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Tayap, village écologique au Cameroun


Tayap, village situé à 86 km à l'ouest de Yaoundé, la capitale camerounaise, reçoit des lauriers à l’international pour sa contribution à la pratique de l'agro- foresterie. Le village est devenu éponyme pour avoir donné son nom au projet dénommé "les vergers écologiques de Tayap".

Derrière le projet qui a aussi un volet écotouristique se cache, un groupe de jeunes, sous la houlette d’une Camerounaise, Adeline Flore Samnick, directrice générale de Agripo (Agriculteurs professionnels du Cameroun).

La quarantaine révolue, la dame garde continuellement le sourire au coin des lèvres.

Elle nous présente les prix internationaux décernés au projet "les vergers écologiques de Tayap", dont elle est la promotrice.

La scène se déroule dans l’un des champs où le projet est implanté depuis 2014.

Un villageois porte un régime de bananes sur la tête à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Un villageois porte un régime de bananes sur la tête à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"Le premier prix nous a été décerné en 2011 par Seed Awards. Le deuxième, par l'agence française de développement lors du salon de l'agriculture. Et, le troisième, par François Hollande, l'ancien président français," indique Mme Samnick.

"Mais il n’y a pas eu que les lauriers pour ce projet. Il y a aussi eu de l'argent frais ‘pour étendre le projet sur l'ensemble du village’", confie-t-elle.

Trente mille dollars américains sont venus d'Allemagne et 16.000.000 de francs CFA, du Programme des Nations unies pour le développement à Yaoundé, selon la promotrice des vergers écologiques de Tayap.

Le village Tayap est un petit groupement de maisons dans la forêt de la région du centre au Cameroun.

Avec 250 habitants, selon les derniers recensements, Tayap, est sorti de l’anonymat grâce au projet "les vergers écologiques".

Un projet qui englobe aussi un aspect éco-tourisme, visible ici avec ces trois maisons bâties en briques de terre.

Ces constructions seront portées à 10, assure Mme Samnick, pour accueillir les touristes.

Genèse du projet

C’est dans une circonstance malheureuse, se souvient Mme Samnick, que le projet est né.

"En 2008, nous avions, dans notre coopérative Agripo, perdu 5 hectares de la bananeraie à la suite d'un feu de brousse," se souvient-elle.

Le feu était parti d’un champ voisin. Son propriétaire avait mis le feu aux herbes pour préparer ses cultures, selon Mme Samnick.

C’est ainsi qu’est née l’idée de sensibiliser les populations sur l’abandon de l’agriculture itinérante sur brulis. Le projet "des vergers écologiques" venait de voir le jour.

Un village écolo et d'agro foresterie

Avec le financement du Pnud (Programme de l’Onu pour le développement), tout le village est impliqué dans le projet. Nous sommes en 2014.

Les cases écologiques pour touristes à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Les cases écologiques pour touristes à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Avec cet argent, "nous leur avons offert des implants agricoles, des sessions de formation à l'agroforesterie, qui consistent à planter plusieurs cultures dans le même espace. Le cacao, le macobo, le manioc, les safoutiers, les avocatiers, les arachides et l'arbre qui produit le beurre de karité," sont cultivés dans tous les champs du village, précise-t-elle.

Aujourd’hui, femmes et hommes du village ont su tirer profit de l'agroforesterie à Tayap.

A l'instar de Christian Bilong, originaire du village. Il y est revenu il y a 4 ans grâce au projet "des vergers écologiques de Tayap".

"C'est une bonne initiative, ça nous encourage à pratiquer l’agriculture. De temps en temps, le projet nous gratifie des prix. Et surtout, nous savons désormais qu'on peut mélanger les cultures," explique M. Bilong.

Dans la conduite du projet, une porcherie a même été offerte aux jeunes du village pour lutter contre l’exode rural.

De part et d'autres du village, des palmeraies ont germé des terres au bout de 3 ans. La production d’huile est d’au moins 2000 litres par palmeraie.

A gauche, le jeune Shawo, venu du nord-ouest, travaille dans l’unité de production d’huile de palme à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
A gauche, le jeune Shawo, venu du nord-ouest, travaille dans l’unité de production d’huile de palme à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Un niveau de production qui a attiré même des Camerounais d'autres horizons. A l'instar de la petite famille de Shawo, venu du nord-ouest du Cameroun, avec femme et enfants.

"Je suis employé ici. J'extraie de l'huile de palme pour mon patron et je suis payé pour ça. J'ai de bonnes relations avec les gens du village," se réjouit Mme Shawo.

Appuis financiers aux femmes

Dans son volet microfinance solidaire, le projet "les vergers écologiques de Tayap" octroie des appuis financiers aux femmes du village.

L'objectif est de leur permettre d'avoir des revenus quotidiens, en attendant que les cultures produisent. Ces appuis financiers sont cependant remboursables et ont été rendus possibles sur fonds du Pnud.

"J'ai emprunté 50.000 CFA et je me suis lancé dans le commerce des épiceries," rapporte l'une des bénéficiaires.

"J'ai ouvert une petite boutique au village grâce à ces appuis financiers. Ça m'aide, surtout que j’ai l’opportunité d'en bénéficier encore dès remboursement du précédent crédit," soutient Monique Ngo Nogoss, une sexagénaire.

-La rivière "banda", petite curiosité de Tayap-

Future aire de repos en bordure de rivière touristes à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Future aire de repos en bordure de rivière touristes à Tayap, Cameroun, 4 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

La rivière Banda, la petite curiosité en bordure du village Tayap, souffle un air pur sur le village.

La forêt tout autour est, elle, un cadre idéal de relaxation pour les touristes. Un site des investissements futurs du projet écologique de Tayap qu’il faut d'abord falloir l’aménager sans toutefois détruire la nature, indiquent les villageois.

Un plan d’aménagement du site a déjà été conçu et n'attend que les investisseurs.

Reportage d’Emmanuel Jules Ntap à Tayap pour VOA Afrique

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