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Le Soudan espère que Trump prendra la décision "courageuse" de lever les sanctions

Le président Omar el-Béchir à Johannesburg le 14 juin 2015.

Les espoirs sont grands au Soudan de voir Donald Trump décider cette semaine la levée définitive des sanctions américaines contre Khartoum, bien que des organisations de défense des droits de l'Homme appellent à leur maintien.

"Le moment est venu de lever définitivement les sanctions" imposées depuis deux décennies au Soudan, a déclaré à l'AFP un responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères, Abdelghani Elnaim.

"Nous comptons sur le président Trump pour prendre cette courageuse décision (de lever les sanctions), qui rendra heureux non seulement le peuple soudanais mais aussi toute l'Afrique", a indiqué M. Elnaim.

En janvier, l'ex-président américain Barack Obama avait décidé de lever une partie des sanctions économiques imposées au Soudan en 1997 pour son soutien présumé à des islamistes, dont l'ex-leader d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden.

Cette décision s'accompagnait d'une période probatoire qui s'achève mercredi et qui pourrait déboucher cette semaine sur la levée totale et définitive des sanctions si les Américaines estiment que Soudan a suffisamment progressé sur cinq points.

Ces points comprennent notamment la fin du soutien aux groupes rebelles au Soudan du Sud, la fin des hostilités dans les provinces du Darfour, du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud ainsi qu'une coopération avec le renseignement américain dans la lutte contre le terrorisme.

Le président Trump a trois alternatives: lever définitivement les sanctions, étendre la période probatoire ou faire machine arrière en réinstaurant l'embargo.

"Le Soudan ayant réalisé de grands progrès sur ces cinq points, il est maintenant logique que les sanctions soient levées", a déclaré Abdelghani Elnaim.

Les responsables soudanais font régulièrement valoir le soutien de Khartoum aux services de renseignements américains dans la lutte contre le terrorisme et l'aide apportée aux centaines de milliers de réfugiés sud-soudanais ayant fui la guerre civile et la famine dans leur pays.

Le chargé d'affaires américain au Soudan, Steven Koutsis, avait en outre indiqué en juin à l'AFP que Khartoum avait fait preuve ces derniers mois d'une "extrême retenue" face aux rebelles au Darfour, Nil-Bleu et Kordofan-Sud.

- 'Pas logique' -

Les sanctions américaines ont durement marqué l'économie du Soudan, touchée par l'inflation, une flambée des prix des denrées et une hausse du chômage.

Des responsables soudanais assurent que leur levée aidera l'économie soudanaise à intégrer l'économie mondiale.

"Cela nous ouvrira de nouvelles opportunités inexistantes ces 20 dernières années, comme accéder à des prêts", a indiqué le ministre des Finances Mohamed Al-Rikabi dans une interview à un quotidien local.

Mais selon un diplomate européen, il est possible que les sanctions ne soient pas levées dès cette semaine.

"Il n'est pas logique que d'un côté Washington interdise l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants soudanais et que, de l'autre, il lève les sanctions", a-t-il confié sous le couvert de l'anonymat.

L'administration Trump a inclus le Soudan dans un décret migratoire controversé interdisant temporairement l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de cinq autres pays musulmans --Syrie, Libye, Iran, Somalie et Yémen.

Des organisations de défense des droits de l'Homme et des centres de réflexions ont de leur côté exhorté Washington à maintenir les sanctions, invoquant les violations des droits de l'Homme commises par le Soudan.


Khartoum continue de réprimer des voix indépendantes et a échoué à contenir "des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité au Darfour et dans d'autres zones de conflit", avait plaidé Human Rights Watch en janvier après la décision d'Obama de lever les sanctions.

Selon l'ONU, au moins 300.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions déplacées depuis le début en 2003 de la guerre au Darfour, pour laquelle le président soudanais Omar el-Béchir est accusé de génocide.

Ce conflit a débuté quand des insurgés issus de minorités ethniques, qui s'estiment politiquement et économiquement marginalisés, se sont soulevés contre le régime de Khartoum dominé par les Arabes.


