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Tchad

Les législatives repoussées à 2020, malgré la promesse de Déby

Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, le 21 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar).

Les élections législatives au Tchad, sans cesse repoussées depuis 4 ans, ne pourront pas avoir lieu "avant le premier trimestre 2020 au mieux" a annoncé jeudi la Commission électorale, enterrant la promesse du président Idriss Déby Itno de les tenir en 2019.

Alors qu'il y a deux semaines, le chef de l'Etat avait sommé cette Commission électorale indépendante (Céni) d'organiser ce scrutin avant la fin de l'année, ce que les politologues jugeaient déjà irréaliste, le président de cet organe, Kodi Mahamat, a expliqué devant la presse que le premier trimestre 2020 était "l'horizon temporel réaliste de l'organisation des élections législatives".

Même avec ce nouveau report, l'élection reste dépendante du "financement des opérations électorales", a aussi prévenu M. Mahamat, réclamant l'"appui" des "partenaires techniques et financiers" du Tchad.

L'opposition, qui avait déjà fait savoir qu'elle ne tenait pas à des élections avant la fin de cette année, a aussitôt exhorté jeudi le gouvernement à prendre plus de temps, pour les organiser dans des conditions optimales.

Mahamat Ahmat Alabo, secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD), n'a "aucune objection" à la tenue des élections, mais émet plusieurs conditions dont, notamment "la levée de l'état d'urgence dans les trois provinces", dans un entretien avec l'AFP aussitôt après l'annonce de la Céni jeudi.

- Etat d'urgence -

M. Déby a décrété fin août l'état d'urgence dans les deux provinces de l'est, le Ouaddaï et le Sila, théâtres d'affrontements meurtriers entre cultivateurs et éleveurs, et dans celle du Tibesti, dans le nord, repaire de groupes rebelles et d'orpailleurs illégaux.

M. Alabo souligne également la nécessité d'effectuer "l'enrôlement des jeunes, qui n'a pas été fait depuis 2016" et le "nettoyage du fichier électoral", deux tâches difficiles à mener à bien même avant le premier trimestre 2020.

"On s'achemine vers des élections bâclées", a renchéri Succès Masra, président du mouvement politique Les Transformateurs. Cette jeune figure montante de l'opposition trouve complexe d'engager un "dialogue national" en plein état d'urgence. "On a attendu quatre ans sans élections, on peut bien attendre au minimum huit mois pour organiser les élections dans de meilleures conditions", tranche-t-il, dans un entretien avec l'AFP également après l'annonce de la Céni.

Depuis 2011, la composition de l'Assemblée nationale, largement dominée par la majorité présidentielle, est restée la même. Pour justifier les reports successifs du scrutin, M. Déby, au pouvoir depuis près de 30 ans après un coup d'Etat en 1990, a invoqué la menace terroriste de Boko Haram - le groupe jihadiste nigérian qui multiplie les attaques meurtrières dans l'ouest depuis 2015 - et des difficultés financières.

Mais depuis deux ans, les bailleurs de fonds occidentaux et soutiens du Tchad, un pays stratégique en Afrique dans la lutte contre la menace des islamistes armés au Sahel, font pression sur le chef de l'Etat, Washington et Paris en tête.

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N’Djamena manque de petite monnaie

Siège de la BEAC à N'Djamena au Tchad, le 17 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

La petite monnaie devient de plus en plus rare à trouver à N'Djamena et même dans certaines contrées du pays. Il est difficile pour la personne qui n'a qu'un billet de banque d’acheter un article et de recevoir sa monnaie en retour, surtout pour les pièces allant de 25 à 100 francs CFA.

Pour certains, cette pénurie est due aux casinos installés partout dans la ville qui "absorbent les pièces" selon leurs termes.

Le principe de ces machines de jeux de hasard consiste à introduire des pièces de 100 francs CFA dans une caisse alimentée au courant, qui peut contenir entre 30.000 et 40.000 CFA en pièces.

Un joueur, la trentaine révolu, rencontré devant ce salle de jeu et qui requiert l’anonymat a déclaré qu’il vient de mettre un 500 FCFA dans la machine... Il a malheureusement perdu toute sa mise.

Ahmat Mahamat, responsable de la société de machines à sous dénommée "Galaxie Entertainment", se défend. La carence des pièces de monnaie dans la ville de Ndjamena n'est due qu'en partie à l’apparition des machines à sous, ce marque de pièces existait déjà avant l'apparition des machines.

"Pour éviter d’utiliser les pièces de 100FCFA, j'ai fait fabriquer mes propres pièces avec le nom de ma société. Mais effectivement il y a des dizaines de machines concurrentes qui utilisent les pièces de 100 francs CFA".

Le manque de pièces d’argent est un problème qui s’observe aussi dans d’autre pays notamment le Cameroun et la RCA, selon Abbas Mahamat Toli, gouverneur de la banque des États de l'Afrique Centrale.

Pour lui, l’activité des casinos est en grande partie responsable.

Abbas Mahamat Toli, gouverneur de la BEAC, le 17 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Abbas Mahamat Toli, gouverneur de la BEAC, le 17 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Selon le gouverneur, l’utilisation et le fonctionnement des sociétés de jeux du hasard n’est pas du ressort de la Banque centrale. Ce sont les Etat qui donnent les autorisations.

