Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Europe

Succession de Theresa May : Boris Johnson en pole position

Boris Johnson à Londres le 13 juin 2019.

Boris Johnson, fervent défenseur du Brexit, est arrivé largement en tête jeudi du premier tour des votes pour élire le chef du Parti conservateur britannique, et succéder à la Première ministre Theresa May, loin devant les six autres candidats encore en lice.

"Je suis ravi de remporter le premier tour mais la route est encore longue", a déclaré l'ancien ministre des Affaires étrangères, qui a raflé 114 votes des députés conservateurs sur 313.

Arrivé deuxième avec 43 voix, l'actuel chef de la diplomatie, Jeremy Hunt, a appelé à désigner un "chef sérieux", pique à son principal rival, connu pour ses bourdes. En pleine crise politique sur le Brexit, "les enjeux ont rarement été plus importants pour notre pays", a-t-il souligné.

Initialement prévue le 29 mars, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a été repoussée à deux reprises, en raison de l'opposition du Parlement à l'accord de sortie négocié par la Première ministre Theresa May avec l'UE. Le divorce est désormais fixé à fin octobre au plus tard.

Lors de ce premier test, trois candidats ont échoué à recueillir les 17 voix nécessaires pour accéder au deuxième tour. Les deux seules femmes de la compétition, toutes les deux favorables à une rupture brutale avec l'UE, l'ex-ministre chargée des relations au Parlement Andrea Leadsom et l'ancienne ministre du Travail Esther McVey sont éliminées, ainsi que l'ancien secrétaire d'Etat à l'immigration Mark Harper.

Le prochain vote pour poursuivre l'écrémage aura lieu mardi. Car le processus a lieu en deux temps: les 313 députés conservateurs s'expriment d'abord sur les candidats lors d'une série de votes à bulletin secret jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que deux, avant que les 160.000 membres du parti ne départagent les finalistes, d'ici la fin juillet.

Le vainqueur prendra possession du 10, Downing Street, la fonction revenant au leader de la formation réunissant une majorité parlementaire suffisante pour gouverner.

Theresa May, toujours cheffe du gouvernement jusqu'à la désignation de son successeur, a refusé de dire pour qui elle avait voté jeudi. "Ce ne sont pas vos affaires", a-t-elle rétorqué à des journalistes.

- Qui face à Boris ? -

A 54 ans, Boris Johnson, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Theresa May, grand artisan de la victoire du Brexit lors du référendum de 2016, n'a jamais semblé aussi proche de prendre les commandes de l'exécutif britannique, un objectif que cet ambitieux député vise depuis plusieurs années, sinon sa plus tendre enfance.

S'il conserve ses soutiens, il devrait arriver sans problèmes en finale.

"La question est de savoir lequel d'entre nous va affronter Boris", a déclaré Rory Stewart, qui s'est qualifié de justesse pour le second tour.

Favori des bookmakers, Boris Johnson se présente en sauveur du Brexit. Il a assuré que s'il devient Premier ministre, le Royaume-Uni quittera l'UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Mercredi, lors du lancement de sa campagne, il a toutefois assoupli sa position en faisant du "no deal" une solution "de dernier recours".

"Je ne pense pas que ça se terminera comme ça, a ajouté l'ancien maire de Londres. Mais il est responsable de préparer avec détermination" ce scénario, qui inquiète tout particulièrement les milieux économiques.

Boris Johnson a aussi prévenu qu'il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit - estimée entre 40 et 45 milliards d'euros par Londres - jusqu'à ce que l'UE accepte de meilleures conditions de retrait.

Une menace à la Donald Trump qui a fait grincer des dents côté européen, Bruxelles rappelant mercredi que Londres devra honorer ses engagements financiers dans le cas d'un "no deal", une des "conditions préalables" à l'ouverture de négociations sur un futur traité commercial.

Charismatique, reconnaissable entre mille avec sa tignasse blonde hirsute, Boris Johnson a la cote chez les militants conservateurs de base, même si ses pairs lui reprochent ses gaffes et un certain dilettantisme.

Le candidat s'est excusé mercredi d'avoir pu se montrer offensant, tout en assurant qu'il "continuerait de parler aussi franchement" qu'il le peut.

Toutes les actualités

Le procès d'un criminel de guerre présumé libérien débute en Suisse

Le procès d'un criminel de guerre présumé libérien débute en Suisse
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Belgique: l'usine de Pfizer où sont produits les vaccins Covid britanniques

Belgique: l'usine de Pfizer où sont produits les vaccins Covid britanniques
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:07 0:00

Giscard et l'affaire des "diamants de Bokassa"

Le président français Valery Giscard d'Estaing et le président de la République centrafricaine Jean-Bedel Bokassa assistent à une cérémonie à Bangui, lors de la visite officielle du président français, le 5 mars 1975.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, décédé mercredi, s'était retrouvé en 1979 au centre de l'affaire dite des "diamants de Bokassa", suscitant une polémique embarrassante avant la présidentielle de 1981 qu'il allait perdre.