"L'administration Trump doit reporter sa décision de lever les sanctions contre le Soudan", a récemment dit dans un rapport l'ONG Enough Project, basée à Washington.

Avec AFP

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Libération d'un leader de la société civile arrêté jeudi

Le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadera donne une conférence de presse à Bangui, le 11 avril 2018.

Le porte-parole d'une organisation de la société civile de Centrafrique, arrêté après que son ONG eut publié un communiqué appelant à marcher contre "la haute trahison" du chef de l'Etat, a été libéré, a rapporté lundi l'ONG.

"Il a été libéré ce dimanche à 21h sur ordre du procureur général", a déclaré à l'AFP Auguste Sinclair Gbogbo, membre du Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC).

"Ils l'ont libéré dans la nuit et n'ont pas donné de raison", a-t-il ajouté.

Paul-Crescent Beninga, porte-parole du GTSC et l'une des voix de la société civile banguissoise, avait été transféré à la police judiciaire (PJ) après son arrestation jeudi.

Il avait été "mis aux arrêts pour atteinte à la sûreté de l'Etat suite à la signature d'un communiqué le 10 avril", selon le procureur à l'AFP vendredi.

Son organisation avait appelé à marcher le 15 pour "dire non à la haute trahison du chef de l'Etat", Faustin Archange Touadéra, après la nomination de "chefs rebelles mercenaires au sein de la haute administration" centrafricaine.

Le GTSC dénonçait également la "prise en otage de la République" par les mêmes "rebelles mercenaires".

Un accord de paix a été signé début février entre les 14 groupes armés opérant en Centrafrique et les autorités.

Un nouveau gouvernement a été nommé après l'accord et, au terme de nouvelles négociations faisant suite à un mécontentement des groupes armés, l'équipe gouvernementale a de nouveau été remaniée fin mars.

Dans la dernière équipe en place, de nombreux chefs ou représentants de groupes armés ont glané des postes ministériels ou de conseillers - sans toutefois être nommés aux portefeuilles régaliens.

Dans son communiqué du 10 avril, le GTSC estimait qu'"Ali Darassa et Alkatim, respectivement mercenaires nigérien et tchadien, continuent de massacrer nos populations dans l'arrière-pays".

Les deux hommes, chefs de guerre influents, ont été nommés conseillers militaires à la Primature.

Malgré l'accord de paix, le huitième depuis le début de la crise en 2013, plusieurs affrontements ont eu lieu dans le pays depuis sa signature.

Début avril, l'ONU a lancé une opération militaire d'envergure contre un groupe armé de l'ouest du pays.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

L'opposant ougandais Bobi Wine interpellé par la police

Robert Kyagulanyi, mieux connu sous le nom de pop star Bobi Wine, lors d’une sortie à Kibera, à Nairobi, au cours de sa visite de cinq jours au Kenya.

Le chanteur et député d'opposition Bobi Wine, potentiel adversaire du président Yoweri Museveni à la présidentielle de 2021, a été interpellé lundi par la police, qui a utilisé du gaz lacrymogène contre ses partisans et le convoi qui l'emmenait vers le lieu d'un concert interdit par les autorités.

"Il a été arrêté dans le quartier de Busabala, où il devait parler aux médias à propos de l'annulation de son concert par la police", a déclaré à l'AFP Barbie Itungo Kyagulanyi, l'épouse du chanteur. "Nous avons contacté ses avocats pour savoir où il est emmené".

Reconnaissable à son béret rouge, Bobi Wine, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, s'est affirmé depuis 2017 comme un ferme opposant au président Museveni, 74 ans et au pouvoir depuis 1986. Il a récemment indiqué envisager de se présenter à la présidentielle de 2021.

Le porte-parole de la police ougandaise Fred Enanga n'a lui pas voulu confirmer une "arrestation", mais a indiqué que la police "l'a interpellé et l'a emmené en véhicule".

Bobi Wine avait prévu de donner un concert lundi sur une plage privée du lac Victoria qui lui appartient. Mais les autorités ont décidé dimanche d'annuler le concert, évoquant des mesures de sécurité insuffisantes.

Lundi, Bobi Wine a tenté de se rendre sur le lieu du concert, qui avait été bouclé par la police.

