Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

RDC

Sud-Kivu: 12e journée champêtre célébrée avec faste à Walungu

Le gouverneur du Sud-Kivu visite les stands à la 12e journée champêtre à Walungu, le 2 janvier 2020. (VOA/Ernest Muhero)

Au Sud-Kivu, plus de 5000 personnes attachées au travail de la terre et au développement en milieu rural ont pris part à la 12e journée champêtre tenue à Walungu, à 40 kilomètres de la ville de Bukavu.

Parmi eux, environs 3.000 producteurs et artisans provenant de cinq territoires du Sud-Kivu. Ce rassemblement -placé sous le thème de la "Valorisation de l’agriculture paysanne"- est organisé par le Comité pour l’autopromotion à la base (CAB) en collaboration avec ses partenaires.

12e journée champêtre tenue à Walungu
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:52 0:00

C’est un véritable rendez-vous du "donner et recevoir" dans cette mini-foire agricole dénommée "Journée champêtre".

La population mobilisée à la 12e journée champêtre à Walungu, le 2 janvier 2020. (VOA/Ernest Muhero)
La population mobilisée à la 12e journée champêtre à Walungu, le 2 janvier 2020. (VOA/Ernest Muhero)

Du 2 au 4 janvier, des délégations des agriculteurs, fermiers, artisans, micro-entrepreneurs ruraux venus des territoires de Kabare, Walungu, Kalehe, Uvira, Fizi et des périphéries de la ville de Bukavu ont exposé les fruits de leur labeur. Ils ont partagé leurs expériences en matière de production et d'adoption de meilleurs pratiques agropastorales, en présentant leurs attentes vis-à-vis des décideurs.

"Le CAB veut soutenir la production locale: les journées champêtres sont des occasions de montrer à l’opinion que la production agricole est possible pour nourrir le pays, si le paysan met en œuvre les techniques et approches de production que nous vulgarisons. Nous voulons qu’au-delà de l’agriculture pour vivre, consommer et manger, le paysan transforme et donne de la valeur à ses produits. Aux autorités politiques et acteurs économiques, nous montrons que grâce à des politiques bien avisées, nous sommes un pays qui peut produire suffisamment et exporter", a précisé Patient Bagenda, secrétaire général du CAB.

Sur des stands dressés en demi-cercle sur un espace à découvert, la créativité locale et la richesse du Sud-Kivu pointent aux yeux avec fierté: bétail, animaux de basse-cour, manioc, bananes, légumes, fruits, légumineuses, pagnes, huile de palme, briquettes, objets brodés ou tannés, ainsi que des produits manufacturés au niveau local. Tout y est et se vend dans une ambiance bon enfant avec des opportunités de connexions.

"Pour AFSDI, ça nous a permis de faire connaitre l’Artemisia, la plante qui guérit le paludisme et surtout de donner la possibilité aux autres de la cultiver. Et beaucoup de gens étaient contents de découvrir la plante. Mais aussi comme nous produisons des savons, nous avons découvert des organisations qui produisent et fournissent des matières premières dont nous avons besoin pour la savonnerie. Avec ces partenaires, il y a lieu de faire de bonnes affaires", a dit à VOA Afrique Jacqueline Ludunge, de l’association des Femmes solidaires pour le développement intégré.

Le gouverneur du Sud-Kivu ,Theo Ngwabidje s’est dit impressionné par tant d’engagement des hommes et des femmes à produire bio.

"Nous allons travailler avec cette organisation le CAB pour appuyer le travail qui est fait par différentes coopératives. Appuyer les mamans, les hommes et les jeunes qui sont dans le secteur agricole à quitter l’agriculture de subsistance pour une agriculture mécanisée, voilà notre vision. Et nous allons voir ceux qui sont dans le secteur pour les appuyer avec des crédits, des petites subventions pour qu’on quitte les petites productions et qu’on commence à produire en grande quantité", a déclaré avec détermination le gouverneur Ngwabidge, qui a fait le tour de tous les stands en discutant avec les paysans sur les défis qu’ils rencontrent dans leur travail.

Il a promis la réhabilitation des routes de desserte agricole pour un meilleur écoulement de denrées produites en arrière province.

"Les producteurs ont posé un problème de fiscalité qui pèse sur eux. Nous allons envisager des allègements", a conclu le gouverneur.

L'évènement est une occasion pour le Comité pour l’autopromotion à la base, l’Association pour l’entreprenariat féminin et le Groupe d’études et d’action pour le développement du Sud-Kivu de plaider pour l’amélioration du climat des affaires dans le secteur agricole en favorisant des marchés intérieurs et surtout la souveraineté alimentaire.

Outre la remise de prix aux meilleurs producteurs, cette 12e journée champêtre a tenu des conférences-débats sur des questions de développement, changement climatique et gouvernance,. Des projections de documentaires sur l’agriculture ont également eu lieu, ainsi que des animations culturelles et échanges divers sur les défis de la production et la transformation agropastorale, les potentialités et la créativité locale en matière d'emploi rural et d'entreprenariat.