Maitre Mbailassem Nandingar Ndoh, juriste, à N’Djamena, le 17 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Maitre Mbailassem Nandingar Ndoh, juriste, à N’Djamena, le 17 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)


Pour le juriste Mbailassem Nadingar Ndoh, cette situation joue négativement sur l’économie familiale. "Ne pas recevoir sa monnaie ou être contraint d’acheter un autre article est un problème. Certains proposent des "avoirs" et deux ou trois jours plus tard, les vendeurs disent que ce délai a expiré, "un délai qui se donne sur quelle base juridique ?", s’interroge-t-il.

Il estime que l'Etat doit surveiller les marchés et les flux financiers, si besoin des directives doivent être prises et respectées. La monnaie doit être dans le circuit bancaire afin de booster l’économie du pays.

100 jeunes en formation en agriculture

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100 jeunes en formation dans le domaine agro-sylvo-pastoral

Vue des participants à la formation AYA CHAD, le 11 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

La 1ère édition du camp agro-écologique "Aya Boot Camp" a lieu du 10 au 16 octobre à une trentaine de kilomètre de N’Djamena. Ce camp est une initiative de la section tchadienne de l’ONG African Youth in Agribusness (Aya Chad), qui vise à stimuler et coordonner l’engagement des jeunes dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique.

"AYA BOOT CAMP", est une approche de formation des jeunes aux métiers de l’agriculture, de l’environnement, de l’élevage et de la pêche.

Environ 100 jeunes de différentes provinces du pays ont été sélectionnés sur la base des projets innovants. Ils seront outillés une semaine durant des techniques leur permettant de surmonter les obstacles qu’ils rencontrent dans la création des activités du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique.

Quelques jeunes diplômés, sans emploi et qui ont des projets porteurs, rêvent déjà d’embaucher les autres jeunes afin de lutter contre le chômage et l’exode rural s’ils arrivent à obtenir un financement.

Vu le problème de chômage qui se pose avec acuité au Tchad, ces jeunes participants s’engagent à recruter les autres pour lutter ainsi contre le chômage.

Mémadji Darby, communnicatrice de formation, le 11 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Mémadji Darby, communnicatrice de formation, le 11 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)


Les fonctionnaires porteurs de projets agropastoraux rêvent aussi de devenir leur propre patron, comme Mémadji Darby, communicatrice de formation.

Elle se dit prête à changer de carrière puisqu’elle porte un projet sur l’agropastoralisme.

"La verdure, l’élevage, c’est ce qui a accompagné mon enfance, donc j’ai aussi aimé le travail de la terre", a-t-elle dit avant d’ajouter qu’elle voulait "avoir sa propre ferme et commencer avec l’élevage de poule, la volaille".

Cette formation offre un aperçu des potentialités du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutiques comme bases de création d’emplois et sources de revenus pour les jeunes. Mais, seront-ils financés, ou auront-ils des espaces nécessaires pour mettre en pratique les connaissances acquises?

Fatimé Souckar Térap, présidente de l'ONG AYA CHAD, le 11 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Fatimé Souckar Térap, présidente de l'ONG AYA CHAD, le 11 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)


Pour la présidente de l’ONG AYA CHAD, Fatimé Souckar Térap, "financé c’est trop dire, mais un appui technique oui". Elle informe que son organisation a offert 45 hectares à ces jeunes-là.

Ils vont se spécialiser dans leurs domaines et puis après, l’appui financier viendra, car précise-t-elle, pour que "quelqu’un investisse, il veut voir la concrétisation, avec des suivis pendant un an sur le terrain".

Cette formation est une opportunité pour les jeunes de créer leur propre futur et d’apporter leur contribution aux communautés auxquelles ils appartiennent.

(Envoyé spécial à Mabrio.)

Mutinerie en cours dans une prison tchadienne, au moins deux morts

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008.

Au moins deux détenus ont été tués lundi lors d'une mutinerie dans une prison à Abéché (est du Tchad) où l'armée a repris le contrôle après plusieurs heures, a annoncé le procureur de la République de la ville, Hassan Djamouss Hachim.

Ces violences ont également fait 16 blessés parmi les prisonniers dont deux graves, a de son côté indiqué le préfet de la province, Abakar Maina.

Selon notre correspondant, un général de l'armée aurait été grièvement blessé et la plupart des bureaux et magasins de la maison d'arrêt sont détruits.

Les détenus protestent contre la lenteur dans la procédure judiciaire, leur délocalisation vers une autre maison d'arrêt nouvellement construite, et les conditions de détention.

La prison compte 570 détenus. Abéché est la capitale de la province du Ouaddaï, où le président Idriss Deby Itno a décrété l'état d'urgence le 18 août pour tenter d'endiguer les affrontements meurtriers qui opposent cultivateurs et éleveurs.

Un prisonnier contacté au téléphone par l'AFP a évoqué un bilan nettement plus lourd, mais il est impossible de vérifier cette information de source officielle.

"Nous nous sommes révoltés pour protester contre nos conditions de vie dans cette prison", a assué le détenu sous couvert de l'anonymat.

Le prisonnier, ainsi qu'un policier ayant également requis l'anonymat, ont assuré à l'AFP que des détenus avaient réussi à s'emparer des armes de certains de leurs gardiens et que des échanges de tirs ont retenti.

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