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Un Japonais invente un écran à LED comparable à une seconde peau

L'écran d'un millimètre d'épaisseur développé par le professeur Someya peut recevoir des messages. Photo prise à l'Université de Tokyo le 14 février 2018.

Un écran ultra-fin, souple comme un pansement, qu'on peut se coller sur la main pour recevoir et envoyer des messages : c'est l'invention d'un universitaire japonais, qui rêve de la voir utilisée notamment dans le domaine de la santé.

Le dispositif d'un millimètre d'épaisseur permet au patient de communiquer des données médicales à son médecin resté à distance, détaille l'inventeur, Takao Someya, professeur à l'Université de Tokyo.


Collé sur la paume ou l'arrière de la main, l'appareil pourrait également servir à envoyer des messages aux patients afin qu'ils n'oublient pas de prendre leur médicament, ou bien permettre aux petits enfants éloignés de communiquer avec leurs grands parents.

"Si vous le mettez à même la peau, vous avez l'impression qu'il fait partie de votre corps. Lorsqu'on envoie des messages à votre main, cela vous rend émotionnellement plus proche de l'expéditeur", s'enthousiasme M. Someya.

L'universitaire souligne que son invention s'avérerait particulièrement utile dans un Japon vieillissant, car elle permettrait de mettre en place une surveillance continue et non-invasive des personnes âgées dépendantes.

L'image ou les messages s'affichent sur une grille de 16 fois 24 micro-LEDs, reliées par des câbles élastiques et enchassées dans une feuille de caoutchouc. Il comprend également un capteur ultra-léger et un système de communication sans fil.

"Comme l'appareil est étirable, il permet de coller un écran sur des choses à la surface complexe, comme la peau", souligne l'inventeur. On peut le garder sur la peau une semaine, sans provoquer d'inflammation, et il est tellement léger que les utilisateurs peuvent l'oublier.

Il pourrait être utilisé par des sportifs, pour prendre connaissance de leur rythme cardiaque ou vérifier leur itinéaire pendant des courses, ou bien par des salariés qui pourraient lire des consignes d'utilisation directement sur leur main, tout en travaillant.

L'appareil, développé en partenariat avec le géant japonais de l'impression Dai Nippon, sera présenté à la rencontre annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la Science au Texas, ce week-end. Il pourrait être commercialisé d'ici trois ans.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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