Les stands sont visités à la 12e journée champêtre à Walungu, le 2 janvier 2020. (VOA/Ernest Muhero)
Les stands sont visités à la 12e journée champêtre à Walungu, le 2 janvier 2020. (VOA/Ernest Muhero)

Les paysans se sont dits satisfaits de voir leurs produits s’écouler à vive allure et surtout de s'être constitués en synergie inter-coopérative.

Le CAB organise régulièrement des journées champêtres. Pour cette année, cela s’est fait en partenariat avec l’Association pour l’entreprenariat féminin et le Groupe d’études et d’action pour le développement du Sud-Kivu.

Toutes les actualités

Le fonctionnaire proposé pour diriger la commission électorale suscite une controverse en RDC

Ronsard Malonda, Secrétaire technique national exécutif de la CENI, choisi par certains groupes religieux pour diriger la centrale électorale, ici le 4 septembre 2018. (Facebook/CENI RDC)

Difficile de savoir pour l'instant si Ronsard Malonda aura la bénédiction du président Tshisekedi pour diriger la CENI.

Le fonctionnaire proposé pour diriger la commission électorale de la République démocratique du Congo (RDC) provoque une scission parmi les chefs religieux et met le président Felix Tshisekedi dans une situation difficile.

La désignation de Ronsard Malonda comme remplaçant éventuel de Corneille Nangaa à la tête de la CENI est loin de faire l'unanimité.

Choix préféré de cinq regroupements religieux, il est toutefois contesté par les catholiques et les protestants, même si jeudi son nom a été validé par l’Assemblée nationale.

L'homme connaît bien la CENI. Depuis 2009, il occupe la fonction de secrétaire exécutif national technique au sein de cet organe régulateur du jeu électoral.

Mais c'est justement pour cette raison que les Catholiques et les protestants s’opposent à son choix. Parfait insider, il est soupçonné de corruption. Selon le Comité laïc de coordination, un groupe catholique, M. Malonda a été au centre de tout le chaos électoral des élections de 2018, dont les résultats continuent du reste à être contestés.

Le cardinal Fridolin Ambongo a même menacé d'appeler les Congolais à se préparer à descendre dans la rue pour protester contre ce qu'il considère comme un passage en force des élus acquis à la cause de l'ancien président Jospeh Kabila, dont la formation politique contrôle l’Assemblée nationale.

Fait inédit, l’opposition politique aussi proteste. L'ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, et le candidat malheureux à la présidentielle Martin Fayulu ont dénoncé ce choix.

Pour ce qui est du président Tshisekedi, il se targue pour l'instant à marteler que son souci est de voir l'homme qu'il faut à la place qu'il faut pour garantir des élections propres.

RDC: un milliardaire israélien aurait contourné les sanctions américaines

Dan Gertler est assis dans son bureau à Ramat Gan près de la ville israélienne de Tel Aviv, vu le 18 septembre 2000. Getler avait conclu un accord lui donnant le droit exclusif d'acheter des diamants produits au Congo. (Photo AP / Mati Stein)

L'homme d'affaires israélien Dan Gertler, proche de l'ex-président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, a contourné des sanctions américaines prises à son encontre en s'appuyant sur un réseau international de blanchiment d'argent, ont affirmé jeudi deux ONG.

Dan Gertler est sous sanctions du Département d'Etat depuis décembre 2017 pour avoir signé des "contrats miniers et pétroliers opaques et entachés de corruption". Washington l'accuse d'avoir faire perdre à la RDC "1,36 milliard de dollars de recettes" fiscales dans les années 2010.

"Le sulfureux milliardaire Dan Gertler semble avoir utilisé un réseau de blanchiment d'argent, s'étendant de la RDC jusqu'à l'Europe et Israël, pour échapper aux sanctions américaines contre lui, faire transiter des millions de dollars vers l'étranger et acquérir de nouveaux actifs miniers en RDC", selon l'enquête de Global Witness et la Plate-forme pour la protection des lanceurs d'alerte en Afrique (Pplaaf).

Les auteurs affirment s'appuyer "sur des documents fournis par des lanceurs d'alerte malgré de grands risques pour leur sécurité personnelle".

Ils avancent que Gertler et ses mandataires ont "ouvert des comptes bancaires dans les succursales congolaises d'Afriland First Bank, basée au Cameroun".

A la veille de la diffusion de l'enquête, une plainte a été déposée mercredi à Paris auprès du parquet par la banque Afriland First Bank.

Il s'agit d'une plainte pour "vol de documents, violation du secret bancaire, faux et usage de faux, dénonciation calomnieuse, le tout en bande organisée", d'après l'avocat Eric Moutet joint par l'AFP.

La justice française est compétente car le Pplaaf a son siège à Paris.

Gertler a contourné les sanctions par des prête-noms et des sociétés écrans, d'après l'enquête des ONG: "Au total, entre juin 2018 et mai 2019, au moins 100 millions de dollars ont transité par des comptes bancaires associés à ce réseau".

