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Maroc

Six personnes devant la justice pour des avortements clandestins

Le tribunal de première instance de Rabat, au Maroc, le 11 août 2006.

Six personnes, dont deux médecins, seront jugées fin mai au Maroc pour avoir pratiqué clandestinement des avortements, alors que le débat sur l'IVG, passible de prison, refait surface dans le royaume.

Ce "réseau d'avortement clandestin" a été démantelé fin avril dans la ville touristique de Marrakech, ont rapporté mardi des médias marocains, précisant que le procès du groupe aura lieu le 24 mai.

Deux internes en médecine, un étudiant en médecine et un pilote qui importait d'Espagne un anti-inflammatoire souvent utilisé au Maroc par des femmes souhaitant avorter, font notamment partie des personnes jugées, a dit mardi Omar Arbib, membre de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), section-Marrakech.

Ils sont poursuivis pour avoir pratiqué illégalement des avortements et pour importation illégale de médicaments, a-t-il ajouté.

Les opérations étaient pratiquées dans un appartement à Marrakech et chaque intervention était facturée environ 3.000 dirhams (280 euros), selon la presse locale.

Le Maroc s'était engagé en 2015 dans un profond débat sur "l'urgence" d'un assouplissement de sa législation face au fléau des centaines d'avortements clandestins pratiqués chaque jour.

Une commission officielle avait dans la foulée recommandé que l'avortement dans "quelques cas de force majeure" devienne autorisé, notamment en cas de viol ou de graves malformations. Mais aucune loi n'est depuis venue entériner ces recommandations.

"Le Maroc doit rouvrir le débat sur l'avortement et faire en sorte que chaque femme puisse disposer de son corps", a estimé M. Arbib.

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) reste passible de six mois à cinq ans de prison. Le code pénal sanctionne aussi bien la femme qui avorte (de 6 mois à deux ans de prison) que les personnes qui pratiquent l'acte (de 1 à 5 ans de prison).

Bien qu'aucun chiffre officiel n'existe, les associations estiment qu'entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses. Certaines femmes ont recours à des médicaments ou à des plantes présumées abortives.

Les grossesses non désirées renforcent le phénomène des "mères célibataires" et l'abandon d'enfants, jusqu'à 150 par jour affirment des ONG, alors que les enfants nés hors mariage sont considérés comme "illégitimes" par la loi.

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Plus d'une femme sur deux confrontée à la violence au Maroc

Marocaines des montagnes de l'Atlas préparant le pain dans des fours traditionnels.

Plus de la moitié des femmes au Maroc ont subi une forme de violence selon une enquête publiée mercredi, indiquant également que plus de 90% d'entre elles n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs.

L'enquête a été menée dans l'ensemble du pays de janvier à mars par le ministère marocain de la Famille. Sur plus de 13.500 femmes sondées, âgées entre 18 et 64 ans, 54,4% ont affirmé avoir été victimes d'une forme de violence.

Les violences psychologiques arrivent en tête, suivies des violences économiques, physiques et sexuelles. Les femmes âgées de 25 à 29 ans sont les plus exposées. Les violences conjugales sont les plus communes: 52,5% des femmes mariées ont affirmé en avoir été victime, selon les résultats de cette enquête, diffusés par le ministère.

Les femmes sondées sont 12,4% à avoir subi un acte de violence dans les lieux publics, et 13,4% d'entre elles ont été harcelées sur Internet. Seulement 6,6% des victimes sondées ont porté plainte contre leur agresseur, selon l'enquête qui vise à cerner le profil des agresseurs pour "développer une nouvelle stratégie de lutte contre la violence", selon le ministère.

Après plusieurs années de débats, une loi contre les violences faites aux femmes est entrée en vigueur en septembre dernier. Pour la première fois, elle rend passible de peines de prison des actes "considérés comme des formes de harcèlement, d'agression, d'exploitation sexuelle ou de mauvais traitement". Le texte durcit les sanctions dans certains cas et prévoit des mécanismes de prise en charge des femmes victimes de violences, mais il est jugé insuffisant par les groupes féministes.

Au Maroc, médias et ONG tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur les violences subies par les femmes, en particulier le harcèlement de rue, alors que plusieurs cas d'agressions ont défrayé la chronique ces dernières années.

Démantèlement d'une cellule pro-EI préparant des "opérations d'envergure" à Tanger

Un douanier marocain regarde un camion circuler dans un scanner qui détecte des drogues cachées 15 février 2008.

Une "cellule terroriste" composée de huit membres qui tentaient de "perpétrer des opérations terroristes d'envergure" au Maroc a été démantelée vendredi à Tanger, dans le nord du pays, ont annoncé les autorités marocaines.

Les membres de la cellule, âgés de 20 à 31 ans, ont "adhéré à la propagande" du groupe jihadiste Etat islamique (EI)et à ses "discours extrémistes", a indiqué vendredi le Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ, unité antiterroriste), dans un communiqué.

L'opération a permis la saisie d'"appareils électroniques, d'armes blanches, d'un morceau de tissu noir symbole de 'Daech', d'uniformes paramilitaires, en plus de deux arcs de tir subaquatique", a ajouté cette source, en précisant que le frère d'un des suspects est un "combattant" de l'EI en Irak et en Syrie.

L'opération intervient quatre mois et demi après l'assassinat de deux jeunes touristes scandinaves dans le sud du Maroc, décapitées par des partisans de l'EI. Vingt-quatre hommes, dont des Marocains issus de milieux très populaires et un converti hispano-suisse résidant à Marrakech, ont été arrêtés en lien avec la tuerie et leur procès s'est ouvert jeudi.

