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Cinq temps forts de l’actualité américaine en 2020

Manifestant du mouvement Black Lives Matter au milieu des gaz lacrymogènes devant le palais de justice Mark O. Hatfield à Portland, Oregon, 21 juillet 2020.

L'année 2020 a eu sa juste part d'événements historiques majeurs, dont le procès en destitution du président Donald Trump, la pandémie qui a fait des Etats-Unis le pays le plus touché, la contestation Black Lives Matter et les batailles politiques relatives à la Cour suprême et aux élections.

1. Le procès en destitution de Donald Trump

2020 aura été une année animée et riche en rebondissements au plan politique, dès le 16 janvier avec le procès en destitution du président Donald Trump au Sénat, un mois après sa mise en accusation par la Chambre des représentants, où le parti démocrate détient la majorité, pour abus de pouvoir et obstruction au Congrès dans une affaire liée à l'Ukraine.

Le Sénat, contrôlé par les républicains, l'a acquitté.

Le président américain Donald Trump tient le Washington Post qui titre en Une son acquittement au Sénat, à Washington, le 6 février 2020.
Le président américain Donald Trump tient le Washington Post qui titre en Une son acquittement au Sénat, à Washington, le 6 février 2020.

Le processus de mise en accusation peut être considéré comme quelque peu analogue à une procédure pénale. La Chambre, comme un grand jury, recueille des preuves, entend des témoignages et rédige des articles de mise en accusation contre le président. Après la Chambre, qui a voté pour destituer le président le 18 décembre 2019, le Sénat a tenu un procès où les deux parties ont présenté leurs cas devant des sénateurs agissant en tant que jurés. Le tout sous le regard du chef de la Cour suprême, John Roberts.

Donald Trump est le troisième président de l'histoire des États-Unis à avoir subi un procès en destitution, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999.

2. Montée en flèche de la pandémie

Les Etats-Unis sont rapidement devenus le pays le plus touché par le coronavirus, malgré les nombreuses mesures prises par chaque Etat pour tenter d'endiguer la pandémie. Le premier cas de Covid 19 a été signalé dans l'État de Washington le 20 janvier: il s'agissait d'un trentenaire qui rentrait de Chine, où a débuté l'épidémie.

Le 13 mars, M. Trump déclare l'urgence nationale, libérant 50 milliards de dollars de fonds de secours. La Food and Drug Administration (FDA) accorde une autorisation d'urgence pour un test de coronavirus par le fabricant suisse Roche. Le 18 mars, Le président signe la loi Families First Coronavirus Response et annonce qu'il invoquera la loi sur la production de défense pour améliorer les ressources médicales américaines.

L'infirmière Glenda Perez attend de tester des personnes pour la maladie à coronavirus (COVID-19), à East Los Angeles, Californie, le 10 novembre 2020.
L'infirmière Glenda Perez attend de tester des personnes pour la maladie à coronavirus (COVID-19), à East Los Angeles, Californie, le 10 novembre 2020.

Le 26 mars, le nombre d'infections atteint les 82.000, dépassant les chiffres de la Chine et de l'Italie. Le 3 avril, les Centres de contrôle et prévention des maladies (CDC) recommandent de porter le masque en public. Le 11 avril, les États-Unis deviennent le pays avec le plus grand nombre de décès signalés, soit plus de 20.000.

Le 1er octobre, alors que la campagne pour la présidentielle bat son plein, le président et la première dame Melania Trump sont testés positifs et entrent en quarantaine. Le 5 octobre, Trump revient à la Maison Blanche après trois jours au centre médical militaire Walter Reed, où il a reçu des traitements expérimentaux.

Le 18 novembre, le pays dépasse les 250.000 décès et 12 millions de cas 3 jours plus tard.

3. Le mouvement "Black Lives Matter"

Les Etats-Unis se sont également illustrés en 2020 à travers le mouvement Black Lives Matter, suite à la mort de l'Afro-Américain George Floyd, asphyxié par un policier lors d'une interpellation à Minneapolis le 25 mai, ce qui a déclenché des manifestations contre le racisme et la violence policière.

Les manifestations se sont rapidement répandues dans plusieurs villes américaines. Certaines ont été organisées pour une autre victime noire, Breonna Taylor, technicienne médicale d'urgence de 26 ans, abattue par la police de Louisville dans le Kentucky lors d'un mandat d'arrêt dans le cadre d'une enquête sur les stupéfiants. La jeune femme n'était pas une cible de l'enquête et aucune trace de drogue n'a été trouvée dans son appartement.

