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Tchad

Des législatives au premier semestre 2019

Idriss Deby Itno, président de la République du Tchad, à N'Djamena, le 19 mars 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Le président tchadien Idriss Déby Itno a annoncé lundi que des élections législatives et municipales, plusieurs fois repoussées depuis deux ans, auraient lieu "avant la fin du premier semestre" 2019.

"L'année 2019 sera marquée par la tenue des élections législatives et communales", a-t-il dit lors de ses voeux de Nouvel An.

Les dernières législatives ont eu lieu en 2011. La troisième législature à l'Assemblée aurait dû se terminer le 21 juin 2015, mais une loi constitutionnelle l'a prolongée.

"Il n'appartient pas au président de la République du Tchad de fixer les dates des élections. C'est la Commission électorale nationale indépendante (CENI) - qui doit dans le meilleur des cas être mise en place mi-janvier - qui pourra dire la date des élections, conformément au code électoral", a réagi l'opposant Saleh Kebzabo à l'AFP.

"Idriss Déby ne parle pas non plus des libertés constamment violées ou d'une volonté d'améliorer la transparence électorale", a-t-il ajouté.

Le 23 décembre, lors de sa visite au Tchad, le président français Emmanuel Macron avait promis d'aider financièrement le pays à organiser les scrutins.

Idriss Déby espère obtenir 30 milliards de francs CFA (plus de 45 millions d'euros) auprès de la communauté internationale pour ces élections.

Idriss Déby espère également une sortie de crise de l'économie tchadienne, toujours marquée par la chute du prix du baril de pétrole en 2014 et les mesures d'austérité prises par le gouvernement tchadien en 2016.

"L'année qui commence sera une année charnière pour la bataille de la transformation structurelle de notre économie", selon le président tchadien, qui fait référence au plan de diversification de l'économie reposant "sur l'agriculture et l'élevage".

Le président tchadien a aussi promis que l'accord avec les travailleurs du secteur public, qui a mis fin à cinq mois de grève, "sera respecté".

Signé fin octobre, l'accord prévoit de maintenir à 65% de leur niveau le montant des primes et indemnités de salaires des fonctionnaires. Elles auraient dû être réduites de 50% après des mesures d'austérité.

"D'autres actions visant à améliorer davantage les conditions de vie et de travail seront envisagées au fur et à mesure que s'estomperont les effets de la conjoncture", a ajouté Idriss Déby.

"Le discours brille par son manque de chiffre, au niveau des données économiques. Le pays s'enfonce plutôt dans la misère", a estimé Saleh Kebzabo.

Avec AFP

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Lutte contre l’apatridie au Tchad

Vue des participants à la rencontre de sensibilisation des acteurs de la société civile pour la lutte contre l'apatridie, N’Djamena le 15 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)

Le ministère tchadien de la Justice et des Droits humains et les Nations unies ont tenu ce jeudi 15 août 2019 une rencontre avec la société civile.

L’objectif est de trouver une solution à la question de l’apatridie c’est-à-dire une personne dont qu’aucun Etat ne reconnait comme son ressortissant par application de sa législation.

La notion d’apatridie renvoie à une personne sans nationalité. Une source d’exclusion et de souffrance puisqu’elle constitue une violation des droits de la personne elle-même, de sa famille et même de sa descendance.

Lutte contre l’apatridie au Tchad
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Au Tchad, le non-enregistrement à l’état-civil des enfants y compris les enfants réfugiés, déplacés internes et retournés du fait des défis lié au système national d’état-civil, l’absence de documents d’état-civil et d’identité permettant de confirmer la nationalité de tchadiens de retour de la RCA dans les provinces du Sud et du Lac à risque d’apatridie sont autant de situations qui interpellent le gouvernement et ses partenaires au rang desquels le HCR.

A gauche, Mbili Michel Ambaoumba représentant de UNHCR au Tchad et Komi Gnondoli Emanuel, représentant du HCDH à droite, N’Djamena le 15 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)
A gauche, Mbili Michel Ambaoumba représentant de UNHCR au Tchad et Komi Gnondoli Emanuel, représentant du HCDH à droite, N’Djamena le 15 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)

Selon Mbili Michel Ambaoumba, le représentant du HCR au Tchad, "les apatrides rencontre généralement des difficultés pour jouir de leurs droits fondamentaux tels que l’éducation, les soins de santé, l’emploi, la liberté de mouvement et le droit de vote. Tout au plus, l’apatridie peut être un fait générateur d’instabilité et d’insécurité dans un pays".

Il salue les efforts du gouvernement tchadien qui, face aux défis que connais le système national d’état-civil a décidé de rendre gratuite la délivrance des jugements supplétifs aux enfants réfugiés nés sur le territoire tchadien entre 2002 et 2015 à risque d’apatridie. Mais sur le terrain, les agents chargés de délivrer ces documents administratifs exigent de l’argent.

Larlem Marie, coordonnatrice de l'APLFT, une société civile Tchadienne, N’Djamena le 15 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)
Larlem Marie, coordonnatrice de l'APLFT, une société civile Tchadienne, N’Djamena le 15 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)

"Il faudrait que la population aide le gouvernement à appliquer les mesures", estime Larlem Marie, coordinatrice de l’association tchadienne pour la promotion des droits de l’homme. "La carte d’identité par exemple est officiellement à 10.000 francs CFA, mais au commissariat, il y a des gens qui ont déboursé 25 à 30.000 francs CFA pour avoir ce document".

