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RDC

La fin de l’impunité réclamée à vive voix 21 ans après le massacre de Makobola


La visite au mausolée didié aux victimes de ce massacre, à Fizi, le 30 décembre 2019. (VOA/Ernest Muhero)

Au Sud-Kivu, la population de l’espace Fizi-Itombwe réclame que justice soit faite dans les massacres perpétrés voilà 21 ans à Makobola. Des réflexions ont été amorcées sur la mise en place d’un centre panafricain de transformation des conflits.

La commémoration des massacres de Makobola et autres tueries et massacres du Sud-Kivu a connu une forte mobilisation de la notabilité Bembe vivant au Sud-Kivu et ailleurs.

RDC: la population de l’espace Fizi-Itombwe réclame justice dans les massacres perpétrés il y a 21 ans à Makobola
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Dans la foulée, le public en majorité habillé en noir, signe de deuil, est venu se remémorer ce moment douloureux.

"21 ans après, nous avions pensé qu’il était important de se souvenir de ceux-là qui sont tombés afin que, maintenant, ensemble, nous puissions projeter l’avenir, notamment en travaillant sur la transformation des conflits en vue d’effacer les tristes mémoires de l’Histoire au profit des efforts de développement", a déclaré l’un des facilitateurs de ces assises, Philippe Undji, ancien ministre national du Développement rural de la RDC et notable de Makobola vivant à Kinshasa.

Pendant la commémoration, plusieurs délégations ont pris la parole pour condamner la mort de plus de 700 personnes à Makobola, et proposer des mécanismes de prévention des massacres.

"C’est un devoir de mémoire. Qu’on reconnaisse qu’il y a des gens qui ont été tués ici. Et que la justice soit rendue. Ce que nous ne voudrions pas, c'est que ces massacres puissent se perpétrer, mais au-delà de cela, nous voulons une cohabitation pacifique avec toutes les communautés, mais il n’y aura pas cette cohabitation sans que la justice soit rendue", a ajouté, pour sa part, le professeur Obedi Nyamangyoku, coordonnateur de cette cérémonie commémorative.

Une rescapée du massacre, Mme Tumainia, regrette d’avoir perdu des êtres chers et témoigne des difficultés qu'elle rencontre au quotidien pour survenir aux besoins des orphelins de cette tragédie.

"Parmi nous, il y a beaucoup des veuves et orphelins. Et nous vivons une vie sans espoir. Personnellement, j’ai six enfants, chacun se débrouille comme il peut depuis que je suis abandonnée à moi-même. Ces enfants n’ont pas pu faire des études parce que leur papa n’existe plus pour payer leur scolarité. C’est pénible ; qu’on nous aide à élever et encadrer ces orphelins", conclut-elle, le regard vide.

Pour l’occasion, l’évêque du diocèse d’Uvira, Sebastien Muyengo a rappelé à tout un chacun l’amour du prochain recommandé par le christ. Le ministre provincial de l’Intérieur représentant le gouverneur de province a, pour sa part, déposé une gerbe de fleurs au mausolée en mémoire des victimes.

"Nous traînons beaucoup de plaies qui ne sont pas soignées, qui ne sont pas guéries et donnent parfois l’impression d’être guéries alors qu’elles ne le sont pas, parce que des étapes ont été escamotées. Il faut continuer à agir et chacun dans les limites de ces pouvoirs", a martelé le ministre Lwabanji Lwasingabo.
Les conférenciers ont expliqué l’historique de ce massacre, les mécanismes de prévention, la cohabitation pacifique et la nécessité d’une justice suivie de la réparation et de la réconciliation.

Signalons que des séries des témoignages pour la plupart à visage masqué et voix déformée ont cristallisé l’atmosphère, rappelant des atrocités jusqu’alors impunies commises le 30 décembre 1998, durant la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie RCD, un groupe encadré, selon les témoins, par l’armée rwandaise. L’émotion était palpable.

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