Des troubles plus localisés ont réapparu dans certaines villes à la suite d'incidents impliquant des policiers, notamment après la fusillade de Jacob Blake à Kenosha, qui a conduit à des manifestations et des émeutes dans cette ville du Wisconsin.

Vue partielle d'une manifestation contre la brutalité policière et le racisme aux États-Unis à Boston, Massachusetts, le 29 mai 2020.
Vue partielle d'une manifestation contre la brutalité policière et le racisme aux États-Unis à Boston, Massachusetts, le 29 mai 2020.

Les incendies criminels, le vandalisme et le pillage ont causé environ 1 à 2 milliards de dollars de dommages en moins de quinze jours, faisant de cette phase de manifestations l'événement de troubles civils avec les dommages les plus élevés de l'histoire des États-Unis.

Fin juin, au moins 14 000 personnes ont été arrêtées lors de manifestations. Les sondages ont estimé qu'entre 15 et 26 millions de personnes avaient participé aux manifestations aux États-Unis. Ces contestations ont conduit à des demandes aux niveaux fédéral, étatique et municipal visant à lutter contre la brutalité, les bavures et l'immunité de la police.

Les manifestations ont également débouché sur une campagne publique pour la suppression des monuments et mémoriaux de la rébellion sudiste pro-esclavagisme, ainsi que d'autres symboles historiques jugés racistes.

4. La Cour Suprême sans Ruth Bader Ginsburg

L'un des temps forts de l'actualité américaine en 2020 aura été la mort, le 18 septembre, de la juge et défenseure des droits des femmes Ruth Bader Ginsburg, à l'âge de 87 ans, laissant un siège vacant à la Cour suprême. Plusieurs politiciens, démocrates comme républicains, et des dirigeants du monde entier, ont rendu hommage à Ruth Bader Ginsburg, pivot de la Cour suprême durant 27 années.

Quelques jours après son décès, le président Donald Trump déclare qu'il choisira une femme pour la remplacer. L'annonce fait grand bruit dans les rangs des démocrates qui s'opposent à ce que le poste d'un juge nommé à vie soit déterminé avant les élections du 3 novembre. Un argument avancé par les républicains en mars 2016 lorsque l'ancien président Barack Obama avait nommé le juge Merrick Garland pour remplacer Antonin Scalia, décédé en février.

Le cercueil de la juge Ruth Bader Ginsburg dans le Statuary Hall au Capitole, à Washington, le 25 septembre 2020.
Le cercueil de la juge Ruth Bader Ginsburg dans le Statuary Hall au Capitole, à Washington, le 25 septembre 2020.

Le 26 septembre, M. Trump annonce qu'il a choisi la juge Amy Coney Barrett, âgée de 48 ans. Le 12 octobre, la commission judiciaire du Sénat entame quatre jours d'audiences pour déterminer l'aptitude d'Amy Coney Barrett à un poste à la Cour suprême. Elle vote à l'unanimité la nomination de la juge Amy Coney Barrett, alors que les démocrates boycottent l'appel nominal. Le 26 octobre, le Sénat, à majorité républicaine, confirme Amy Coney Barrett en tant que juge de la Cour suprême.

Le président Trump aura, en quatre ans, nommé trois juges réputés conservateurs au sein du temple du droit américain. Durant cette période, il a d'ailleurs installé 216 juges dans les cours fédérales inférieures qui se prononcent également sur la constitutionnalité de lois importantes avant que les litiges ne remontent à la Cour suprême. Une initiative politicienne de bonne guerre sachant que le démocrate Jimmy Carter en avait nommé 262 en quatre ans à peine également, entre 1976 et 1980.

L'arrivée de la juge Barrett renforce la majorité des juges réputés conservateurs, ces derniers sont désormais six contre trois jugés progressistes.

5. Le duel Trump-Biden et la saga de la contestation

L'année 2020 se referme sur les élections du 3 novembre, un scrutin sans pareil, qui a vu Joe Biden élu président, après une âpre bataille rangée de longs mois entre républicains et démocrates, entre pro-Trump et anti-Trump. Une bataille qui s'est intensifiée lors de la campagne électorale, sous forme de diatribes incendiaires de part et d'autre visant à affirmer son propre camp, ses propres certitudes et marquer ainsi un peu plus les divisions dans le pays. Cette fracture au sein même de la population américaine sera amplement commentée et décriée par les médias, au-delà des frontières.