"Mais qu’est-ce que nous, en tant société civile, nous faisons?", demande-t-elle. Selon la coordinatrice, "nous contribuons au renforcement de l’apatridie".

Elle estime que "toutes les organisations de la société civile doivent se mettre en ensemble pour mobiliser et sensibiliser la population autour de cette question pour un changement de comportement".

Ngartoloum Bimian, directeur adjoint de l'affaire politique et de l'état civil du ministère de l'Administration du territoire, N’Djamena le 15 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)
Ngartoloum Bimian, directeur adjoint de l'affaire politique et de l'état civil du ministère de l'Administration du territoire, N’Djamena le 15 août 2019. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)

Pour le directeur-adjoint de l’Affaire politique et de l’état-civil du ministère de l’administration du territoire, Ngartoloum Bimian, "le Tchad est sur la bonne voie en matière de lutte contre l’apatridie conformément à la loi 08 de 2013 et son décret d’application n°660 de la même année disent clairement que l’enregistrement de déclaration et la délivrance des originaux des actes d’état-civil sont gratuit".

Au mois de mai dernier, le ministre de la Justice et le représentant du ministre de l’Administration du territoire se sont rendus à Amdjarass -ville natale du président Déby- pour lancer les audiences foraines des délivrances des jugements supplétifs aux réfugiés.

"Cette opération concerne également les retournés de la Centrafrique pour permettre à ce qu’on leur délivre les actes de naissances. Effectivement c’est pour lutter contre l’apatridie dans notre pays", ajoute-t-il.

Des juridictions qui ont procédé à ses audiences foraines ont délivré des actes de naissances à plus de 120 milles enfants réfugiés nés sur le territoire tchadien.

Le représentant du haut-commissariat des nations-unies aux droits de l’Homme Komi Gnondoli Emmanuel invite toutes les nations à éradiquer ce fléau d’ici à 2024.

"Malgré toutes ces diapositives juridiques, les droits de l’homme sont confrontés au quotidien à des défis dans leur application effective", explique Komi Gnondoli à VOA Afrique. "Le risque de ce cycle infernal doit être arrêté en le dotant d’un acte de naissance et de nationalité".

"Le bureau du Haut-commissariat aux droits de l’homme se joint à ce combat noble visant la lutte contre l’apatridie et son corollaire de violation des droits humains", conclut-il.

Au Tchad, une kamikaze se fait exploser et tue six personnes

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Une femme kamikaze se fait exploser et tue six personnes à Kaïga-Kindjiria

Des Tchadiens traversent le désert à bord d’une camionnette bondée, pour se rendre à Bol, dans le sud du Tchad, le e 9 novembre 2018.

Au Tchad, une femme kamikaze, membre du groupe jihadiste Boko Haram, a fait sauter sa ceinture explosive à Kaïga Kindjiria dans la province du Lac Tchad.

La kamikaze s'est fait exploser tôt mercredi matin dans la concession du chef de canton de la localité. L'explosion a fait six morts, dont un militaire.

Le bilan est confirmé à VOA Afrique par l’Etat major général des armées.

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L'attaque a eu lieu vers 1 heure du matin (minuit GMT) dans la cour du chef traditionnel du canton de Tatafiromou, une localité de la sous-préfecture de Kaïga-Kindjiria, située dans la province du Lac où le groupe jihadiste a multiplié les attaques depuis le début de l'année.

La région du lac Tchad est le théâtre d'un regain d'attaques attribuées à Boko Haram depuis juin 2018: une dizaine ont eu lieu en territoire tchadien. La plupart d'entre elles visaient des positions de l'armée.

Fin mars, 23 soldats tchadiens avaient été tués dans un assaut contre une base avancée sur la rive nord-est du lac. Une autre attaque de Boko Haram le 21 juin avait entrainé la mort d'au moins 11 militaires tchadiens.

L'insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, et sa répression par l'armée, ont fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de déplacés dans ce pays. Elle a gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre Boko Haram au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée dans la région du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés de citoyens locaux.

Des militants gazés lors de la commémoration de l'indépendance du Tchad

Vue de la ville de N’Djamena capitale du Tchad après 59 ans d’indépendance, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Les militants du parti "Les transformateurs" qui ont initié une parade dimanche 11 août, date commémorative du 59e anniversaire de l’accession du Tchad à la souveraineté international e ont été gazé par les éléments du groupement mobile d’intervention de la police.

Les militants du parti les transformateurs ont un mauvais souvenir de ce 59e anniversaire de l’indépendance du Tchad.

En voulant donner un cachet particulier à cette journée à travers une opération, où plus de 2.000 drapeaux ont été distribués aux citoyens, des militants ont été dispersés à l’aide de gaz lacrymogène par des éléments de la police nationale.

Un caméraman d’une télévision privée qui suivait le mouvement des "Transformateurs" a été lui aussi brutalisé et son matériel de reportage arraché par la police.

C’est la deuxième fois en moins de deux mois que le parti "Les transformateurs" a eu des altercations avec la police.

En juin dernier, lors du lancement officiel du parti, le véhicule de Succès Masra, qui était dans le cortège présidentiel, a été brisé et lui-même blessé par les éclats de vitres. Une plainte a été déposée contre les responsables du GMIP et l’affaire est encore pendante devant la justice.

Célébration des 59 ans d'indépendance du Tchad

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