"Parmi les transactions révélées aujourd'hui, au moins 21 millions de dollars ont été envoyés sur des comptes inconnus détenus en dehors de la RDC et 25 millions de dollars ont été versés à la Gécamines, la compagnie minière publique controversée de la RDC", poursuivent Global Witness et la Pplaaf.

La Gécamines est dirigée par un proche de M. Kabila, Albert Yuma.

En conclusion, les deux ONG encouragent le gouvernement congolais à "geler les avoirs" du milliardaire israélien en RDC.

Investi le 24 janvier 2019, le nouveau président de la République Félix Tshisekedi s'est engagé à lutter contre la corruption.

M. Tshisekedi gouverne en coalition avec les forces politiques de M. Kabila, majoritaires au sein même de son gouvernement, au Parlement et à la tête des 26 provinces.

"Dan Gertler est en RDC. Je l'ai rencontré. Je ne fais pas d'affaires avec lui, je ne suis pas homme d'affaires. Et je ne juge pas les sanctions américaines. Je ne sais pas pourquoi elles ont été décrétées.

Mais je n'ai jamais entendu nos amis américains nous dire que Dan Gertler est tellement mauvais qu'il ne doit pas faire d’affaires en RDC", avait déclaré le président Tshisekedi dans un entretien à TV5-Le Monde en septembre.

Une rue Lumumba inaugurée dans une ville de Belgique avec un des fils du Congolais légendaire

Le roi du Maroc Mohamed V remet le Grand Cordon de l'Ordre du Trône au Premier Ministre du Congo Patrice Lumumba le 8 août 1960 durant sa visite officielle au Maroc. / AFP PHOTO

La ville belge de Charleroi a inauguré jeudi une rue Patrice Lumumba en présence d'un des fils de ce héros de l'indépendance de l'actuelle République démocratique du Congo (RDC), éphémère Premier ministre assassiné en 1961 et qui aurait eu 95 ans ce 2 juillet.

"Cela met du baume au cœur, c'est la reconnaissance du combat de notre père", a déclaré Guy-Patrice Lumumba, joint au téléphone par l'AFP peu avant la cérémonie.

Deux ans après celle d'un square Lumumba à Bruxelles, l'inauguration de cette rue, dans la troisième plus grande ville de Belgique, intervient en plein débat sur le passé colonial belge, dans le sillage de la mobilisation antiraciste ayant suivi la mort de George Floyd fin mai aux Etats-Unis.

Dans une lettre adressée au président de la RDC Félix Tshisekedi, le roi des Belges Philippe a présenté mardi "ses plus profonds regrets pour les blessures" infligées aux Congolais lors de la période coloniale (1885-1960), une première historique.

Selon Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi et président du Parti socialiste, première force politique en Belgique francophone, ces regrets ont ouvert la voie à "des excuses officielles" du gouvernement belge.

"Il faut pouvoir rappeler aussi les crimes qui ont été accomplis, les dénoncer et présenter des excuses pour ça", a dit jeudi à l'AFP M. Magnette.

Le numéro un du PS a salué en Patrice Lumumba "une personnalité exemplaire, un militant de la lutte contre le racisme". La décision de changer un nom de rue pour lui avait été prise en décembre 2017 à Charleroi.

En 2002, la Belgique, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Louis Michel, avait présenté ses "excuses" pour la "part de responsabilité irréfutable" de certains membres du gouvernement belge dans son assassinat.

Intellectuel patriote devenu Premier ministre du Congo indépendant en juin 1960, renversé trois mois plus tard, Lumumba avait été assassiné le 17 janvier 1961 dans la province du Katanga, avec la complicité présumée de la CIA et du MI6 britannique.

Il était perçu comme prosoviétique par les Américains, et avait été désavoué par les milieux d'affaires belges qui voyaient en lui une menace.

Jeudi son fils Guy-Patrice a rappelé qu'une plainte déposée par la famille en 2011 à Bruxelles pour faire la lumière sur l'assassinat était toujours au stade de l'instruction.

"La Belgique traîne vraiment pour qu'il y ait ce procès", a-t-il déploré, fustigeant aussi "le silence de la justice" belge sur les "ossements" de son père dont il réclame la restitution depuis deux ans.

Le chef du parquet fédéral belge Frédéric Van Leeuw a reconnu que le dossier judiciaire - une enquête pour "crime de guerre" - comportait "une dent de Patrice Lumumba". Celle-ci a été saisie dans la famille d'un policier belge ayant contribué à faire disparaître son corps (jamais retrouvé) il y a 59 ans.

Félix Tshisekedi accorde une grâce pour de nombreux prisonniers congolais

Félix Tshisekedi accorde une grâce pour de nombreux prisonniers congolais
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:06 0:00

Bilan controversé pour le gouverneur du Nord Kivu

Bilan controversé pour le gouverneur du Nord Kivu
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:55 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG