Liens d'accessibilité

Suspension du procès pour viols d'enfants en RDC


Maître Charles Cicura plaide pour les 48 victimes de viol à Kavumu, RDC, 10 novembre 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Un procès pour viols massifs de fillettes dans l'est de la RDC a été suspendu après une procédure introduite par l'un des accusés, un ex-élu local, selon une source judiciaire.

Figure de proue des 18 accusés, membres d'une milice qui se faisait appeler "Armée de Jésus", l'ex-député provincial Frédéric Batumike a demandé la récusation de deux des juges de la juridiction militaire dans ce procès dit de "Kavumu".

Dans cette ville de la province du Sud-Kivu proche du Rwanda, une quarantaine de fillettes - âgées de 8 mois à 12 ans - ont été enlevées et violées entre mai 2013 et 2016. "Au moins deux sont mortes des suites de ces violences", selon la Mission de l'ONU en RDC, la Monusco.

La demande de l'ex-député local doit être transmise à la Haute cour de Kinshasa, ce qui risque de retarder de plusieurs jours ce procès considéré par certains comme le début de la fin de l'impunité.

Dans sa requête, l'ex-député Batumike a accusé la juridiction qui le juge d'être "payée à l'avance par les ONG, Trial, la Fondation Panzi et le Programme des Nations unies pour le développement."

La Fondation Panzi est l'oeuvre du chirurgien Denis Mukwege, qui opère et soigne des filles et femmes victimes de viols au cours des conflits dans l'est de la RDC et dont l'hôpital se trouve près de Bukavu.

Denis Mukwege avait dénoncé en 2014 et 2015 cette vague d'enlèvements et de viols nocturnes de fillettes dans le village de Kavumu.

La Représentante spéciale des Nations Unies chargée des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten, avait félicité les autorités congolaises pour le procès, qu'elle qualifie d'"étape cruciale visant à garantir la responsabilité dans le viol de jeunes enfants à Kavumu".

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG