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Soudan : la mobilisation continue en dépit de la suspension du dialogue

Les partisans de Sadiq al-Mahdi, ancien Premier ministre soudanais et chef du parti de l'opposition Umma, se sont rassemblés devant une mosquée située dans la mosquée d'Omdurman, la ville jumelle de la capitale, Khartoum, le 19 décembre 2018.

Les chefs du mouvement de contestation au Soudan ont qualifié jeudi de "regrettable" la décision des militaires de suspendre pendant 72 heures les négociations sur une transition politique et affirmé leur intention de maintenir le sit-in de Khartoum.

Les deux parties devaient plancher mercredi soir sur la composition d'un Conseil souverain, organe clé de la transition vers un pouvoir civil.

Mais le Conseil militaire, au pouvoir depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir, a décidé d'une pause, estimant qu'elle était nécessaire pour mettre fin à la dégradation de la situation sécuritaire dans la capitale, où les manifestants ont multiplié les barrages routiers.

Dans un discours diffusé à la télévision tôt jeudi, le chef du Conseil militaire, Abdel Fattah al-Burhane, a demandé le démantèlement des barrages routiers, l'ouverture de ponts et d'une ligne de chemin de fer ainsi que la fin des "provocations" à l'égard des forces de l'ordre.

Ces mesures sont essentielles pour préparer le terrain à un accord global sur la transition politique, a-t-il plaidé.

"Cette décision est regrettable", ont rétorqué les chefs de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, dans un communiqué jeudi.

"Elle ignore les progrès réalisés jusqu'à présent dans les négociations (...) et le fait que si la réunion de mercredi avait permis de donner la touche finale à un accord, cela aurait mis fin à l'escalade, comme les barrages routiers", a souligné l'ALC.

Ils ont dit leur intention de maintenir "le sit-in face au QG des forces armées à Khartoum et à travers le pays".

L'armée s'est à plusieurs fois défendue de vouloir démanteler le principal sit-in de Khartoum mais s'est plainte du fait que les manifestants bloquent également les routes environnantes.

Dès lundi, les généraux ont parlé de situation "inacceptable", dénonçant les entraves à la circulation qui favorise, selon eux, le chaos dans la capitale.

Le général Burhane a déploré ainsi la fermeture d'une ligne de chemin de fer qui empêche, selon lui, d'approvisionner à partir de Khartoum des villes de province en carburant et en produits de première nécessité.

L'ALC a répondu en affirmant que cette ligne était en fait ouverte depuis le 26 avril et évoqué ses efforts pour contenir les manifestants dans le périmètre du principal sit-in.

- Routes rouvertes -

Jeudi matin, plusieurs barrages ont été levés et la circulation a repris dans de nombreuses routes autour du sit-in principal de Khartoum, a constaté un journaliste de l'AFP.

La circulation sur le Boulevard du Nil, que les manifestants bloquaient lundi pour faire pression sur les généraux au début des discussions politiques, a été rétablie en partie.

"On a voulu provoquer le peuple pour retarder le processus mais les pourparlers vont reprendre et un pouvoir civil va être formé", a déclaré sur place à l'AFP un manifestant, Motassem Mohammed Saïd.

Les pourparlers ont permis des avancées majeures. Un accord a eu lieu sur la durée de la période de transition, fixée à trois ans, et sur une assemblée législative de 300 membres, dont les deux tiers seront contrôlés par l'ALC.

Mais les violences dans la capitale ont jeté une ombre sur ces progrès. Six personnes sont mortes lundi dans des heurts entre manifestants et forces de l'ordre, et huit autres ont été blessées mercredi dans les mêmes circonstances.

En quelques jours, l'armée a cessé d'afficher son optimisme et a montré son exaspération face à la pression de la rue.

Elle semble aussi avoir mal pris les critiques contre les unités de paramilitaires de la Force de soutien rapide (RSF) accusées d'avoir tenté de démanteler les barricades par la force et d'avoir provoqué des morts et des blessés parmi les manifestants.

Le général Burhane a défendu ces unités dont le comportement a été dénoncé par l'ALC mais aussi par les ambassades américaine et britannique à Khartoum.

