditions fixées par la loi, selon les organisateurs. Elle avait pour objectif de soutenir les forces de défense et sécurité qui, selon une enquête, avaient été victimes de détournements présumés de fonds alloués à l'achat des équipements nécessaire à la lutte contre le terrorisme. Les manifestants étaient donc venus exiger la transmission du rapport d’inspection du ministère de la défense nationale à la justice.

"Avec les fuites sur le fameux rapport d’inspection du ministère de la défense nationale, les Nigériens et les Nigériennes ont compris pourquoi une manifestation pacifique, régulièrement déclarée et qui n’a pas été interdite, a été brutalement réprimée", poursuit le texte de la déclaration.

Les trois activistes arrêtés fin mars à Niamey.
Les trois activistes arrêtés fin mars à Niamey.

Les organisations de la société civile réclament la désignation d'un autre juge "véritablement indépendant et intègre". Elles demandent aussi que toutes les personnes, civiles ou militaires, impliquées dans cette affaire soient "mises à l’écart’’.

S’agissant des fournisseurs et autres prestataires cités par le rapport d’inspection, les organisations de la société civiles demandent que "des mesures conservatoires soient prise à leur encontre".

Dans une sortie médiatique le collectif des avocats desdits fournisseurs a exclu toute poursuite pénale contre ses clients. Dans l’audit du ministère de la défense, trois types de manquements ont été relevés : absence de livraison, livraison partielle et surfacturation.

D’un point de vue juridique, "il n’est pas possible de rechercher, poursuivre et inculper un individu pour des faits de surfacturation", indique le collectif dans un communiqué distribué à la presse.

"Nos clients sont vilipendés, stigmatisés, humiliés, injuriés, diffamés alors même qu’ils ont livré la quasi-intégralité du matériel qui leur a été commandé", s’est indigné Marc Lebihan, avocat de l’homme d’affaires Boubacar Hima.

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