Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Poursuite des pourparlers au Soudan après une nuit de violences meurtrières

Les manifestants soudanais brûlent des pneus et bloquent la route menant au pont al-Mek Nimir qui passe sur le Nil Bleu. qui relie Khartoum Nord et Khartoum, au Soudan, le 13 mai 2019.

Les généraux et les représentants de la contestation soudanaise ont repris mardi leurs discussions sur la période de transition, au lendemain de heurts meurtriers attribués par le Conseil militaire à des "éléments" cherchant à faire dérailler le processus politique.

"Les pourparlers ont repris à 13H00" locales (11H00 GMT), a déclaré à l'AFP Khaled Omar, l'un des chefs de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), la coordination des mouvements politiques, des syndicats et des associations qui veulent un transfert rapide du pouvoir aux civils.

Après avoir fait état lundi de progrès dans les pourparlers, l'ordre du jour porte sur la question délicate de la répartition entre militaires et civils au sein des trois institutions de transition : le Conseil souverain, le cabinet et l'Assemblée législative.

Les deux parties vont également discuter de la période de transition, que les manifestants veulent de quatre ans et les militaires de deux ans seulement.

Lundi, généraux et leaders de l'ALC sont parvenues en quelques heures à un accord sur la structure de ces trois institutions.

Mais ce progrès a été terni par les violences de la soirée, qui ont fait six morts cinq manifestants et un militaire ainsi que des centaines de blessés, selon des sources médicales et militaires.

Mardi, la situation est redevenue calme dans la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Par contre, dans la ville proche d'Omdourman, des dizaines de manifestants ont bloqué des routes et incendié des pneus pour protester contre les violences.

- L'ancien régime en cause -

Sur le lieu du sit-in face au QG de l'armée à Khartoum, des manifestants ont mis en cause les partisans de l'ancien régime. Certains ont pointé du doigt l'unité controversée de la Force de soutien rapide (RSF).

Composée de miliciens accusés par des groupes de défense des droits humains d'exactions au Darfour, la RSF fait désormais partie de l'armée soudanaise.

Elle est commandée par le général Mohamad Hamdan Daglo, surnommé "Himeidti", également chef adjoint du Conseil militaire de transition.

Cet organisme s'est empressé de dégager sa responsabilité en accusant de ces violences "des éléments non identifiés" voulant "saboter les négociations".

Les incidents sanglants de la nuit avaient été précédés par de premières tensions : dimanche soir, des manifestants avaient bloqué une grande artère de Khartoum -la rue du Nil- en accusant les militaires d'avoir fermé un pont menant à leur sit-in permanent.

Trois manifestants avaient été ensuite blessés par balles lundi lors de heurts avec des forces de l'ordre, selon un Comité de médecins proche de l'ALC.

Au moment de reprendre le dialogue lundi, les deux parties divergeaient encore sur la composition du futur Conseil souverain chargé de remplacer le Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis l'éviction de M. Béchir le 11 avril.

L'ALC veut qu'il soit dominé par les civils tandis que l'armée cherche à ce qu'il comprenne une majorité de militaires.

Les militaires veulent en outre garder la charia comme source de la législation pendant la période de transition.

- Béchir inculpé -

A la tête du Soudan pendant près de 30 ans, le président Béchir a été destitué à l'issue d'une série de manifestations populaires qui ont débuté le 19 décembre après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, dans un pays en proie déjà à une grave crise économique.

Lundi, le procureur général a annoncé l'inculpation de M. Béchir, actuellement emprisonné à Khartoum.

"Omar el-Béchir et d'autres personnalités de son régime ont été inculpés pour incitation et participation au meurtre de manifestants", a-t-il indiqué dans un communiqué, en recommandant l'"accélération des enquêtes sur les meurtres d'autres manifestants".

Selon une association de médecins proche de l'ALC, 90 personnes ont été tuées par les forces de l'ordre depuis le début des manifestations le 19 décembre. Les autorités parlent d'un bilan de 65 morts.