"La RSF a joué un rôle de premier plan en temps de guerre et de paix et a pris la défense du peuple et contribué au succès de sa révolution", a-t-il affirmé.

Le chef du Conseil militaire n'a toutefois pas fermé totalement la porte aux discussions, essentielles pour échafauder les institutions du Soudan de l'après Béchir, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant trois décennies.

A Paris, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a appelé militaires et opposition à reprendre le dialogue au Soudan pour "mettre en place un gouvernement civil de transition" et préserver "le caractère pacifique de cette transition".

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Des déchets à la pelle après la Tabaski à Dakar

Des tas d’ordures ornent le rond-point sacré cœur à Dakar, le 19 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La capitale sénégalaise est davantage couverte de déchets après la fête de l'Eïd communément appelé "Tabaski" et le départ des vendeurs de moutons. La situation est décriée par les riverains et surtout par les professionnels du nettoiement qui sont débordés durant cette période.

Après la Tabaski, les populations vivant aux abords des points de vente de moutons sont les principales victimes de l'insalubrité. Elles demandent aux autorités de revoir le choix des lieux de vente des moutons lors de la fête de l'Eid.

Cette dame ayant requis l’anonymat habite sur les deux voies de Sacré-Cœur, un quartier résidentiel de Dakar.

Face à sa maison, un tas d’ordures dégage une odeur nauséabonde. Frustrée, elle indique qu’"il n'y a que de mauvaises odeurs et la mairie prend du temps pour s'en occuper. Un quartier n'est pas fait pour accueillir des points de vente de moutons".

Dakar davantage couverte de déchets après la tabaski
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Elle est aussi sidérée par l’état du terrain de football du quartier, "c'est l'endroit où joue les enfants, donc on ne peut pas y vendre des moutons. Il faut retourner aux points de ventes originels".

Du côté des vendeurs, on dégage toute responsabilité dans la prise en charge des déchets.

Djibril Cissé, un vendeur venu du Mali, explique que "c'est la mairie qui doit nettoyer, au moins dans 3 jours, nous serons dans la lointaine banlieue dakaroise et la municipalité pourra commencer le nettoyage."

Ce nettoyage a déjà commencé avec l'Unité de coordination de la gestion des déchets, mais le travail est immense comme l'indique Madani Sy, secrétaire-général du syndicat national des travailleurs du nettoiement.

Il se dit "sidéré et ahuri" quand il a "retrouvé des ordures sur la voie publique".

"On a trouvé des ordures ménagères, des peaux de moutons. Avec tous les efforts consentis avec les unités de veille et de sensibilisation, on se rend compte qu'il y a une indiscipline notoire caractérisée malgré le travail de nos agents".

Le responsable syndical dénonce également l’attitude des vendeurs: "nous avons trouvé des marchands de tabliers et des commerçants sur les lieux et ils ne peuvent même pas débarrasser la chaussée pour nous laisser travailler convenablement. Malgré tout, nous continuerons à faire notre travail pour respecter notre engagement vis-à-vis des populations".

Madani Sy appelle par ailleurs les autorités à prendre des mesures drastiques pour amener les populations à observer un comportement civique.

"Il faut faire de la répression [sanctions]. Les gens ne maîtrisent pas le code de l'hygiène, ni le code de l'environnement, ni le code des collectivités locales encore moins le code qui interdit les sachets plastiques".

Il demande ainsi aux autorités de passer à la vitesse supérieure "c'est que tant qu'il n'y aura pas de répression [sanctions], notre travail sera toujours voué à l'échec. Cette indiscipline doit être éradiquée pour qu'on ait zéro déchets, pour qu'on ait des villes propres".



Pour atteindre cet objectif de faire du Sénégal un pays avec zéro déchet, le président Macky Sall estime qu’il faut faire obligation aux citoyens de nettoyer devant leurs domiciles.

Pour le chef de l’Etat, rendre le Sénégal propre est un impératif qui n’est pas négociable. C'est ainsi qu'il a lancé une campagne nationale avec plus de 1000 agents de sécurité pour assurer le suivi du projet Sénégal zéro déchets.

1619: l'historique

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