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Soudan: accord sur une transition politique de trois ans

Une manifestante devant le ministère de la Défense à Khartoum, au Soudan, le 25 avril 2019.

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan et des représentants des manifestants ont annoncé tôt mercredi, à l'issue de discussions marathon, un accord sur une période de transition politique de trois ans devant préparer un transfert du pouvoir aux civils.

"Nous sommes tombés d'accord sur une période de transition de trois ans", a déclaré à la presse le général Yasser Atta, membre du Conseil militaire qui a pris le pouvoir après l'éviction le 11 avril du président Omar el-Béchir, emporté par une vague de protestations qui a commencé en décembre après le triplement du prix du pain.

Madani Abbas Madani, un représentant de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement de protestation, a confirmé cet accord.

Jusqu'ici, les manifestants voulaient une période de transition de quatre ans alors que l'armée voulait l'écourter à deux ans.

Selon le général Atta, les six premiers mois de la période de transition de trois ans seraient consacrés à conclure des accords de paix avec les mouvements rebelles dans l'ouest et le sud du Soudan.

L'officier supérieur a également fait état d'un accord sur les prérogatives et la composition de la future assemblée législative. Elle comprendra, a-t-il précisé, 300 membres désignés et sera constituée à hauteur de 67% par des représentants des manifestants, réunis au sein de l'ALC. Le reste de l'assemblée sera occupé par les forces politiques non affiliées à l'ALC.

Cette coalition réclame un transfert du pouvoir à une autorité civile et s'appuie sur le soutien de manifestants qui campent devant le QG de l'armée à Khartoum depuis le 6 avril.

- Quid du Conseil souverain ? -

Le haut gradé soudanais n'a pas fait état d'un accord sur la composition du Conseil souverain, qui sera la haute autorité de la période de transition devant précéder le transfert total du pouvoir aux civils.

L'armée cherche à avoir la majorité au sein de ce conseil alors que l'ALC veut qu'il soit dominé par les civils.

Le général Atta a toutefois promis "un accord total en moins de 24 heures pour répondre aux aspirations du peuple".

Les discussions entre le Conseil militaire et l'ALC avaient commencé lundi. Elles ont donné lieu au premier jour à une entente rapide sur la structure des institutions de la période de transition, à savoir un Conseil souverain, un cabinet et une assemblée législative.

Mais des violences, qui ont fait six morts - cinq civils et un militaire - et de nombreux blessés, selon des sources médicales et militaires, ont fragilisé les pourparlers.

Madani Abbas Madani, représentant de l'ALC, a précisé que les deux parties avaient décidé de former une commission d'enquête sur les violences mortelles de lundi soir. Bakr Fayçal, autre leader de la contestation, avait réclamé plus tôt une telle initiative pour "identifier et punir les responsables de ces violences".

Le Conseil militaire avait attribué ces violences à des "éléments" cherchant à faire dérailler le processus politique.

Mais l'ALC en a accusé l'armée. "Nous faisons porter l'entière responsabilité de ce qui s'est passé hier (lundi, ndlr) au Conseil militaire, parce qu'il est en charge de la protection des manifestants", a déclaré mardi un leader du mouvement de contestation, Mohammed Naji al-Assam.

Cela n'a pas empêché les pourparlers de reprendre mardi en début d'après-midi.

Le calme est revenu mardi dans la capitale mais dans la ville voisine d'Omdourman, des dizaines de manifestants ont bloqué des routes et incendié des pneus pour protester contre les violences.

- L'ancien régime en cause -

Sur le lieu du sit-in face au QG de l'armée à Khartoum, des manifestants ont mis en cause les partisans du régime du président déchu Omar el-Béchir. Certains ont pointé du doigt l'unité controversée de la Force de soutien rapide (RSF).

Composée de miliciens accusés par des groupes de défense des droits humains d'exactions au Darfour, la RSF fait désormais partie de l'armée soudanaise.

Elle est commandée par le général Mohamad Hamdan Daglo, surnommé "Himeidti", également chef adjoint du Conseil militaire de transition.

Les incidents sanglants de la nuit avaient été précédés par de premières tensions: dimanche soir, des manifestants avaient bloqué une grande artère de Khartoum, la rue du Nil, en accusant les militaires d'avoir fermé un pont menant à leur sit-in permanent.

Avec AFP

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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