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Tchad

Le pouvoir dénonce les pressions de Washington pour des élections crédibles

Les présidents français et tchadien Emmanuel Macron et Idriss Déby Itno à N'Djamena, le 23 décembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Le pouvoir tchadien dénonce les pressions de Washington exhortant le gouvernement de N'Djamena à organiser des élections législatives "crédibles", maintes fois reportées depuis 2015, estimant qu'il s'agit d'une affaire strictement interne.

Au pouvoir depuis 29 ans, le Mouvement patriotique du salut (MPS) a vivement critiqué les "injonctions étrangères appelant le gouvernement à assumer ses responsabilités" pour la tenue de ce scrutin.

Des législatives doivent avoir lieu en 2019, mais aucune date n'a été fixée. "Les élections relèvent de la souveraineté d'un Etat", a martelé ce week-end à Bongor (sud) le secrétaire général du MPS, Mahamat Zene Bada.

L'ambassade des Etats-Unis à N'Djamena a publié la semaine dernière un communiqué se réjouissant de l'engagement pris par le pouvoir d'organiser des élections "cette année", mais souligne "qu'il est essentiel que l'ensemble du processus électoral soit crédible".

A ce titre, l'ambassade insiste pour une "autorisation sans délai des partis politiques qui répondent aux critères établis légalement" et sur "le plein respect du droit des citoyens de se rassembler paisiblement, même lorsque le but du rassemblement est de critiquer le régime et d'inciter les citoyens à voter contre le parti au pouvoir".

"Les élections ne sont pas dictées de l'extérieur. Le Tchad est un pays souverain"", a rétorqué M. Zene Bada.

Des élections sont prévues "dans le budget de 2019 (...) La Céni (commission électorale indépendante) est mise en place, la classe politique est d'accord pour aller aux élections. L'année 2019 est une année électorale. Tant pis pour ceux qui ne seront pas prêts. Nous irons avec ceux qui sont prêts et ceux qui veulent aller", a ajouté le responsable.

Pour le politologue français Roland Marchal, "tout ce qui pourra retarder la tenue de ces élections pour Déby sera bienvenu". "M. Deby est censé organiser des élections législatives en 2019, il avait déjà promis de le faire avant le mois de juin".

Le président tchadien Idriss Déby Itno, est arrivé au pouvoir par les armes en 1990 et le pays attend depuis 2011 de nouvelles élections législatives, reportées depuis 2015. Les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Whatsapp) sont fermés depuis plus d'un an, officiellement pour raisons de sécurité.

- Appel aux puissances occidentales -

Les autorités tchadiennes ont régulièrement interdit des marches organisées par la société civile et l'opposition, évoquant des "raisons sécuritaires liées à la menace terroriste".

Le président tchadien a menacé la semaine dernière de rétablir la cour martiale, supprimée en 1993, alors que l'est du pays est en proie à un grave conflit intercommunautaire entre éleveurs et agriculteurs. Cette juridiction était compétente pour juger militaires et civils. N'Djamena a aboli fin 2016 la peine de mort, à l'exception des affaires de "terrorisme".

L'opposition tchadienne, divisée et faiblement représentée, a salué l'initiative américaine.

Ainsi, l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) a appelé "les autres puissances occidentales à emboîter le pas aux Etats-Unis pour appeler le Tchad à se conformer à ses principes démocratiques".

"Il était temps que les partenaires du Tchad qui vivent parmi nous rappellent à Déby les principes élémentaires de la démocratie. Les USA l'ont fait, on attend la France", a déclaré le président de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), Saleh Kebzabo.

Le Tchad est un allié clé de la France dans la lutte antiterroriste au Sahel.

La région du lac Tchad est le théâtre d'un regain d'attaques du groupe djihadiste nigérian Boko Haram depuis juin 2018: au moins huit attaques de Boko Haram ont eu lieu en territoire tchadien. Fin mars, 23 soldats tchadiens avaient été tués dans l'attaque d'une base avancée sur la rive nord-est du lac.

De son côté, le Parti pour les libertés et le développement (PLD) déplore "que le gouvernement tchadien ne soit pas capable d'organiser des législatives à une date fixée et que les puissances occidentales lui dictent de tenir des élections", a indiqué un responsable de ce parti d'opposition, Mahamat Ahmat Alhabo.

"Il est opportun, selon cet opposant, que ses amis occidentaux qui le protègent, qui l'adoubent et qui le soutiennent dans tous les domaines, rappellent que Déby n'est pas un démocrate qui continue de violer les lois constitutionnelles, entre autres les libertés d'expression et de manifestation", a-t-il affirmé.