Le porte-parole de la police Fred Enanga a assuré que malgré l'interdiction, "les organisateurs avaient été de l'avant et mobilisé des gens du côté de la plage". "C'est ce qui explique la présence policière dans la zone".

Selon un journaliste de l'AFP présent sur place, la police et l'armée avaient été mobilisées. Ces dernières ont utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau contre quelques centaines de partisans du député présents autour d'un barrage des forces de l'ordre à proximité du lieu du concert prévu.

La voiture de Bobi Wine a été immobilisée au niveau de ce barrage. Les forces de l'ordre ont ensuite encerclé la voiture, dont elles ont extrait de force le chanteur, selon la même source.

Un des organisateurs du concert et partisan de Bobi Wine, Moses Mugwanya, présent sur place, a assuré que "tout le monde autour du véhicule suffoquait à cause du gaz lacrymogène".

M. Mugwanya a affirmé qu'un autre député d'opposition, Francis Zake, ainsi que deux organisateurs ont été arrêtés lundi.

- Trahison -

Juste avant son interpellation, Bobi Wine avait indiqué sur son compte Twitter que la police tentait de pénétrer dans sa voiture. "Du gaz lacrymogène tiré, des gens battus, beaucoup arrêtés".

Plus tard, un message signé "admin" a été publié sur le même compte, assurant que le député a été "violemment arrêté".

Ces derniers mois, les autorités ont à plusieurs reprises empêché Bobi Wine, 37 ans, de se produire en public. En novembre, un de ses concerts avait toutefois été autorisé après que le chanteur se soit engagé à ne pas en faire un évènement à caractère politique.

Le député d'opposition avait été arrêté et inculpé de trahison à la suite du caillassage du convoi de M. Museveni en marge d'une élection législative partielle à Arua (nord) le 14 août 2018. Dans les échauffourées qui avaient suivi ce jour-là à Arua, la police avait ouvert le feu et tué le chauffeur de Bobi Wine.

Lors de sa détention provisoire en août 2018, Bobi Wine a affirmé avoir été battu et torturé par la police, ce que les autorités démentent. Une fois libéré, il s'était rendu trois semaines aux Etats-Unis pour des soins.

L’arrestation et inculpation en août de Bobi Wine avaient entraîné des manifestations de protestation violemment réprimées par la police et l'armée.

M. Museveni, ancien guérillero, est le seul président que la plupart des Ougandais connaissent, dans un pays où un habitant sur deux a moins de 16 ans. Et celui-ci s’accroche : la Constitution a été récemment modifiée pour supprimer la limite d'âge pour briguer la présidence, l'autorisant ainsi à se présenter pour un sixième mandat en 2021.

L'album de Bobi Wine sorti au printemps 2018, "Kyarenga", signifie "c'en est trop" dans une langue de l'ouest du pays. Pour de nombreux observateurs, il s'agit d'un message caché à destination du président Museveni.

Boubou Cissé, nouveau Premier ministre du Mali

Boubou Cissé, nouveau Premier ministre. (Photo Facebook/Boubou Cissé)

Le ministre malien sortant de l'Economie et des Finances, Boubou Cissé, a été nommé lundi Premier ministre en charge de former un nouveau gouvernement "de large ouverture", selon un communiqué officiel de la présidence.

L'ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait présenté le 18 avril sa démission et celle de son gouvernement, moins d'un mois après la tuerie de quelque 160 civils peuls dans le centre du pays et une série de manifestations contre la gestion de l'Etat.

A la suite de cette démission, le chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta a "engagé des rencontres avec les forces politiques de la majorité et de l'opposition pour discuter d'une part de la situation socio-politique du pays, et d'autre part de la constitution d'un gouvernement de large ouverture", selon le communiqué.

Il a "insisté auprès de ses interlocuteurs sur la nécessité de mettre le Mali au-dessus de tout et les a exhortés à l'accompagner dans le processus de reconstruction" du pays.

M. Keïta a "constaté auprès de ses interlocuteurs une grande capacité d'écoute et une grande disponibilité à fédérer leurs énergies", ajoute la présidence, annonçant par conséquent la nomination de "Boubou Cissé aux fonctions de Premier ministre".

