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Washington salue les progrès du Soudan en vue d'une levée de sanctions


Le président soudanais Omar el-Béchir, 15 septembre 2012.

L'échéance fixée par l'administration Obama pour que Khartoum réponde aux conditions formulées dans une feuille de route en "cinq points" s'achève le 12 juillet.

L'émissaire américain pour le Soudan a salué les avancées "positives" réalisées par ce pays en vue d'une levée de sanctions économiques imposées depuis 20 ans par Washington, à quelques semaines d'une décision de l'administration Trump.

L'ancien président américain Barack Obama avait décidé en janvier la levée de certaines sanctions économiques imposées depuis 1997 à Khartoum pour son soutien présumé à des groupes islamistes radicaux.

Il avait cependant prévu une période probatoire de six mois qui s'achève le 12 juillet. Avant cette date, Khartoum devait répondre à plusieurs conditions formulées dans une feuille de route en "cinq points".

Parmi elles figurent un meilleur accès à l'aide humanitaire, la fin du soutien aux groupes rebelles dans le Soudan du Sud voisin et des hostilités dans plusieurs Etats --le Darfour, le Nil-Bleu et le Kordofan-Sud-- ainsi qu'une coopération avec les services de renseignements américains dans la lutte contre le terrorisme.

"Mises à part quelques exceptions, les avancées sur les cinq points ont été positives", a estimé dans une interview à l'AFP le chargé d'affaires américain au Soudan, Steven Koutsis, à l'issue d'une visite de plusieurs jours au Darfour.

Le diplomate américain a toutefois noté un accès toujours inégal à l'aide humanitaire et enjoint le gouvernement "à faire plus" pour parvenir à une trêve durable avec les groupes d'opposition.

Si Khartoum a permis un plus grand accès à la région du Darfour, certaines restrictions demeurent, selon des travailleurs humanitaires.

- 'Extrême retenue' -

M. Koutsis s'est rendu au Darfour, une région de la taille de la France en proie aux troubles, afin d'évaluer la situation sécuritaire sur le terrain à quelques semaines de la décision de Donald Trump de lever ou non définitivement l'embargo commercial.

Le Darfour est le théâtre d'un conflit sanglant depuis 2003, quand des insurgés issus de minorités ethniques ont pris les armes contre le pouvoir de Khartoum, aux mains de la majorité arabe. Le président soudanais Omar el-Béchir a alors lancé une contre-insurrection violente.

Au pouvoir depuis 1989, M. Béchir est sous le coup de deux mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.

Le conflit a fait quelque 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l'ONU.

Bien que les combats aient baissé en intensité ces dernières années, le diplomate américain a jugé peu probable la signature d'un accord de trêve permanent avant le 12 juillet, mais a salué "l'extrême retenue" de Khartoum face aux attaques rebelles durant l'année écoulée.

"En contrepartie d'une levée des sanctions, nous avions réclamé l'arrêt de toute offensive", a rappelé M. Koutsis sur la base de la Mission de maintien de la paix au Darfour (Minuad), à El Daein, la capitale de l'Etat du Darfour-Est.

Par le passé, les forces gouvernementales auraient lancé une "vaste offensive" pour répondre au pillage d'un village par les rebelles, a-t-il dit. "Nous n'avons pas vu cela lors de l'année écoulée."

"Nous avons vu le gouvernement faire preuve d'une extrême retenue (...) Je peux dire avec une certitude absolue que le Darfour est aujourd'hui plus en paix qu'il y a un an."

- Inquiétudes -

Le diplomate s'inquiète en revanche de la réduction prévue des effectifs de la Minuad, déployée il y a 10 ans.

"La vitesse avec laquelle la Minuad va réduire (ses capacités) exige que le gouvernement accélère (la cadence) et comble l'écart en matière de sécurité et de développement", a poursuivi M. Koutsis.

"Il n'est pas clair si le gouvernement est aujourd'hui pleinement en mesure de le faire."

Par ailleurs, certains centres de réflexion ont exhorté Washington à ne pas lever les sanctions, accusant Khartoum de limiter la liberté d'expression et de violer les droits de l'Homme.

M. Koutsis a assuré que Washington était au fait de ces problèmes mais a souligné que les deux pays n'avaient pas connu une telle relation de confiance depuis 25 ans.

Avec AFP

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