L'élection présidentielle 2020 s'est déroulée comme nulle autre auparavant, à cause de la pandémie, qui obligera les Etats à offrir l'option du vote par correspondance à tous les électeurs. Bien que déjà en vigueur pour divers scrutins dans la plupart des juridictions, ce procédé s'avérera plus complexe qu'il n'y paraît dans un contexte électoral où l'on s'attend à des scores très serrés.

Le président américain Donald Trump (à g.), candidat du parti républicain, et l'ancien vice-président Joe Biden, candidat du parti démocrate, lors de leur débat final à Nashville, Tennessee, le 22 octobre 2020.
Le président américain Donald Trump (à g.), candidat du parti républicain, et l'ancien vice-président Joe Biden, candidat du parti démocrate, lors de leur débat final à Nashville, Tennessee, le 22 octobre 2020.

Les Américains répondront en grand nombre au vote par correspondance et anticipé avant la date du 3 novembre. Ces élections enregistrent un taux de participation record jamais atteint depuis 1900, quand le républicain William McKinley a battu le démocrate William Jennings Bryan avec un taux de participation de 73.7 %. Depuis lors, aucune présidentielle n'avait dépassé 65.7 %.

Le président sortant n'a toujours pas reconnu sa défaite et n'a pas félicité son adversaire comme l'exige la coutume. Il continue de dénoncer la fraude électorale, même si tous les États et la capitale fédérale, Washington, ont certifié leurs votes et confirmé la victoire de Joe Biden avec une majorité de grands électeurs, soit 306 sur les 538 que compte le pays.

Une Amérique riche en émotions

L'année 2020 aux Etats-Unis se referme sur de nombreuses incertitudes liées notamment à la gestion de la pandémie et à l'issue des élections.

Mais tous ces événements sont de bonne augure car ils retracent une société qui s'affirme au gré des ses antagonismes, ses divergences, ses objections, entre mille autres différends, mais avant tout, une entité exclusive, singulière, agissant sous la bannière d'Etats unis, des Etats dont la force réside dans leur propre autonomie tout en restant rattachés à une union sacrée.

L'Amérique n'est pas en déclin. Sa force réside dans l'intarissable volonté de toujours savoir se relever en toute circonstance. L'Amérique a son histoire. Elle a toujours surmonté les difficultés, comme elle vient de le faire au cours d'une année riche en défis, riche en diversité, riche en émotion, sans jamais perdre raison.

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Donald Trump gracie 73 personnes, dont Steve Bannon

L'ancien stratège de la Maison Blanche Steve Bannon arrive pour témoigner au procès de Roger Stone, au tribunal fédéral de Washington, le 20 août 2020.

Peu avant la fin de ses fonctions, le président américain sortant Donald Trump a gracié 73 personnes, dont son ancien conseiller Steve Bannon, a annoncé mercredi la Maison Blanche.

Le communiqué de la Maison Blanche indique que "le président Donald J. Trump gracie 73 personnes et a commué les peines de 70 autres". Ni M. Trump, ni ses enfants ne figurent sur la liste des personnes bénéficiant d'une grâce.

M. Bannon, 66 ans, avait été l'un des artisans de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016 avant d'être poussé vers la sortie par le milliardaire républicain.

Il a obtenu la clémence du président alors qu'il était accusé d'avoir détourné des fonds prétendument destinés à la construction d'un mur à la frontière Etats-Unis-Mexique.

"M. Bannon a été un leader important du mouvement conservateur et il esr connun pour son expertise politique", ajoute le communiqué de la Maison Blanche.

Cette grâce avait été annoncée auparavant par plusieurs médias américains.

Selon le New York Times, M. Trump a pris la décision de grâcier son ancien conseiller à la dernière minute après s'être entretenu au téléphone avec lui.

La grâce présidentielle annulerait les charges portées contre Steve Bannon s'il était condamné, selon le journal.

Sur la liste des autres personnes graciées figure son ancien collecteur de fonds Elliott Broidy, poursuivi pour une campagne de lobbying illégale, ainsi que le rappeur américain Lil Wayne qui avait plaidé coupable le mois dernier de possession d'une arme à feu, délit pour lequel il risquait jusqu'à dix ans de prison.

Ces derniers mois, M. Trump, qui doit s'envoler mercredi matin pour la Floride, a déjà utilisé ce pouvoir présidentiel et a exonéré des collaborateurs et des proches. Crtains avaient été condamnés dans le cadre de l'enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016.

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