Avec AFP

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Protestation contre l’augmentation des produits des BDT Brasseries

Les consommateurs désertent les débits de boissons, au Tchad, le 21 janvier 2020. (VOA Afrique/André Kodmadjingar)

Au Tchad, la grogne des grossistes, tenanciers de bars et consommateurs persiste pour protester contre l’augmentation des produits des Brasserie du Tchad. Trois semaines après le débrayage, aucune solution n’est trouvée.

Cette hausse des prix de la bière et des boissons non alcoolisées objet de cette colère, est une conséquence du non renouvellement de la convention d’établissement entre l’Etat tchadien et les Brasseries du Tchad (BDT).

Poursuite du mécontentement dans les maquis suite à la hausse des prix
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Se sentant asphyxier par les taxes et impôts, les BDT veulent récupérer cet argent sur les consommateurs. Mais cette situation qui crée de la mévente, risque non seulement de mettre en chômage les employés de cette entreprise, mais aussi affecter l'emploi à différents niveaux.

Plus de 400 employés directs des Brasseries du Tchad courent le risque d’un chômage technique et de compression du personnel si jamais le gouvernement ne réagit pas pour sauver la vie de ses compatriotes dans les minutes qui suivent, déclare Loueh-Adoum Ngardoumti Blanchard, président l’union des jeunes nationalistes, une organisation de la société civile.

Pour lui, cette situation va causer un déséquilibre social sur ces employés et leurs familles. Car dit-il, derrière ces employés directs, ce sont des milliers des bouches qui vivent des retombées des Brasseries du Tchad. Sans tenir compte des employés de la sous-traitance. Il déplore par ailleurs que cette situation ait complètement paralysé le pays. Selon Blanchard, les villes vivent un marasme économique et les ménages qui ne vivent que des retombées de la Brasseries du Tchad broient du noir depuis quelques jours.

Face au mutisme des responsables des Brasseries et du gouvernement tchadien, qui refuse de dialoguer pour sortir de crise, les tenanciers des bars et alimentations de Moundou, capitale économique du Tchad décident de reconduire la grève.

Pour Békodjimgoto Evariste, président de l’association des tenanciers de bars et alimentation de Moundou, province du Logone Occidental, la grève a été reconduite parce qu’il n’y a pas de solution. Il demande aux autorités d’interpeller les responsables des Brasseries pour qu’il y ait dialogue.

Pour l’universitaire Sitack Yombatina Béni, même s’il y a un seul jour de grève dans ce secteur, c’est beaucoup d’argent qui est perdu et cela, impacte l’économie nationale.

Il précise que le Tchad a été "déclaré, il n’y a pas longtemps, le 1er pays de consommateurs de la bière et donc ça veut dire que sur les 15 millions de Tchadiens, il y a une bonne partie qui boit de la bière". Selon lui, "non seulement cela a de la répercussion négative sur l’économie familiale, mais par ricochet sur l’économie nationale alors que l’économie bat de l’aile et donc c’est mal réfléchit déplore Dr Sitack.

Fermeture des bars et des maquis tchadiens pour protester contre la hausse des prix
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Les grossistes affirment avoir versé en moyenne 2 milliards de FCFA par mois à l’Etat tchadien pour la taxe sur la valeur ajoutée et impôt sur le revenu de la personne physique sans compter les autres taxes et impôts additionnels.

Ils menacent de mettre en chômage plus 2000 personnes si la situation ne change pas malgré tout ce que cela comporte comme conséquences éventuelles sur leurs familles, a indiqué Ndjagui Dénis, président des grossistes des boissons du Tchad.

"Le blocage actuel de la chaine de la distribution", selon Denis, "risque à la longue d’inspirer inévitablement la contrebande tentaculaire qui, une fois installée, sera difficile à déraciner. Et donc, il y a péril en la demeure et il faut sauver le meuble".

Cette situation oblige certains consommateurs d’alcool à se rabattre sur les boissons traditionnelles. D’autres exposent leur vie en s’adonnant abusivement à la consommation de l’alcool frelaté.

Poursuite du mécontentement dans les maquis suite à la hausse des prix

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Un défilé de mode dédié au voile Lafaye

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Atteint par la poliomyélite, il devient entraîneur de foot

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Abakar Moussa Kallé, entraîneur de foot malgré son handicap

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