Le président l'a chargé "de former une nouvelle équipe gouvernementale dans l'esprit des conclusions de ses consultations avec les forces politiques de la majorité et de l'opposition", selon le communiqué.

M. Cissé, économiste de formation, était ministre de l'Economie et des Finances depuis plus de trois ans, après avoir détenu le portefeuille de l'Industrie et des Mines.

Gestion forestière : opportunité pour les communautés rurales camerounaises

La ville de Bertoua, chef lieu de la principale région forestière du Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, un consortium d’ONG vient de mettre un document sur les procédures à la disposition des communautés rurales pour l'obtention de gestion des ressources fauniques, forestières de leurs localités respectives pendant au moins 25 ans.

Le document intitulé "Le plan de gestion simplifié" explique comment les communautés rurales doivent s’organiser sur le plan technique et financier pour avoir accès à la gestion de leur patrimoine.

Victorien Mba travaille depuis une quinzaine d’années auprès des communautés villageoises des localités de Lolodorf, Campo et Bipindi, situées dans la région du Sud.

Dans ces zones d’intervention, les communautés ont des difficultés à aménager et gérer leurs ressources forestières.

Victorien Mba, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Victorien Mba, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Victorien Mba, responsable de l’ONG "Appui pour la protection de l’environnement et le développement", explique que "si vous demandez à un sociologue de venir faire une étude socio-économique, pour un village qui a 9 km, il vous dira que cela va prendre tels nombre de mois. Et au cas où le montant de ses honoraires s’élève à 10 millions de francs CFA, du coup la communauté ne pourra pas payée".

Mais avec "Le plan simple de gestion", élaboré sous la coordination du centre pour l’environnement et le développement, le CED et les coûts financiers des études sont amoindris.

Victor Amougou, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Victor Amougou, au Cameroun, le 20 avril 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Une plus value qu’apprécie Victor Amougou, coordonnateur du Centre pour l’éducation, la formation, et l’appui de développement (CEFAID), une ONG basée à Yokadouma, dans la région de l’Est, la principale région forestière du Cameroun.

"La forêt communautaire bénéficie au départ des appuis multiformes des partenaires de la communauté. Une fois en exploitation, les partenaires s’en vont, mais les responsables de ces communautés et les membres font face aux difficultés techniques et financières pour pouvoir réviser ce plan simple de gestion".

C’est ainsi que certaines communautés villageoises du Cameroun ont abandonné des projets d’exploitation ou de gestion forestière dans la plupart des forêts communautaires.

Et pourtant, ces communautés pouvaient en assurer la gestion pendant 25 ans, selon la loi forestière camerounaise. Mais ce qui leur a fait défaut, c'est l’absence d’un plan simple de gestion.

"Ce document est élaboré sur des études portant sur les inventaires de la faune, de la flore et puis des produits forestiers non-ligneux dans un village et des enquêtes socio-économiques, assorti d’un plan de développement, avec un ensemble de cartes. Et ce plan simple de gestion est un document qu’on révise tous les cinq ans", précise Victor Amougou​.

Cette nouvelle aubaine pour les communautés rurales devrait aussi prendre en compte l’approche genre. Elisabeth Gelas, du Centre régional d’appui et de développement des initiatives femmes, basé à Yaoundé, souligne que "en matière de gestion des revenus les femmes ont un certain nombre d’activités à mener dans ce sens. Qu’on mette les femmes, qu’on mette les jeunes aussi pour que le plan simple de gestion puisse avoir son sens. Car les femmes ne sont pas assez outillées quand ce genre de projet arrive, les hommes sont au-devant de la scène".

Les pays du bassin du Congo dont fait partie le Cameroun, sont à la croisée de chemin dans la gestion de leurs terres et forêts. Un défi qui les interpelle à renforcer les capacités des communautés villageoises à gérer leur patrimoine.

Atisso Goha, un artiste togolais qui sculpte en bois des œuvres géantes

Atisso Goha, un artiste togolais qui sculpte en bois des œuvres géantes
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