Le 10 octobre 1979, l'hebdomadaire français Le Canard enchaîné révèle que Valéry Giscard d'Estaing (VGE), a reçu en 1973, alors qu'il était ministre des Finances, une plaquette de trente carats de diamants offerte par le président centrafricain Jean Bedel Bokassa

La semaine suivante, Le Canard affirme que la valeur de la plaquette est de 1 million de francs et précise que d'autres diamants lui ont été offerts à l'occasion des ses déplacements à Bangui entre 1970 et 1975.

Le 27 novembre, le président Giscard d'Estaing oppose un "démenti catégorique et méprisant" aux allégations concernant la valeur des cadeaux qu'il aurait reçus. "Il faut, dit-il, laisser les choses basses mourir de leur propre poison".

L'hebdomadaire satirique relance l'affaire un an plus tard, le 16 septembre 1980, en publiant un entretien téléphonique avec l'ancien "empereur" centrafricain Jean Bedel Bokassa, déposé de son trône le 20 septembre 1979.

Il affirme "avoir remis à quatre reprises des diamants au couple présidentiel". "Vous ne pouvez pas imaginer ce que j'ai remis à cette famille-là", ajoute Bokassa.

Le 10 mars 1981, VGE déclare à la télévision qu'il "n'y a aucun mystère dans l'affaire des diamants" et que "le produit de ces cadeaux a été versé à des œuvres humanitaires centrafricaines". Il précise que les diamants ont été vendus "au profit de la Croix rouge centrafricaine, d'une maternité, d'une pouponnière et d'une mission".

Selon l'hebdomadaire Le Point du 22 mars 1981, qui a consulté la comptabilité des cadeaux officiels à l'Élysée, les diamants ont été vendus pour une somme de 114.977 francs remise à des œuvres de bienfaisance centrafricaines.

Dans une interview au Washington Post du 8 mai 1981, l'empereur déchu réaffirme avoir offert des diamants à VGE, en présence de témoins, à quatre occasions en huit ans.

Contrairement aux indications du président français, pour qui les diamants reçus n'étaient que de petites pierres, Bokassa affirme lui avoir offert des diamants de 10 à 20 carats. Il soutient également avoir offert à la famille Giscard d'Estaing, dont deux cousins, plus de diamants qu'à n'importe qui d'autre. "Je les ai gâtés", déclare-t-il, ajoutant : "ils sont pourris".

Bokassa reconnaît accorder cette interview, à la veille du second tour de l'élection présidentielle, dans le but d'empêcher la réélection du président centriste VGE. "Je règle mes comptes avec ceux qui ont provoqué ma chute", termine-t-il. Le 10 mai, le socialiste François Mitterrand remporte l'élection présidentielle en France.

Vaccin COVID-19: les pays africains auront-ils suffisamment de doses?

Vaccin COVID-19: les pays africains auront-ils suffisamment de doses?
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:54 0:00

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing est mort

L'ancien président français Valery Giscard d'Estaing lors des funérailles d'État de l'ancien chancelier ouest-allemand Helmut Schmidt à l'extérieur de l'église Sankt Michaelis, à Hambourg, le 23 novembre 2015.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, âgé de 94 ans, est décédé mercredi soir "entouré de sa famille" dans le centre de la France, a appris l'AFP auprès de son entourage, confirmant une information de la radio Europe 1.

Plus jeune président de la Ve République lors de son élection (48 ans) en 1974, le centriste Valéry Giscard d'Estaing avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois pour des problèmes cardiaques.

Pendant son mandat jusqu'en 1981, il a eu une action modernisatrice sur le pays, promulguant d'importantes réformes de société, comme l'autorisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou l'abaissement du droit de vote à 18 ans. Il fut aussi le premier président non gaulliste de la Ve République, après l'emblématique général de Gaulle, et son héritier politique Georges Pompidou.

Il n'avait effectué qu'un seul mandat, battu par le socialiste François Mitterrand en 1981.

M. Giscard d'Estaing, qui séjournait depuis le début du confinement dans sa résidence de campagne à Authon (centre), avait été admis quelques jours dans le service de cardiologie de l'hôpital de Tours du 15 au 20 novembre pour une "insuffisance cardiaque".

Il avait auparavant été hospitalisé quelques jours mi-septembre à à Paris pour une légère infection aux poumons. Mais les médecins avaient écarté une infection au coronavirus.

M. Giscard d'Estaing, qui a fêté ses 94 ans le 2 février, a déjà été hospitalisé à Pompidou en cardiologie à plusieurs reprises il y a quelques années pour la pose de stents.

L'une de ses dernières apparitions publiques remonte au 30 septembre 2019 lors des obsèques à Paris d'un autre président de la République, Jacques Chirac, qui fut son Premier ministre de 1974 à 1976.

Il a aussi fait parler de lui en mai, visé par une enquête pour agression sexuelle après la plainte d'une journaliste allemande. Cette dernière l'accusait de lui avoir touché les fesses lors d'une interview plus d'un an plus tôt.

Voir plus

XS
SM
MD
LG