Epargné jusqu'à l'an dernier par les violences liées à l'EI, le royaume avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011).

Report du procès des assassins présumés des Scandinaves décapitées

Les suspects du meurtre et de la décapitation de deux randonneurs scandinaves arrivent pour leur procès devant un tribunal marocain à Salé, près de la capitale Rabat le 2 mai 2019.

Le procès des assassins présumés de deux jeunes touristes scandinaves, décapitées dans les montagnes de l'Atlas au Maroc au nom du groupe Etat islamique (EI), a été renvoyé au 16 mai, juste après son ouverture jeudi à Salé, ville jumelle de la capitale Rabat.

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées, égorgées et décapitées dans la nuit du 16 au 17 décembre, sur un site isolé du Haut-Atlas où elles campaient.

Scandinaves tuées au Maroc : arrivée des assassins présumés au tribunal
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Un total de 24 accusés, dont les trois meurtriers présumés, ont brièvement comparu devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé, pour "apologie du terrorisme", "atteinte à la vie de personnes avec préméditation" ou "constitution de bande terroriste".

Les avocats ont demandé un renvoi d'audience pour pour mieux prendre connaissance du dossier.

Ceux qui sont impliqués directement dans le crime risquent théoriquement la peine de mort.

Me Khalid Elfataoui, l'avocat des parents de Louisa qui se sont constitués partie civile, a indiqué à l'AFP qu'il comptait demander la peine de mort pour les assassins "même si les pays d'origine des victimes y sont par principe opposés".

Des condamnations à la peine capitale sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993 et son abolition est en débat.

- "cellule terroriste" -

Jeudi, Abdessamad Ejjoud, 25 ans, chef présumé du groupe déjà condamné pour avoir tenté de rejoindre l'EI en Syrie, siégeait tout sourire au premier rang des accusés, vêtu de l'habit traditionnel des salafistes, barbe et kufi blanc, sorte de bonnet, vissé sur la tête.

A ses côtés, également au premier rang dans l'immense box vitré, Younes Ouaziyad, 27 ans et Rachid Afatti, 33 ans, tous deux accusés d'avoir participé avec lui à la tuerie, ainsi qu'Abderrahim Khayali, 33 ans, parti avec eux dans la montagne mais rentré chercher une planque à Marrakech peu avant le passage à l'acte, selon l'accusation.

Assis derrière eux, le reste du groupe: vingt prévenus âgés de 20 à 51 ans, accusés d'avoir adhéré à une "cellule terroriste" fondée par Ejjoud pour mener des attaques au Maroc. Ils étaient pour la plupart eux aussi barbus et habillés en tenue traditionnelle salafiste. Certains affichaient un visage impassible.

Parmi eux un Hispano-Suisse, Kevin Zoller Guervos, âgé de 25 ans. Ce converti, surnommé "Abdellah" ou "Yahya", est accusé d'avoir appris aux principaux suspects à utiliser une messagerie cryptée, de "les avoir entraînés au tir" dans une salle de paintball, d'avoir participé à leurs réunions et planifié avec eux des attaques jamais mises en oeuvre, selon l'acte d'accusation.

Ce père de famille né dans la région de Genève se trouvait en Suisse au moment de l'assassinat, selon Me Saskia Distisheim, une avocate suisse dépêchée au Maroc par sa famille.

"Mon fils n'est pas radicalisé, il aime le foot et la musique et il fume des joints", a déclaré sa mère à des journalistes avant l'audience.

- "Ennemis d'Allah" -

De nombreux journalistes étaient présents jeudi matin pour couvrir le début de ce procès, le sort de deux jeunes Scandinaves ayant suscité une grande émotion.

Les deux amies partageaient le même appartement, suivaient les mêmes études en Norvège et voyageaient ensemble au Maroc pour leurs vacances. Leur périple s'est arrêté au pied des cimes enneigées du Toubkal, le plus haut sommet d'Afrique du Nord, dans le Haut-Atlas, à 80 kilomètres de la capitale touristique Marrakech.

Une vidéo montrant la décapitation de l'une d'elles, filmée par un des tueurs avec un téléphone portable, avait été diffusée sur les réseaux sociaux après la découverte des corps. Dans cette séquence d'une extrême violence, on entend un des tueurs parler d'"ennemis d'Allah" et de "revanche" pour des "frères" en Syrie.

Une autre vidéo publiée dans la foulée montre les trois meurtriers présumés et un de leurs compagnons prêtant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'EI.

Les principaux suspects avaient été arrêtés alors qu'ils tentaient de quitter Marrakech en autocar. Ils avaient sur eux des couteaux portant des marques de sang, selon l'acte d'accusation.

Issus de milieux modestes, avec un niveau d'études et d'instruction "très bas", tous vivaient dans la précarité dans des quartiers déshérités de Marrakech, selon les enquêteurs. Leur chef présumé, Abdessamad Ejjoud, est un marchand ambulant sorti de prison en 2015. Surnommé "Abou Moussab", il avait réuni autour de lui des hommes qui l'ont proclamé "émir".

La cellule inspirée par l'idéologie de l'EI n'avait pas de "contact" avec des cadres opérationnels en Syrie ou en Irak, selon les enquêteurs. L'EI n'a pas revendiqué le double assassinat.

Scandinaves tuées au Maroc : arrivée des assassins présumés au tribunal

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