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Controverse sur les mesures visant à résoudre le nombre d’accidents de circulation au Cameroun


Un bus de la société General express voyages après un accident de la circulation à Yaoundé, Cameroun, 3 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

L’accident de circulation le plus récent a causé le mois dernier la mort de 15 personnes. Le ministre des transports a suspendu l'agence Général express voyage, dont le véhicule était impliqué dans ce énième drame.

La décision qui n'est pas du goût de tous.

Le directeur général de l’agence General express voyages était presque sans voix face aux journalistes le 02 novembre 2017 au hall du ministère des transports à Yaoundé.

Le Directeur Général de " General express voyages répond à la presse, Yaoundé, Cameroun, 2 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap).
Le Directeur Général de " General express voyages répond à la presse, Yaoundé, Cameroun, 2 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap).

"Je regrette amèrement ce qui nous arrive ces derniers temps. Le diable accable notre structure. Mais, j’adresse mes condoléances aux familles des disparus ", a déclaré le directeur général de l’agence General express voyages.

Mal à l'aise devant la meute de journalistes, il a néanmoins semblé sur la défensive.

Surtout au sujet de la responsabilité de General express voyages dans l’accident du 23 octobre dernier. Les témoignages affirment que "le chauffeur avait effectué un mauvais dépassement".

"Je me dis que le ministre a pris une mesure conservatoire afin que nous apportions la preuve de notre innocence dans cet accident mortel," a- t-il souligné avant d’interrompre brutalement l’interview.

Audience entre le ministre des transports et les promoteurs des agences de voyage, Yaoundé, Cameroun, 3 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap).
Audience entre le ministre des transports et les promoteurs des agences de voyage, Yaoundé, Cameroun, 3 novembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap).

Au terme d'une audience avec le ministre des transports au cours de laquelle d'autres promoteurs d'agence de voyage ont pris part, la décision de suspension de General express voyages est restée telle qu'elle avait été annoncée le 24 octobre 2017 par un communiqué signé par Edgar Alain Mebe Ngo’o, le ministre des transports.

Un jour plus tôt, cette agence de voyage a été au centre d’un accident de circulation qui a fait officiellement 15 morts sur l'axe lourd Yaoundé- Douala, respectivement, capitale politique et économique du Cameroun.

C’était loin d’être le premier accident impliquant General express voyages. Depuis janvier 2017, les bus de la société ont été cités à 7 reprises dans des cas d’accidents de circulation.

Et, sur les 117 morts enregistrés au seul mois d’août sur les routes camerounaises, "12 sont imputés à la société General express voyages," a déclaré M. Mebe.

Ces cas ont été suffisants pour le ministre des transports de passer à une étape supérieure sur le cas de Général express voyage, à savoir : l'audit dès le 6 novembre 2017, de la société en question dans ses agences de Yaoundé, Douala et Bafoussam.

"Dans les brefs délais, j’attends les résultats de cet audit pour dégager les causes de la récurrence des accidents et prescrire les mesures correctives qui s’imposent," a martelé M. Mebe.

Cependant, le maintien de la suspension de General express voyage ajouté à l’audit de cette structure, crée encore une polémique.

Quelques syndicats des transports ont d’ailleurs menacé de faire grève avant de suspendre leur mot d'ordre dans la soirée du 03 novembre à l'issue d'une concertation à huis clos avec le ministre des transports.

"General express voyages a plus de 200 bus de transport. Il y a les emplois directs et indirects autour de la société. Que fera-t-on des employés pendant ces trois mois?" s’interroge Augustin Ngangoua, président d'un syndicat des transports, qui relève que cette mesure est contre-productive hâtive.

Une prise de position que fustige la Ligue camerounaise des consommateurs par l'entremise de son président, Delors Magellan Kamgaing.

"Nous aurions souhaité que cette société fut interdite d’activité définitivement. Et la sortie des syndicats des transports est purement corporatiste," estime M. Kamgaing.

Le décompte macabre sur les routes du Cameroun interpelle la responsabilité de l'Etat.

"C’est à l'Etat camerounais de construire de bonnes routes, de veiller à la bonne conduite des chauffeurs. C’est l’Etat qui doit lutter contre la corruption sur les axes routiers et s’assurer que les axes sont éclairés," soutient pour sa part Nya Ndaga Moubitang, homme politique et coordonnateur d’une organisation non gouvernementale des droits de l’homme et de la démocratie.

Un point de vue que partagent les usagers de la route qui suivent avec beaucoup d'intérêt le débat en cours.

Pour eux, les pouvoirs publics doivent contribuer d'une manière comme d’une autre à sauver les vies humaines sur les axes routiers du Cameroun.

Reportage d’Emmanuel Jules Ntap à Yaoundé pour VOA Afrique.

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