L'ancien chef de l'Etat fait également l'objet de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), qui souhaite le voir répondre à La Haye d'accusations de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre lors du conflit au Darfour (ouest).

Fin avril, le Conseil militaire de transition avait indiqué refuser un transfert vers La Haye, laissant cette éventuelle décision à un futur gouvernement civil.

Toutes les actualités

Le poisson se raréfie à Saint-Louis

Le poisson se raréfie à Saint-Louis
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:25 0:00

Vogan Wougadomé expérimente l’autonomisation des communautés

Vogan Wougadomé expérimente l’autonomisation des communautés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:12 0:00

12 morts dans deux attaques de milices présumées ougandaises à Beni

12 morts dans deux attaques de milices présumées ougandaises à Beni
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:54 0:00

Plusieurs blessés suite à l'attaque de la base militaire française à Gao

Des soldats français font exploser des mines terrestres sur le site où un kamikaze a commis un attentat, dans le nord de Gao, sur la route de Gourem, le 10 février 2013.

Un véhicule-suicide a explosé lundi à l'entrée de la vaste base française de Gao, dans le nord-est du Mali, faisant plusieurs blessés militaires et civils, selon les autorités des armées concernées.

"L'attaque a été menée par un véhicule-suicide à 15h45 (locales et GMT) à l'entrée de la partie française du camp de Gao", partagé entre la force française antijihadiste Barkhane, la force de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) et les forces armées maliennes (FAMa), a précisé mardi à l'AFP le porte-parole de l'état-major français des armées, le colonel Frédéric Barbry.

"Deux militaires estoniens et un militaire français, blessés, demeurent hospitalisés" sur la base de Gao mais "leur état n'inspire pas d'inquiétude", a-t-il ajouté. Le précédent bilan donné côté français lundi soir faisait état de "trois blessés français et estoniens", sans plus de précision.

Le ministère estonien de La Défense a quant à lui parlé de cinq soldats estoniens blessés.

Une cinquantaine de militaires estoniens assurent à Gao des missions de patrouille et de protection des installations de l'opération Barkhane, qui mobilise 4.500 Français au Sahel et dont la principale emprise militaire au Mali est située à Gao.

Deux civils maliens ont également été blessés dans l'attaque, selon l'état-major français.

A Bamako, une source sécuritaire malienne avait indiqué plus tôt à l'AFP que l'attaque avait fait "plusieurs blessés dans le camp malien qui se trouve à côté de la partie française du camp, dont deux enfants de moins de huit ans". L'explosion a "soufflé des portes et des fenêtres", selon cette source.

"Deux personnes étaient à bord du véhicule-suicide qui arborait les couleurs de la Minusma", a précisé mardi le porte-parole de l'état-major français, confirmant partiellement des informations de source sécuritaire malienne, selon lesquelles "il y avait au moins trois kamikazes dans le véhicule piégé" qui était "peint aux couleurs des véhicules de l'ONU".

L'un des assaillants, vêtu d'un uniforme rappelant celui des forces armées maliennes, "a été neutralisé par les gardes après être sorti du véhicule armé et faisant des gestes agressifs", selon le colonel Barbry. Le second individu est mort dans l'explosion de la voiture piégée.

Selon l'état-major français, le véhicule s'est d'abord présenté à l'entrée du camp des FAMa, devant lequel se trouvait une longue file de voitures. Les attaquants se sont alors rabattus sur la porte principale de la base côté français.

Il y a un an, en juillet 2018, des soldats français de Barkhane en patrouille avaient été visés à Gao par une attaque à la voiture piégée, qui avait fait quatre morts et une vingtaine de blessés civils.

En avril 2018, des jihadistes avaient tenté de prendre le contrôle du "Super Camp" de l'ONU et de la force française Barkhane à Tombouctou, dans le nord du Mali: un Casque bleu avait été tué et sept militaires français blessés lors d'un assaut d'environ quatre heures.

Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit avec Barkhane. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU.

Le général Oumarou Namata Gazama à la tête du G5-Sahel

Le général Oumarou Namata Gazama à la tête du G5-Sahel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:11 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG